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Vers une « médecine environnementale » ?

Les 12 et 13 avril dernier, l’ARTAC  [1] organisait son troisième colloque international, avec des médecins et scientifiques du monde entier, autour du thème « la Santé des Enfants et de l’Environnement ». L’amorce d’une reconnaissance officielle des travaux visant à relier l’environnement et la santé ?

Genon Kensen de l’Alliance pour la Santé et l’Environnement, un réseau européen d’ONG qui vise à améliorer la santé grâce à des politiques publiques qui promeuvent un environnement plus propre et plus sûr, ne mâche pas ses mots : « l’exposition quotidienne à des produits chimiques “industriels” peut être nocive pour la santé. Les effets sur les enfants peuvent être le résultat d’une exposition maternelle avant et pendant la grossesse et après la naissance. » Dans la droite ligne de l’Appel de Paris, un manifeste lancé en 2004 par un groupe d’experts internationaux, les scientifiques continuent d’affirmer qu’un grand nombre des maladies actuelles sont causées par la dégradation de l’environnement…

Des maladies chroniques de plus en plus préoccupantes

Signe des temps, le colloque de l’ARTAC était soutenu, pour la première fois, par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). L’OMS vient d’ailleurs de reconnaître, dans un communique du 27 avril dernier, que « les maladies chroniques telles que le cancer, les maladies cardiovasculaires ou le diabète ont atteint des proportions épidémiques bien plus préoccupantes que les maladies infectieuses ». Un constat que confortent les statistiques françaises selon les données des assurances : « Un français sur sept est aujourd’hui en ALD (Affection Longue Durée), rappelle le professeur Belpomme, fondateur d’ARTAC. “Or on sait que ces maladies peuvent être liées à des causes environnementales…» C’est le cas de nombreux cancers par exemple, cela ne fait plus de doutes. Des cancers qui frappent de plus en plus tôt, de 2 à 3 % plus d’enfants qu’il y a 30 ans. C’est aussi le cas de bien d’autres maladies. La liste des maladies pour lesquelles l’environnement est au banc des accusés s’est étendue depuis à l’obésité, au diabète ou à l’asthme… « On note aussi que de plus en plus de sujets jeunes sont atteints de maladies d’Alzheimer » complète le professeur Belpomme. « Et l’on assiste à une véritable épidémie d’autisme »… Mais alors que les scientifiques ont toujours eu tendance à rechercher des facteurs déclencheurs immédiats et directs à ces maladies, de nouvelles pistes de compréhension vont probablement générer une nouvelle façon d’approcher la question. En effet, développement de l’épigénétique aidant (voir notre numéro de mars 2011), on sait aujourd’hui que tout commence probablement bien avant la naissance : comme l’a expliqué le pédiatre italien Ernesto Burgio, qui étudie l’origine embryo — fœtale des maladies de l’adulte « nos propres phénotypes physiologiques et pathologiques sont largement déterminés par l’induction/modulation de marqueurs épigénétiques de nos cellules et tissus par des facteurs environnementaux ». En d’autres mots, les facteurs environnementaux auxquels est exposé un fœtus vont le « programmer » à développer plus tard telle ou telle maladie. Dans cette conception, une maladie peut être « un résultat tardif chez l’adulte d’un processus de développement qui a mal tourné, profondément enraciné dès les premiers stades de développement et du fœtus. » L’exemple des petits-enfants de mamans ayant pris du distilbène montre en outre un impact transgénérationnel qui va plus loin que la simple exposition du fœtus à un polluant. Raison de plus pour faire attention aux générations futures !

Sous la pression des lobbys industriels…

Pour autant, malgré les connaissances qui s’accumulent, peu de mesures ont été prises pour lutter efficacement contre les pollutions chimiques ! Même si les liens ne sont pas toujours faciles à prouver… « Il est particulièrement difficile d’établir de manière irréfutable l’impact sur la santé des polluants environnementaux », explique le Pr. Hanns Moshammer, chercheur spécialisé en épidémiologie, qui faisait l’ouverture du colloque de l’ARTAC. La société civile a ici un rôle essentiel à jouer. Surtout dans notre société, où, a-t-il rappelé, « on a tendance à transformer les victimes en coupables ! » Ana Soto, professeur de biologie cellulaire à Boston, et spécialiste des perturbateurs endocriniens, a pour sa part rappelé comment l’histoire du bisphénol A était un triste cas d’école : bien que le Congrès américain ait voté dès 1993 un droit à une eau et à une alimentation sans perturbateurs endocriniens, le bisphénol A a continué d’être autorisé – maintien des intérêts économiques des industriels du plastique oblige – bon an mal an, son côté perturbateur étant régulièrement contesté, jusqu’en 2009  aux États-Unis ! Car pour chaque polluant, c’est le même scénario : lorsque l’effet pathogène d’un produit est démontré par une étude scientifique, le lobby du produit en question s’empresse d’aller financer un laboratoire pour démontrer qu’il n’y a pas tant d’effets que cela, et donc que l’étude montrant sa toxicité n’est pas valide ! Comme les études scientifiques coûtent chers à réaliser, ce sont bien souvent ceux qui ont le plus d’argent à y consacrer qui les orientent… Un procédé que la mention seule des conflits d’intérêts éventuels ne suffit pas à enrayer. Et qui sème le doute chez les politiques au point de freiner la prise de décisions ! En France, le statut du bisphénol A est ainsi suspendu jusqu’à la fin de l’année, les politiques préférant attendre les résultats de l’expertise de l’INSERM que de suivre les associations qui souhaitent élargir l’interdiction actuelle dans les biberons à tous les plastiques alimentaires…

