Jaipur, bof bof

Décidément , cette ville on n’aime pas. On a beau chercher le rose sur les murs, l’atmosphère, tout ici n’est que tension, agression, mauvaise humeur.  On était en route pour le city palace quand on est passé devant un temple à Krishna (et oui ,encore lui) et là on nous a invité à rentrer, à visiter, et on nous a conseillé sur la suite de notre programme : le city palace, c’était vite vu et que des armes et 300 roupies alors qu’on pouvait pour beaucoup moins aller visiter des ateliers de tissu puis voir le Palais des Eaux (Waterpalace) puis le fort d’Amber.Sur les ateliers de tissu, bon, c’était surtout évidemment pour nous faire acheter des trucs. C’était beau remarquez mais on n’était pas spécialement d’humeur. Le water palace n’était pas sous son meilleur jour, cause de brume…

Mais alors pour le fort, là effectivement on n’a pas été déçu de la visite : grandiose, délirant, fabuleux, incroyable, un vrai labyrinthe de pièces, de couloirs ,de souterrains, de tunnels.


Petite histoire du Maharaja qui a construit ce lieu , Man Singh, à la fin du 16ème siècle, en 25 ans.  Donc ce rajpoute, commandant en chef de l’armée d’Akbar, le grand est peut-être bien celui qui a inspiré l’histoire de Barbe bleue. On va vous raconter pourquoi.   Gilles de Rais à côté c’est une petite pointure . Revenons à Man Singh :  on lui attribue plus de 2000 femmes.  Quasiment une femme par semaine pendant 40 ans…  Sauf que toutes ces femmes ont été zigouillées et coupées en  morceaux. Mais quel était le terrrrrible secret qu’il ne fallait pas qu’elles découvrent ?  Une enquête historique a été menée. Était il impuissant ? Ejaculateur précoce ? Bègue ?  Schmoutait-il du Glap ? Ronflait-il ?  Avait il peur du noir ? Était il manchot ?  Non….il était gay  mais pas comme un pinson, plutôt du genre moghol à manier le sabre avec la même délicatesse que ses tailleurs de marbre ont sculpté les moucharabiés de toutes les fenêtres du fort d’Amber. 

 

Ainsi tout s’explique !  A chaque nouvelle, c’était le même scenario . Elle lui disait :  oh mais mon chéri tu ne me désires pas ? Il lui disait : mais si ma chérie, mais j’ai mal à la tête . Elle répondait : un bon tchai te ferait du bien, j’appelle Amar (c’est le fidèle serveur de chai et autre chose du guerrier). Et invariablement, Amar arrivait en string léopard, avec un tchai, et deux Mc Aloo Tikki , le dernier burger des McDo indiens (vous trouvez qu’on exagère ? ben oui…) …et tout d’un coup , Man singh avait un grand sourire, les yeux brillants, la trique,  son désir quoi. Une nuit ça allait bien, deux nuits à la limite , mais trois nuits bonjour les dégâts.

La belle , après avoir hésité entre une addiction au Mc Aloo Tikki ou au tchai , se rendait à l’évidence : «  mais tu es… » Et ne lui laissant même pas finir sa phrase, il se saisissait de son sabre et la tranchait en morceaux.

Puis, jetait tout ça par-dessus les remparts, au pied du fort s’étendait alors une vaste forêt pleine de tigres affamés se jetant sur les morceaux de cette brave Mirchi qui emportait ainsi le secret   dans leur duodénum. Mais à la postérité, toutes ces braves Mirchi n’avaient pas dit leurs derniers mots : aujourd’hui encore, leurs fantômes arpentent les couloirs du fort, et se vengent de l’affront qu’elles ont subi.

Et le fort a été repris par les maharajas, on se doute bien que Man Singh n’a pas eu de descendant.. Ainsi, du temps de la dernière Maharadjesse, Govinda Devi, morte voici deux ans, un fait divers effroyable est venu le rappeler. Un jeune couple s’était fait enfermer dans le fort à la nuit tombée,  pour jouer au Maharadja et à la Maharadjesse pour de  vrai, dans de vrais décors. Mais l’équipe de gardes de nuit les a surpris. Ils les ont mis en « garde à vue » . (car ici en inde, on garde  même   les simples bisoux pour les alcôves et pas pour les bancs publics) . Le couple était malin et s’est échappé, les gardes l’ont poursuivi, ils étaient 6. 4 sont morts très mystérieusement dans les couloirs , et les 2 autres se sont enfuis terrifiés. Ils ont été  trouver la Maraharadjesse pour lui donner leur démission, ils ont dit qu’ils ne voulaient plus travailler dans un endroit où il y a avait autant de fantômes…. La légende a été ainsi révélée au monde, à la rubrique des faits divers de l’indian times. Elle nous a été révélée à nous par un rajpoute authentique, Sajai Singh, de la même famille que les maharadjahs et qui tient aujourd’hui une boutique Pink Rose, montée par des designers et des stylistes étrangers dans les appartements de la dernière Maharadjesse, Govinda Devi , morte il y a deux ans.  Il voulait d’ailleurs nous faire connaître l’hospitalité à l’indienne (Indian Hospitality), les filles méfiez vous, on nous l’a déjà proposé deux fois aujourd’hui, l’idée c’est d’aller boire de l’alcool avec des copains et que des copains,  mais nous on n’est pas des cruches quand même. Après on a pris le bus pour rentrer, mais pour cause de fête dans la ville, le centre était fermé et le bus nous a lâché à mi-parcours, avec une bonne dizaine de kilomètres à faire. Un couple de chinois de shangai était avec nous dans le bus, on a décidé de partager un rickshaw, qui nous a bien eu avec ses 200 roupies mais bon, on n’avait pas vraient le choix et il était le seul à cet endroit… On a fini par arriver. Et la ville nous saoûlant, on a décidé de repartir demain. Ah oui, on avait lu dans un vieux lonely planet qu’il y avait sur Jaipur un gemmothérapeute (les docteurs qui soignent avecles pierres) réputé, alors on lui a envoyé un mail pour prendre rendez vous avec lui …