Mars 2012 : une contribution française importante

Le robot Curiosity est la grande vedette de la mission Mars Science Laboratory (MSL) orchestrée par la NASA qui devrait être lancée depuis Cap Canaveral (Floride) le 25 novembre prochain. À son bord, l’échantillon de macusanite P1891 quitte pour toujours, la collection minéralogique du muséum national d’histoire naturelle !

La grande question « Y a-t-il eu de la vie sur Mars ? » se pose pour les chimistes sous cette forme : « Existe-t-il sur Mars des composés carbonés ? » Pour y répondre, la NASA n’a pas lésiné sur les moyens : elle ambitionne d’envoyer sur place, et plus précisément dans le cratère GALE (un cratère de 154 kilomètres de diamètre au centre duquel culmine une montagne de plus de 5000m) [->http://www.universcience.fr/fr/science-actualites/articleas/wl/1248123976290/un-cratere-pour-curiosity/], « Curiosity », un véritable laboratoire technologique robotisé. Le décollage est prévu le 25 novembre prochain… et l’arrivée sur Mars le 6 août 2012

Une mission surpuissante

Ce « rover » de près de 1 tonne et de 2 mètres de long, qui a coûté la bagatelle de 2,5 milliards de dollars, recèle à son bord pas moins de 10 instruments scientifiques ultrasophistiqués. Deux d’entre eux ont été conçus par des équipes françaises (1) : essentiels, ils sont en quelque sorte « les yeux » et le « cerveau » du robot chargé d’étudier les traces de vie martienne, mais aussi les processus physico-chimiques d’évolution de la planète :

  • Le ChemCam (Chemistry Camera), le premier laser jamais envoyé dans l’espace, contribue à déterminer à distance la composition chimique des roches martiennes. Perché en haut d’un mât, il constitue « les yeux » du robot. Capable de tirer jusqu’à 7 mètres, il permet dans un premier temps de sélectionner les roches les plus pertinentes à analyser : la lumière émise par le plasma gazeux qui résulte du tir laser est en effet  analysée par le spectromètre auquel est couplé le laser, ce qui permet de caractériser les divers éléments chimiques qui composent la roche. Avant tout déplacement du robot pour aller éventuellement les prélever pour un second tour d’analyses.
    
  • Le SAM (Sample Analysis at Mars), un laboratoire portatif capable d’analyser en chromatographie en phase gazeuse les échantillons du sol et du proche sous-sol de Mars.
    

Une pierre du muséum sur le robot

Parmi les cibles utilisées pour étalonner le laser se trouve une roche naturelle la macusanite P1891, choisie dans les collections minéralogiques du Museum National d’Histoire Naturelle de Paris. Suffisamment compacte pour supporter les vibrations d’un voyage dans l’espace, cette roche volcanique originaire du Pérou a dû, compte tenu de l’inaliénabilité des collections, faire l’objet d’un don du muséum et d’une autorisation de sortie de territoire ! Pour un voyage sans retour…

Clara DELPAS

(1) Au premier rang desquelles des équipes du CNRS, ainsi que du pôle de planétologie de l’Observatoire Midi-Pyrénées, du CNES (Centre National d’Études Spatiales), du Latmos, du LISA (Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques), et du MNHN (Museum National d’Histoire Naturelle)

macusanite en bas à droite du porte échantillon embarqué sur le Robot
macusanite en bas à droite du porte échantillon embarqué sur le Robot
Roche P1891 (macusanite) ds la collection du Museum National d’Histoire Naturelle
Roche P1891 (macusanite) ds la collection du Museum National d'Histoire Naturelle

(1) Au premier rang desquelles des équipes du CNRS, ainsi que du pôle de planétologie de l’Observatoire Midi-Pyrénées, du Cnes (Centre National d’Etudes Spatiales) , du Latmos, du LISA (Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques) et du MNHN (Museum National d’Histoire Naturelle)

Pourquoi a-t-on choisi une macusanite?
Violaine Sautter, Directeur de Recherches au CNRS travaillant au sein du Mnhn

Et pourquoi plus particulièrement l’avoir choisie dans les collections du muséum? Celles-ci ne sont-elles pas inaliénables?
Violaine Sautter, Directeur de Recherches au CNRS travaillant au sein du Mnhn

Publié sur le site de Science Actualités le 28/11/2011