Bien d’autres problèmes posant toujours des questions sanitaires ont été exposés au cours de ce colloque. Les champs électromagnétiques par exemple, qui faisaient l’objet d’une table ronde spécifique, au cours de laquelle il a été rappelé que l’exposition aux champs magnétiques engendrés par les lignes électriques de haute et de très haute tension accroit le risque de leucémies infantiles et, comme l’a souligné le professeur Franz Adlkofer, coordonnateur du programme de recherche REFLEX financé par la communauté européenne et portant  sur les  effets biologiques des champs électromagnétiques, qu’ « il est fortement probable que le risque de développer une tumeur cérébrale chez l’enfant à cause de la téléphonie mobile soit une réalité ». Si les mesures officielles récentes (périmètre de sécurité, démontage des antennes relais existant sur les établissements scolaires, interdiction de l’utilisation des téléphones portables pour les moins de 6 ans ainsi que dans les écoles…) témoignent d’une prise de conscience dans ce sens, elles doivent encore être étendues. Le professeur Lennhardt Hardell, professeur suédois en onconlogie médicale, a exposé les risques similaires liés à l’utilisation…de simples téléphones DECT, les téléphones sans fil que l’on trouve partout aujourd’hui. Enfin, actualité oblige, le scandale  actuel du nucléaire a été aussi dénoncé. Et en premier lieu, comme l’a rappelé Paul Lannoye, député vert européen, que l’OMS est liée par un accord à l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (le lobby du nucléaire, donc), qui lui interdit d’aborder la question des effets du nucléaire sur la santé. Si cet accord n’existait pas, l’OMS aurait été dans l’obligation de faire son travail, c’est-à-dire un bilan sanitaire en Biélorussie par exemple des conséquences de Tchernobyl… Le colloque était dédié à la mémoire du professeur Lorenzo Tomatis, mis en 1993 à la porte de l’IARC (centre international de recherche sur le cancer) qu’il présidait pourtant depuis 1982. Il avait dénoncé les conflits d’intérêt en jeu dans les études scientifiques sur lesquelles s’appuyait l’IARC pour établir la liste des différents produits chimiques cancérogènes probables, présumés ou avérés. Aujourd’hui, les scientifiques qui lancent des cris d’alarme se font probablement mieux entendre. Sauront-ils pour autant convaincre les pouvoirs publics, comme le souhaite le professeur Belpomme, « d’inclure enfin la santé dans le principe de précaution » ? Car ce principe ne concerne pour l’instant… que l’Environnement !


[1] L’ARTAC (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse) est un organisme de recherche indépendant, privé à but non lucratif, fondé en 2004. A l’origine de l’appel de Paris et de la mise au point de plusieurs médicaments anticancéreux,   l’ARTAC travaille aussi  sur la prévention.

 

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Le quinoa, vertus et bienfaits

Le quinoa : Vertus et bienfaits

Redécouvert avec le développement de l’agriculture bio, le quinoa, cette petite graine originaire des Andes et cultivé dans de nombreux endroits du monde, jouit aujourd’hui d’une immense popularité. Ses qualités nutritives exceptionnelles, ses vertus antidiabétique et anti-inflammatoire en font un aliment de choix, à consommer de mille et une façons et… sans modération ! Ce livre vous révèle : L’histoire du quinoa et de sa culture autour du monde ; Ses vertus nutritionnelles et thérapeutiques extra-ordinaires ; Des recettes simples et savoureuses à base de quinoa : galettes, veloutés, gratins, fondants…
  • Broché: 116 pages
  • Editeur : Guy Trédaniel éditeur (21 juin 2011)
  • Collection : Pratique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 281320269X
  • ISBN-13: 978-2813202697
  • 13€

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Que doivent manger les enfants ?

Au mois de mars, un fait divers tragique nous a interpellé.  Dans le contexte actuel, si conscient des pollutions et des problèmes écologiques, que devons-nous  donner à manger à nos enfants ?  Les écologistes ne prônent-ils pas de plus en plus une alimentation sans viande ? Le lait de vache est-il à proscrire ? Peut-on donner du soja ? Bref, que doivent manger nos chers petits ?

C’était au début du printemps. Un couple de végétaliens a été jugé aux assises de la Somme pour avoir « privé de soins ou d’aliments » leur fillette de 11 mois, décédée le 25 mars 2008. Exclusivement allaitée par sa mère, la fillette souffrait d’une carence en vitamine A et B12, révélée à l’autopsie, et qui pour la partie civile était en lien avec le régime alimentaire de la mère. Or ces carences rendent les enfants plus sensibles aux infections : la fillette est d’ailleurs morte d’une bronchite face à laquelle les parents n’avaient pas voulu donner d’antibiotiques, leur préférant des cataplasmes d’argile…[1] . Pour autant, si l’on ne refuse pas aux adultes le droit de manger ce qu’ils veulent (ou non !), les enfants ont des besoins nutritionnels qui doivent être comblés pour qu’ils puissent avoir une croissance harmonieuse. Et les adultes, responsables de leur équilibre alimentaire, ne savent plus toujours que faire !

Les enfants doivent-ils manger de la viande ?

 « Le problème c’est que le mot “viande” ne veut rien dire ou
plutôt est souvent mal interprété » précise  Éric Ménat, médecin généraliste très orienté sur la nutrition [2]« Les protéines animales sont indispensables pour la croissance. Mais on ne les trouve pas que dans la viande rouge ! » L’autre grand problème lorsque l’on parle des enfants, c’est… l’âge. Car il va sans dire qu’un bébé n’a pas les mêmes besoins qu’un enfant de 10 ans ! La dernière grande étude nutritionnelle menée en 2008 pour le compte du syndicat français des aliments de l’enfance (ces études sont menées depuis 25 ans tous les 8 ans auprès des enfants de moins de 3 ans en France) a révélé par exemple que les enfants ingurgitaient 15 % de protéines en trop entre 18 mois et 3 ans ! Or, l’organisme du jeune enfant a besoin de taux de protéines modérés, car il risque sinon d’être surchargé. Alors quelle est la juste quantité ? Entre 1 et 3 ans, elle peut être calculée grâce à une formule : 10 g/année d’âge + 10 g par jour. Et bien sûr, s’agissant de protéines, il n’est pas question que de « viande », mais aussi d’œufs, de jambon, de poisson et de volailles (parfois appelées, à tort, viandes blanches) qui sont aussi de bonnes sources de protéines animales. « Les enfants doivent manger des protéines au moins tous les midis, explique Éric Ménat, et une seconde fois dans la journée, de préférence le matin (œufs, jambon) ou éventuellement le soir (poisson, voire de temps à autre tofu, certaines protéines végétales pouvant avantageusement compléter l’apport) ». Tout étant question d’équilibre, il faut donc se garder de donner de la viande rouge en excès. Outre l’excès de protéines, comme le rappelle Éric Ménat, on risque en plus d’apporter trop de graisses saturées. Voire, si la cuisson se fait à trop hautes températures, des composés carbonés néfastes ! « Entre 6 et 12 ans, en terme de fréquence, on peut en proposer au menu, 80 à 100 g, 2 fois par semaine », conseille Éric Ménat.

Autre question, héritée partie des préoccupations écologiques, partie des conseils alimentaires qui ne s’inscrivent pas dans les droites lignes des recommandations officielles, l’agitation autour du lait de vache, accusé de nombreux maux : allergies, eczémas, affections ORL à répétition, mais aussi, perturbations endocriniennes…

Le lait, est-il si « vache » ?

Doit-on encore donner du lait de vache aux enfants après qu’ils sont sevrés ? Au motif que les enfants ne sont pas des veaux, certains préconisent la suppression totale des produits laitiers. Sur cette question polémique, la Société Française de Pédiatrie (SFP) a rappelé dans un communiqué le 8 avril dernier, que les enfants « privés » de lait voient leur risque de carence en calcium augmenter. Une alerte sans doute un peu plus influencée par le lobby du syndicat des produits laitiers que par des considérations médicales, puisque la SFP rappelait dans ce même communiqué le fait divers du couple de végétaliens. Or la fillette souffrait probablement moins de carences en calcium (puisqu’elle était allaitée par sa mère) qu’en vitamine B12 et en fer. Comme le rappelle Éric Ménat, « le calcium est indispensable à la croissance. On doit donc donner du calcium. L’erreur est de faire un parallèle automatique entre calcium et lait ». Le lait est d’ailleurs, rappelle-t-il, le moins intéressant de tous les laitages, poursuivant : « Les fromages de qualité sont la meilleure source de calcium, mais sont un peu gras. Il est bon d’en consommer une part tous les jours. »  Le calcium se trouve aussi dans d’autres aliments : dans le cresson, les figues séchées et le pissenlit (160mg pour 100g), dans le brocoli (93mg pour 100g) et dans les noix (65mg pour 100g). Mais aussi…dans l’eau ! En particulier, dans les eaux minérales calciques comme l’Hépar, la  Contrex ou la Courmayeur qui en contiennent autour de 500 mg par litre, soit à peine 2 fois moins que le lait ( 1200 mg/l). Tout est question de biodisponibilité et de capacités d’assimilation, le calcium d’origine végétale étant réputé peu absorbable (sauf celui du chou [3]!), étant solubilisé par les acides contenus la plupart du temps dans les végétaux (acide phytique et oxalique). Ceci dit, « un litre d’Hepar couvre la moitié des besoins quotidiens d’un enfant de 10 ans, avec du calcium de très bonne disponibilité, attention. » rappelle Fabiola Flex, auteur[4]. Et pour les tout petits ? L’allaitement maternel reste bien sûr la meilleure source de lait. S’il n’est pas possible, et en cas d’intolérance aux laitages de vache ou d’autres animaux (chèvre, jument)  ou au lactose[5], les laits végétaux, qu’ils soient d’amande, de riz, de noisette ne suffisent pas… « Ces “laits” ne sont pas du lait, ne se rapprochant ni de près ni de loin, du lait maternel. » dénonce la SFP, face à l’engouement pour ces nouveaux produits.     « S’ils sont très bons pour la santé, ils  sont très pauvres en calcium », confirme Éric Ménat.   Dans ce cas-là, conseille-t-il, « une supplémentation en calcium (en comprimé)  s’avère nécessaire… »

Et le soja, alors ?

Ceci dit, des préparations infantiles parfaitement équilibrées en calcium, à base de lait de soja, sont données couramment depuis 40 ans aux nouveau-nés américains allergiques au lait de vache, en remplacement du lait maternisé. Mais elles sont accusées de contenir trop de phytoestrogènes dont la structure chimique proche des hormones humaines peut interférer avec l’oestradiol, principale hormone féminine, en se fixant sur les récepteurs spécifiques des oestrogènes, stimulant ou diminuant leur action. Dans un rapport paru en 2005[6] , l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) soulignait ce problème dans ces formules à base de lait de soja, adaptées à l’alimentation des nouveaux nés, déconseillant le lait de soja avant l’âge de 3 ans  : un rapport que le toxicologue Jean-François Narbonne, lui-même membre de l’AFSSA, estime quelque peu exagéré.   D’ailleurs, un rapport des experts du Centre pour l’évaluation des risques liés à la reproduction humaine (CERHR) paru aux États unis en janvier 2006 conclut qu’« il n’y a pas suffisamment de données valables pour permettre de déterminer la toxicité des formules infantiles au soja sur le développement ou la reproduction ». Bref, pas de quoi entraver la « part de liberté individuelle, y compris pour le corps médical, dans la mesure ou il n’est pas démontré qu’il existe des risques particuliers. ». Et le calcium alors ? En mai 2008, le comité de nutrition de l’Académie américaine de pédiatrie dans un rapport sur les préparations infantiles à base de soja a relevé que « chez les nourrissons nourris avec ces formules, la minéralisation osseuse était équivalente à celle obtenue avec des laits artificiels à base de lait de vache… »  Pour les plus grands, c’est comme pour tout aliment. L’excès n’est jamais bon. « On peut en donner un peu, mais pas trop.
résume Éric Ménat. Le soja n’est ni un bon ni un mauvais aliment, conclue-t-il.

Existe-t-il certains aliments déconseillés aux enfants ?

Au nom de l’équilibre alimentaire, les rigoristes de la diététique voudraient supprimer tous les aliments “inutiles”, nutritionnellement pauvres. Au premier rang desquels les gâteaux, desserts, sucreries ou les fast-foods. Les interdits ne sont jamais bons ! Le chocolat ? Si gras ? Ce n’est pas un mauvais aliment, rappelle Éric Ménat, s’il est consommé avec modération. Le préférer noir (y compris dans les biscuits).” On évite ainsi de mauvaises graisses lactiques et trop de sucre.  Les bonbons  et gâteaux ? “Ils n’ont qu’un intérêt ‘plaisir’ et sont à réserver aux occasions comme les anniversaires ou les moments de fêtes. Idem pour le coca,” poursuit-il. «Attention  aux desserts lactés qui se présentent souvent à tort comme des produits laitiers : trop gras et surtout trop sucrés ils ne doivent ne pas être consommés régulièrement. Le Mac Do n’est en revanche pas forcément catastrophique, rassure-t-il. On peut même tout à fait initier son enfant à manger correctement équilibré au Mac Do !”  Peut-être se rassurera-t-on aussi en se disant qu’aujourd’hui, que les examens médicaux permettent de ne pas passer à côté d’une éventuelle carence. « Même si il n’y a  bien sûr pas lieu de la chercher si un enfant va bien ! » précise Éric Ménat.« La recherche du Fer, de la vitamine D et du calcium (voire éventuellement de la vitamine B12 et du zinc) est un examen peu cher et remboursé par la sécurité sociale qui  peut parfois être très utile », complète-t-il. N’oublions pas qu’une carence alimentaire avérée, heureusement habituellement fort rare, peut aussi être soignée…tout simplement  en donnant le complément vitaminique  adéquat !

 


Minitableau récapitulatif 

Viande 2  fois par semaine

Volaille

3  fois par semaineJambon1 fois par semaine

Poisson2 -3 fois par semaine

Œufs2  fois par semaine

Soja (lait, yaourt ou tofu)

1 fois par jourFromage1 fois par jour

Légumes ou cruditésà chaque repas

 

 

Le saviez-vous? Le miel, biologique ou non quelle que soit son origine est déconseillé aux enfants de moins de 12 mois et quelle qu’en soit l’origine ! C’est une recommandation officielle de l’OMS. Le miel est en effet susceptible de contenir des spores de Clostridium botulinum, un toxique botulique, responsables du botulisme infantile.


[1] La cour les a condamnés, histoire de marquer le coup,  à 30 mois de prison ferme, mais qu’ils devraient, ayant déjà effectué quatre mois de détention provisoire et remises de peine aidant,  ne pas avoir à faire.

[2] Eric Ménat est l’auteur du Dictionnaire pratique de la diététique (Ed. Grancher), Je nourris mon enfant (Ed. Alpen), et avec le Dr M. Larocque –  de « Bien dans ta tête bien dans ton corps,c’est ton choix » ,  Ed. Harmoxel

 

[3] Selon l’AFSSA dans la 3ème édition des Apports Nutritionnels conseillés pour la population française paru en 2004

[4] Fabiola Flex est co-auteur avec le Pr. Patrick Tournian d’un ouvrage sur l’alimentation des enfants paru en 2010 – «  L’alimentation de vos enfants, enquête sur le marketing et les idées reçues », Ed.Denoël Impacts.

[5] la SFP rappelle que de telles intolérances existent, tout en précisant qu’elles  restent peu fréquentes et que c’est au pédiatre d’en poser le diagnostic…

[6] « Sécurité et bénéfices des phytoestrogènes apportés par l’alimentation » , paru en 2005

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Maladie d’Alzheimer : une étude prometteuse

Une étude canadienne montre que l’entraînement de la mémoire retarde l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Avec plus de 800000 personnes atteintes en France, la maladie d’Alzheimer gagne du terrain. Devenue priorité nationale, la recherche bat son plein en quête de médicaments capables de la soigner ou de ses causes, comme en témoigne, début avril, l’identification de 5 nouveaux gènes de susceptibilité.[1] Moins médiatisées mais porteuses d’espoir, des recherches portent depuis quelques années sur une capacité que possède le cerveau, la plasticité cérébrale, capacité qui permet à ce dernier d’établir de nouveaux circuits de neurones afin de compenser la perte de ses fonctions. « La plasticité cérébrale est une formidable capacité de réorganisation », explique Sylvie Belleville, dont l’équipe a publié fin mars les résultats d’une étude menée à l’université de Montréal[2].

Plasticité à tout âge

Affectant tout le monde, et de façon inéluctable, le vieillissement condamne à lui seul le cerveau humain à perdre de 5 à 10 % de son poids entre 20 et 90 ans…Et, de fait, condamne aussi les fonctions cognitives à décliner inéluctablement…Ce déclin, dont fait partie la perte de la mémoire, est aussi l’un des premiers signes de la maladie d’Alzheimer. Si toutes les personnes âgées présentant des troubles cognitifs légers (tcl) ne vont bien sûr pas développer une maladie d’Alzheimer, il est établi qu’elles ont dix fois plus de risques de développer la maladie. À l’occasion de l’étude, trente personnes âgées (15 en santé et 15 présentant des tcl) ont participé à un programme d’entraînement de leur mémoire. Leur activité cérébrale a été analysée grâce à l’imagerie par résonance magnétique, 6 semaines avant, une semaine avant et une semaine après ce programme. « Alors qu’on a longtemps pensé que le cerveau perdait cette capacité plastique avec l’âge, notre étude montre que ce n’est pas le cas et ce, même dans les stades précoces de la maladie», affirme Sylvie Belleville. En effet, grâce à ce programme simple, d’autres zones du cerveau vont prendre la relève des zones qui commencent à décliner…

L’entraînement?

Très simple, il porte sur le développement de stratégies comme l’utilisation de moyens mnémotechniques, pour retenir, par exemple des listes de mots. Grâce à lui, le cerveau augmente l’encodage et la récupération des informations dans d’autres zones. « La comparaison de l’activité cérébrale avant et après le programme d’entraînement indique que les personnes âgées atteintes de tcl vont mobiliser de façon plus importante les régions normalement impliquées dans la mémoire mais également de nouvelles régions du cerveau habituellement reliées au langage, à la reconnaissance spatiale et aux capacités d’apprentissage. C’est ainsi qu’une région du cerveau saine (le gyrus inférieur pariétal droit) prend la relève de la zone malade », confirme Sylvie Belleville. De quoi retarder temporairement l’apparition de la maladie d’Alzheimer ! Un précieux répit…j’y

Clara DELPAS


[1] Paul Hollingworth et al- « Common variants at ABCA7, MS4A6A/MS4A4E, EPHA1, CD33 and CD2AP are associated with Alzheimer’s disease » Nature Genetics, 03/04/2011
[2] Sylvie Belleville et al. « Brain Training-related brain plasticity in subjects at
risk of developing Alzheimer’s disease » Brain : A journal of neurology 23/03/11

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sur la route le retour!!!

Bonjour a tous,

Je vais toujour super bien, et je continue a aimer l’Inde.

Apres avoir passer 4 ou 5 jours a Munnar dans les montagne et plantation de the , de santal, de cardamonne, des cocotirer , me voila toujour avec Renaud, ( mon pote de voyage) au bord de la mer a Verkala.

C’est un vrai petit coin de paradis, la plage et tout le reste.

Pour en revenir a Munnar, j’ai pleins de photos pour vous, .

Je suis desolee, je suis pas tres inspirer pour le moment.

Apres Verkala ja vais a l’ashram d’amma, et pour repondre  oui j’ai pus profiter de son  energie et des ces bras ( 3 secondes).

merci pour les commentaire.

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Inde : à la poursuite du diamant vert ?

L’article de Klara sur la mine de diamant de Majhgawan est paru!  Dans Novethic, aujourd’hui  : http://www.novethic.fr/novethic/planete/economie/matieres_premieres/inde_poursuite_diamant_vert/133669.jsp

Sur fond de certification environnementale et de promesses écologiques, la récente réouverture de la mine de diamant de Mahjgawan nargue les lois indiennes et les associations de protection de la nature… en validant les prospections du géant minier américain Rio Tinto.

Dans l’état du Madhya Pradesh (Inde), la mine de Mahjgawan, la plus grande mine de diamant mécanisée d’Asie, a du mal à se refaire une réputation. Sécurisée comme une zone militaire (personne n’y est même autorisé à faire des photos), elle ne manque pas de revendiquer son caractère « eco-friendly ». Des panneaux, écrits et dessinés à la main, sont là pour affirmer que l’écologie est ici une priorité : sur l’un deux, une main porte la planète terre, qui saigne, sur un autre, on peut lire, en anglais, que le personnel du site bénéficie d’un programme d’éducation à l’environnement.  Pourtant, ici, on semble toujours extraire le diamant comme au début du siècle dernier,  en saignant l’unique filon diamantifère à grands coups de dynamite. Les montagnes de cailloux de kimberlite — la roche volcanique qui contient les diamants — sont ensuite ramassées au bulldozer et mises à sécher au soleil pendant plusieurs mois. Puis, on concasse la roche devenue plus friable dans des presses mécaniques, avant de tamiser les poussières de l’ensemble pour en extraire directement les diamants.

Un désastre maquillé de vert

Si l’incidence des diamants est faible (une petite dizaine de carats* pour une centaine de tonnes de kimberlite), les conséquences de leur exploitation sont colossales, à l’image du trou de près d’un demi-kilomètre de diamètre sur plus de 100 m de hauteur creusé par l’extraction minière sur ce site. Au fond du trou, un lac d’une dizaine de mètres de profondeur témoigne que l’on a atteint les ressources souterraines d’eau. Même si Rajeev Wadhwa, l’ingénieur géologue en chef responsable de la mine, explique que « cette eau vient… du ciel, le trou faisant office de citerne de récupération d’eau de pluie ! » ** ! Pourtant, l’exploitant de la mine, depuis 1995, est… la compagnie minière gouvernementale, la NMDC (National Mineral Development Corporation). Malgré une norme ISO 14001 acquise en 2004 et une communication soucieuse de l’environnement, le Diamond Mining Project n’a pas su faire oublier que la mine se trouvait en plein milieu d’une réserve de tigres, au cœur du parc national de Panna.

Sa certification n’a d’ailleurs pas suffi à duper le bureau de contrôle de la pollution (le Pollution Control Board) : en juillet 2005, la mine a été fermée du jour au lendemain pour non-conformité avec les normes environnementales. Et son illégalité. Car, depuis 2002, une loi indienne interdit les activités minières dans les aires protégées. Un coup dur pour le Diamond Mining Project, soutenu par le ministère de l’Industrie. Temporaire. Les instigateurs du projet ont saisi la Cour Suprême du pays et  fini par la convaincre : la mine a rouvert en août 2009 !

Coudées franches

Au printemps 2011, le site a pourtant des airs d’abandon : le village de mineurs, qui abritait jusqu’à 900 âmes aux temps pleins de l’activité, est désert. Cykim Do, le directeur actuel de la mine, a beau annoncer l’inauguration d’ « une usine ISO 14001, achetée à l’Afrique du Sud, afin de moderniser l’extraction des diamants… » et « qui devrait employer autour de 300 mineurs », le site semble désaffecté, rendant les objectifs de production de la mine, 100 000 carats par an, bien difficiles à atteindre. Les organisations écologiques, atterrées par la réouverture, craignent désormais que la dérogation obtenue ne fasse tâche d’huile, conduisant à un développement minier sans entrave dans les réserves naturelles indiennes… D’autant que la mine de Majhgawan, en activité depuis près d’un siècle, est de moins en moins riche ; l’exploitation d’autres régions du parc, encore recouvertes par la forêt, semble désormais inévitable.

L’an passé, dans le district de Chhatarpur, toujours dans le parc de Panna, à quelque 70 km de là, 13 villages, soit 350 familles, ont été évacués. Comme le rappelle Yusuf Beag, de l’ONG indienne Mines, Minerals and People pour la bonne cause écologique ! Le gouvernement indien s’est chargé de l’évacuation de la zone, et de l’indemnisation des habitants, au motif de « préserver l’habitat naturel des tigres et prévenir la déforestation… ». Probablement aussi au nom de la joint venture passée avec la compagnie Rio Tinto sur place depuis 2002. Les campagnes de prospection menées par ce géant minier nord-américain américain ont révélé en 2006 des réserves de 27.4 millions carats , soit 7 fois plus que toute la mine de Mahjgawan,  et toujours dans le parc national de Panna !

L’exploitation devrait en démarrer prochainement sous couvert d’une gestion écologique des ressources en eau et en forêt…et de belles promesses de développement économique et d’éducation, soutenues par l’UNICEF. Le Madhya Pradesh, en passe de devenir l’une des dix régions les plus riches en diamants au monde, ne se souciait déjà plus vraiment de ces tigres, dont il ne reste dans tout le parc de Panna que deux femelles et huit petits nés cette année (contre encore une vingtaine  d’adultes dans les années 1990.)… Se souciera-t-il encore demain du sort des habitants expulsés, qui attendent toujours , par ailleurs, leur indemnisation?
* 1carat = 0,2g
**dans cette zone semi-aride arrosée de de 800 mm de précipitations annuelles

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Des gènes sous influence

Que sait-on aujourd’hui des interactions entre l’environnement et les organismes vivants ?  Une interview du Professeur Jean-Claude Ameisen **,   président du Comité d’éthique de l’INSERM * et membre du Comité Consultatif National d’Ethique.

On dit que l’environnement agit jusque sur le développement de tout être vivant. Cela est-il établi aujourd’hui ? 

Tout organisme vivant est en interaction avec l’environnement. Cela commence dès la fécondation : l’embryon se développe dans une succession d’environnements qui lui sont propres et vont influer sur sa croissance et sur sa formation… Par exemple, la température extérieure dans laquelle se trouvent les œufs de certaines tortues ou des crocodiles joue  sur la production des hormones sexuelles dans le cerveau des embryons qu’ils contiennent et donc sur la construction d’un corps mâle ou femelle. Chez certains poissons, c’est l’environnement social qui peut, à l’âge adulte, entraîner un changement de sexe. Et chez les insectes sociaux, comme les abeilles, deux cellules-œuf génétiquement identiques se développeront, selon la nourriture fournie par les ouvrières ou les phéromones émises par les reines, soit en une petite ouvrière stérile qui vivra environ deux mois, soit en une grande reine féconde qui pourra vivre plus de cinq ans ! Si on a longtemps cru que ces différentes façons de construire des corps et des destins radicalement différents à partir des mêmes gènes étaient une exception propre à ces espèces, on sait que le processus est présent chez tous les organismes vivants.

Que deviennent nos gènes, d’ailleurs, dans cette histoire, après la naissance? Pouvons-nous agir sur leur fonctionnement, et donc sur notre vieillissement, et certaines de nos maladies ?

Depuis une dizaine d’années a émergé un nouveau domaine de recherche : l’épigénétique, c’est-à-dire l’étude de tout ce qui vient en plus des gènes (leur(s) environnement(s) et ce qui fait qu’ils vont être utilisés et avoir des effets qui vont être très différents). L’environnement non seulement joue sur la façon dont le corps va se construire puis fonctionner mais nous modèle aussi en permanence, tout au long de la vie, selon un équilibre dynamique : il existe toute une gamme de réponses possibles des individus face  à la complexité des facteurs environnementaux à laquelle ils sont soumis. Et, bien plus qu’un seul facteur donné, c’est une succession d’environnements qui, à des titres divers,  vont agir sur la façon dont chaque cellule va utiliser les informations contenues dans les gènes. Par exemple, chez l’homme, des travaux récents montrent que de vrais jumeaux, c’est-à-dire deux personnes génétiquement absolument identiques, vont acquérir, au cours de leur vie,   même dans des environnements semblables, peu à peu,  des manières différentes d’utiliser des mêmes gènes, différences  qui participent à la construction de leur singularité biologique.

 A-t-on identifié des facteurs prépondérants ? On parle par exemple beaucoup de l’alimentation…Que restera-t-il d’ailleurs  de ces modifications aux générations futures ?

Que les radiations nucléaires provoquent des mutations génétiques dans les cellules y compris reproductrices est connu depuis la découverte de la radioactivité. Il peut être plus compliqué de déterminer l’impact d’autres facteurs de l’environnement. Pour ce qui est de l’alimentation,  on sait que la nourriture agit sur la méthylation de l’ADN, une réaction chimique qui a pour effet d’activer ou d’inactiver l’expression de certains gènes. Un régime peu calorique et pauvre en graisses est réputé depuis longtemps contribuer à notre bonne santé. Mais pas de façon isolée : on sait qu’il faut y ajouter un peu d’activité physique par exemple ! Quant à la transmission  de modifications   acquises par les parents et attribuées à l’alimentation (comme l’obésité par exemple) aux enfants… N’est-ce pas plutôt que les enfants mangent ce que mangent les parents ? Ne  s’agit-il pas ici moins d’hérédité par transmission, que d’un environnement culturel transmis pour reproduire les mêmes conditions de  réinitiation ? Toutes ces études sont très complexes. Récemment, une étude américaine (1) a consisté à nourrir des souris mâles  avec un régime faible en protéines et d’autres normalement, alors que toutes les souris femelles étaient nourries normalement. Les rejetons des souris mâles nourries avec le régime faible en protéines présentaient des modifications dans les gènes impliqués dans la synthèse des lipides et du cholestérol, alors même qu’ils n’avaient pas été mis en contact avec leur père…

Nos comportements  peuvent aussi sembler suivre une transmission biologique héréditaire. Une  étude  menée chez l’animal durant les années 1990 a consisté à étudier des lignées de rats et de souris de laboratoire  qui se distinguaient à l’âge adulte par différents degrés d’anxiété  associés à des différences, dans certaines régions du cerveau, de la quantité de récepteurs pour certaines hormones.  Ils ont eu l’idée de confier un nouveau-né d’une lignée génétique à comportement calme à une mère adoptive d’une lignée génétique à comportement anxieux, et inversement…et   ont constaté  que le nouveau-né manifestait, à l’âge adulte, un comportement et des caractéristiques cérébrales similaires à ceux de sa mère adoptive, et non à celui de ses parents génétiques.  Mais la  véritable découverte a été que si le nouveau-né confié à une mère de substitution était une femelle, celle-ci allait donner elle-même naissance à des descendants qui, à l’âge adulte, auraient les mêmes comportements et les mêmes caractéristiques cérébrales que leur grand-mère adoptive, et non que leurs grands-parents génétiques ! Il n’y avait donc pas ici de transmission sous  forme biologique de ce qui avait été acquis dans l’environnement, mais réinitiation à chaque génération d’une façon particulière d’utiliser des gènes dans certaines cellules, reconstruisant à chaque génération le même type de conséquences.  Ceci nous montre que l’environnement, souvent réduit à une liste de facteurs nocifs ou pas, n’est pas qu’inerte :   la dimension d’environnement relationnel est essentielle. La manière dont la souris s’occupe de son rejeton va interagir avec la façon dont son corps va se développer.

Mais l’impact des relations sociales sur l’expression ou non des gènes est-il  scientifiquement mesurable ?

On peut revenir sur l’étude menée chez ces nouveaux-nés souris ou rats confiés à des mères anxieuses ou calmes. L’explication, apportée en 2006, est que le comportement anxieux de la mère entraîne chez le nouveau-né le « blocage », dans certaines cellules de son cerveau, du gène permettant la fabrication d’un récepteur pour une hormone, induisant  chez lui  un comportement anxieux. Alors qu’à l’inverse, le comportement calme de la mère a pour effet le maintien de l’activité de ce gène… Une autre étude a consisté à placer des souris dans des tubes de sorte qu’elles ne pouvaient plus bouger. Entièrement passives, dans cet environnement que l’on peut qualifier de pauvre, elles n’étaient sorties de leur tube que pour être nourries. Ce « stress sans agression » a eu des conséquences biologiques rapides : en 48h, leur système immunitaire s’est  effondré…Les chercheurs ont ensuite montré que chez les souris présentant déjà une déficience du système immunitaire, ce stress restait sans effet. De même, chez les souris auxquelles on donnait des opiacées. Ils en ont conclu que ce stress sans agression agissait sur le fonctionnement cérébral en inhibant la secrétion d’opiacés, puis en détruisant le système immunitaire. L’environnement affectif, lié au développement de relations humaines et de la confiance que l’on porte à autrui a certes des effets sur le fonctionnement du corps. Être gentil avec quelqu’un a sûrement aussi un effet biologique. Une  étude a consisté à inculquer à des souris le gène de la maladie d’Alzheimer et à d’autres celui de la maladie de Huntington et à d’autres celui de la maladie de Parkinson. Selon que les souris étaient dans un environnement riche ou pas, elles exprimaient ou non les gènes responsables de ces maladies ! Autant de preuves que chez l’animal, l’état mental et la qualité des relations sociales ont une influence majeure sur le développement même des maladies.

Chez l’homme, on peut citer les études menées sur l’effet placebo,  qui établissent là encore un impact biologiquement quantifiable : des malades de Parkinson auxquels on a donné un  placebo de leur médicament habituel (la L-Dopa), se sont mis à produire d’eux-mêmes plus de dopamine. Tout comme des malades atteints de douleurs de la face, auxquels on a donné des placebos d’antalgique et qui se sont mis à produire  des opiacés. En somme, croire que l’on va aller mieux fait déjà aller mieux. Confirmation dans l’étude, parue en décembre 2010  sur  l’effet placebo, menée pour la première fois auprès de patients clairement informés par les médecins eux-mêmes qu’ils prenaient un placebo,  mais aussi des modalités d’action de cet  effet : un effet réel, en réponse à une substance ingérée que le corps assimile comme efficace,  en laquelle on croit ou non, mais  que l’on s’applique scrupuleusement à prendre.  Chez ces patients, on a constaté une amélioration globale des symptômes et de la qualité de vie  près de deux fois supérieure à celle ressentie par ceux qui n’avaient rien pris !   Rien que le « rituel médical » et les explications détaillées du médecin lors de la prescription du traitement semblent ainsi avoir un effet positif. Confirmant au-delà de la connexion corps-esprit,  le pouvoir thérapeutique qu’ont à eux seuls la parole, la confiance et l’espoir, autant d’éléments-clés des relations humaines !

Et la société dans tout cela ? Agit-elle aussi sur notre santé ?

En 2006, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme soulignait que l’espérance de vie et l’état de santé étaient soumis, en France plus qu’ailleurs en Europe, à des facteurs socio-économiques. Par exemple, il a été établi qu’un cadre supérieur de 35 ans avait chez nous une espérance de vie supérieure de plus de 7 ans, en moyenne, à celle d’un ouvrier qualifié du même âge. Autre exemple, on sait bien que les cas d’obésité sont plus fréquents dans les pays  riches chez les personnes défavorisées. Il ne faut pas oublier que les maladies ont des causes biologiques mais aussi sociales, économiques et culturelles : les modalités d’organisation de la vie sociale se traduisent aussi en termes de maladies et de mort. C’est pour cela qu’il reste fondamental de favoriser l’insertion sociale, la solidarité, l’absence de discrimination et d’exclusion. Pour permettre à chacun un accès réel à la possibilité de vivre, comme les autres, parmi les autres, avec les autres…

(Propos recueillis par Clara Delpas)

(1) Rando O et al., Cell, Volume 143, Issue 7, 1084-1096 (23/12/2010)

 (2) Lembo A et coll., PloS ONE (décembre 2010)

* INSERM : Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

** Jean Claude Ameisen  est  l’auteur de La Sculpture du vivant. Points Seuil, 2003 et Dans la Lumière et les Ombres. Darwin et le bouleversement du mondeFayard, 2008. Il anime une émission sur France Inter « Sur les épaules de Darwin  ».

 

 

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Mine de diamant, campagne et fin de parcours n°1

Shivaratri ne dure qu’un jour, après, le manège des racoleurs de shops recommence de plus belle. Au point qu’on les achève à annoner les quelques phrases qu’ils nous ressassent : come to my shop, just have a look, good price, my friend, very old, good quality.  L’un des commerçants en chef a même craqué : en voyant klara, il a même crié  » I don’t want to sell to you anything ». ça tombait bien.  Khajuraho, à part les temples dont le seul nom fait baver ici (ce billet est posté depuis Dehli, quelques jours après…), c’est une belle campagne, côté est peuplée d’enfants qui vous courent après en vous chantant une jolie comptine  » Hello, one photo ? one rupee? money? chocolate? shampoo? schoolpen? « …de l’autre, des enfants qui vous suivent un peu moins racketteur mais tout autant collants… A quelques dizaines de kilomètres de là, se trouve la ville de Panna, avec une réserve naturelle de tigres…en plein milieu de laquelle se trouvent les mines de Meshgawan, des mines…de diamant. Klara a  eu l’autorisation d’aller les visiter, et en a profité pour y emmener Gaelle et Aurélie, que ça intéressait bien sûr. De telles mines ne courent pas le monde et en plus il est rare qu’on puisse les visiter. Seul hic pour le blog, interdiction de prendre des photos. Klara en a quand même volé quelques unes, de l’entrée et du filon de Kimberlite en train de sécher au soleil. Comme elle va en faire un article, elle va pas tout vous raconter ici. Juste pour préciser , les diamants de Meshgawan sont de dimensions tout à fait honorables, en 2010, on en a trouvé un de 34 carats tout de même. On ne les trouve pas affleurant le sol, mais piégés dans la kimberlite, une roche grise concassée dans une usine directement achetée à une mine sud africaine, mais reconvertie en iso 14001, agrément environnemental… Et les géologues de la mine ont gentiment donné à Klara de magnifiques photos de diamants et de la mine, alors après on ne va pas se plaindre; après on a essayé de pister le tigre, il y en a deux par ici, avec huit petits qui viennent de naître. Mais il faisait probablement trop chaud dans ce cagnard. Une mine en plein sanctuaire animal? et oui…

Après, cours de cuisine chez le king du paratha, lhassi et re lhassi, et on rencontre plein de french. On s’arrache un jour plus tôt, pour klara c’est plus sûr car les trains indiens ont des horaires aléatoires voire parfois s’annulent. Klara repart sur Dehli, en train de nuit, avec Aurélie, et Gaelle sur Orcha, en bus de jour. Klara est bien arrivée, pour l’heure dans un petit restau de Paharganj, pour une despedida au ginger lemon. Avec Aurélie. N’a plus trop la pêche pour écrire, ce soir est un peu tristoune, bien acclimatée à la vie locale ici…a changé ses premières impressions sur Dehli.

Gaelle aussi, est bien arrivée à Orcha. C’est la fin du parcours pour moi !

Namasté tout le monde.

 

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Shivaratri… réussie!

Même pas une courbature et aujourd’hui est un grand jour : c’est Shivaratri, la grande fête hindoue qui commémore le mariage de Shiva et de Parvathi. Tous les hindous se rendent dans les hauts lieux de pèlerinage, dont fait partie Khajuraho. A Vanarasi, la population passe de 3 millions à 6 millions d’habitants. A Khajuraho, de 20 000 à peut être 40 000 ce qui reste supportable.  Ce qu’il y a de bien dans ces jours de fête, c’est que les temples sont gratuits et nous en profitons donc pour les visiter. Redécouverts au milieu du 19 ème siècle, ils ont choqué le puritanisme ambiant par la crudité des scènes érotiques que jouent les statues des façades extérieures. Et interrogé les explications… Une version légendaire rapporte que Hemavati, une jeune brahmane, alors qu’elle se baignait un soir nue dans la rivière, a été séduite par le Dieu lune. De cette union  est né un fils Chandravarman. La fille mère, bannie de la société , s’est réfugiée dans la forêt où elle a élevé son fils en mère et gourou. Le garçon   devenu   homme   a donné vie aux premiers Chandela, une dynastie royale d’’origine rajpoute mais de descendance lunaire (habituellement les rajpoutes descendent du soleil), et qui a connu son apogée à la fin du 1er millénaire… Une nuit, Chandravarman a vu en songe sa mère l’implorer de bâtir des temples qui révèleraient les passions humaines et les frustrations  de la population !

Et donc nous voyons des temples, des temples et encore des temples, dans un grand parc bien entretenu , bien vert et fleuri.  Bien sûr tout le monde est là pour voir ces fameuses sculptures du Kama-Sutra, on voit bien où les gens s’arrêtent : toujours aux mêmes endroits. Comme certaines images risqueraient de heurter la sensibilité des plus jeunes, nous ne vous en mettrons pas de trop compromettantes.  Juste deux statues qui se roulent un palot. 😉

 

Depuis le parc aux temples, on a une vue de premier choix sur le temple de shiva où c’est  une activité intense, avec des groupes d’hommes et de femmes (séparés) s’agglutinant à l’entrée, puis se précipitant pour gravir les marches du temple , un godet d’eau à la main…

A l’occasion de shivaratri, c’est jour de foire et de marché, on en profite pour faire pour faire quelques boutiques. Et puis le soir, on a la chance d’accompagner la processon de shiva allant à son mariage, avec la fanfare des dieux et des déesses, Kali, Brahma, Lakshmi, etc…. et pour finir d’assister au spectacle offert par l’hôtel Lalit, un hôtel de luxe pour millardaires puisque la chambre est à 2000 euros, ça vous laisse imaginer le standing…. Et on en a vu, des riches, dans la procession avec des saris brodés de diamant et des chaussures incrustées de pierres précieuses.

Quel contraste avec la plèbe, les rickshaws étaient gentiment invités à se ranger sur le côté pour ne pas être dans le champ des caméras. Une bonne partie des télévisions de l’Inde étaient là, prenant des photos d’une star de Bollywood et pour finir, on a eu des places assises pour le spectacle rejouant donc le mariage de shiva et de parvathi. Et tout ça grâce à Ibrahim, qui tient dans ses mains un sacré pouvoir, c’est un VIP qui connait tout le monde, et c’est pour ça qu’on a été dans le carré des VIP . Alors le spectacle c’était de la danse , avec de jolis costumes, et un en arrière plan les temples de Khajuraho, et de belles lumières, et de la bonne musique. L’histoire est archi simple, Shiva arrive, Parvathi arrive, ils ne sont jamais vus, on les réunit pour le mariage , ils se découvrent et chacun danse de joie à son tour, puis les dieux et les déesses font la farandole en signe d’alégresse.

Après, un discours de la propriétaire de l’hotel  Lalit, qui offre ce spectacle tous les ans à la population, avec un repas gratuit à la sortie. On a évité le gratuit, c’était dangereux, on voyait les policiers avec des bâtons   réglementer la circulation autour du buffet et taper sur ceux qui  se marchaient les uns sur les autres pour arriver les premiers au buffet ;  Ensuite, on a été au temple à Shiva, pour faire quelques offrandes pour la famille et les amis (vous en avez de la chance, hein ?).

Au pied du temple, nous avons acheté nos offrandes, des sucreries, une noix de coco et de l’encens. Puis, on a fait un petit rituel autour de la statue de Ganesh , le fils de Shiva et de Parvathi , (planté l’encens et casser la noix de coco) et nous sommes monté au temple , où nous avons jeté nos offrandes sur le lingam géant qui se trouve en son centre (le plus grand qu’on ait jamais vu en inde !) .

Et puis pour une fois qu’on voit un peu de femmes :

Au pied du temple de shiva, les éclopés de la ville, mendiants paralytiques veillards aveugles enfants des rues, chantent et font la manche.  Pour achever  la noce, on a été boire des bières chez l’italien, faut vous  dire qu’en temps de shivaratri, la vente d’alcool est interdite, parce qu’un hindou qui boit devient généralement violent et que personne veut de bazar ici. On a bu à la santé de shiva, qui était rappelons le quand même un sacré noceur, en mangeant des pakoras de toutes sortes (fromage, œuf, légumes…) et des finger chips (le nom indien pour les frites).

 

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Khajuraho, vélo et pas photo

Cette nuit nous avons voyagé dans un train avec un wagon special touriste, et dans ce wagon des russes aussi insupportables que les hindous, parlant fort, en rigolant grassement ; nous sommes arrivées avec deux heures de retard, nous avons posé nos sacs à la yogi lodge, qui apparemment n’est plus ce qu’elle était, le yogi qui la tenait étant mort l’année dernière et ayant passé l’affaire à ses fils qui n’ont pas les mêmes engagements spirituels. Enfin, c’est pas cher, et on a réservé pour la semaine. Au petit dej, on rencontre Aurélie,  une française de Toulon, et nous voilà parties pour un raid en vélo et en plein cagnard. Destination, les chutes de Rajah, à une vingtaine de kilomètres de là. Comme ici on n’est en hiver, tout est à sec et quand nous sommes arrivées aux dites chutes, qui se trouvent dans une réserve payante, on a eu l’impression de se faire arnaquer : il n’y avait pas d’eau sur les grandes gorges de roches découpées, magnifiques. On y a croisé des guides du parc vêtus de kaki et équipés de moto  qui nous proposaient une heure de balade avec eux dans la jungle pour voir les animaux (crocodile,antilope, léopard, …et tigre !)  moyennant 300 roupies chacune. « Trop cher pour peut-être voir de loin un  hindou dans la peau d’un crocodile ! » commente Aurélie.  Nous déclinons et …Devons refaire  la route dans l’autre sens. 28 km en fait, en comptant tous les kilomètres dans la réserve. Un peu épuisées par cette aventure, on finit chez le roi du paratha, selon Aurélie toujours, qui est là depuis plusieurs jours . Un peu gras quand même, nos paratha aux patates et au fromage.