Stevia : une plante sur le marché du sucre…

Tout en affichant zéro calorie et des propriétés non négligeables pour notre santé, la stevia est une alternative au sucre et peut répondre au fléau mondial qu’est l’obésité.Pourtant, en Europe, la tendance est à la prudence et la législation peut paraître quelque peu ubuesque ! Car pour utiliser une plante en Europe, il faut qu’au moins un des pays de l’Union la consomme. Or ce n’est pas si simple pour une plante, qui si elle peut pousser partout,y compris dans nos jardins, est originaire d’Amérique du Sud.

La Stevia n’est pas un OGM !

Stevia rebaudiana , qui n’était pas consommée de façon significative en Europe avant 1997, dépend donc du règlement européen Novel Food, relatif aux nouveaux aliments et aux nouveaux ingrédients alimentaires. Un règlement dont font partie…les OGM. Et dont auraient pu faire partie en leur temps la tomate ou la pomme de terre ! « Pas question de se soumettre à cette étiquetage injuste ! Pourquoi une plante utilisée depuis des millénaires par les Amérindiens serait-elle nouvelle en Europe, et mise sur le même plan qu’un OGM ? » a rétorqué Claudie Ravel, fondatrice de Guayapi Tropical, une société spécialisée dans les plantes amazoniennes. Une détermination qui coûte cher : la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) accuse Guayapi Tropical de tromperie et l’a fait condamner en décembre dernier à une amende de 4000 € ! Tout cela pour avoir vendu de la poudre de feuilles de stevia comme «complément alimentaire à fort pouvoir sucrant».

Du jardin à l’industrie, elle séduit !

Si la commercialisation de la poudre des feuilles est compliquée, il est en revanche autorisé de cultiver la belle stevia chez nous ! Et des sociétés en commercialisent les plants, officieusement comme plante d’ornement. Rien n’empêche ensuite de la consommer à la place du sucre : il suffit d’en faire sécher les feuilles et de les hâcher… ! Bien sûr, de façon plus sophistiquée, il existe aussi des procédés industriels permettant l’extraction des molécules donnant le goût sucré (steviol, stéviosides et rebaudiosides) et donc l’obtention d’un édulcorant. Les géants américains du soda que sont Coca-cola et Pepsi ne s’y sont pas trompés et s’apprêtent à utiliser l’un de ces composés dans leurs boissons sucrées à la place de l’aspartame. Une autorisation qui ne se fait pas sans encombre puisque le groupe Coburn & Coffman PLLC, a déposé une pétition pour demander l’interdiction de la stevia dans les aliments courants. Le motif ? Des recherches thérapeutiques doublées d’essais cliniques ont été menées sur la plante en médecine, en particulier ses effets sur la pression artérielle et les taux de sucre dans le sang !

Cette plante est-elle bien sans danger ?

On pourrait en douter à première vue compte tenu desdifférentes études : la plante a été suspecté de toxicité chez le rat ;une étude a montré en 1994[1] une possible toxicité rénale (suivie en 2002, d’une étude [2] démontrant l’ innocuité de la plante sur les reins de souris (et sur les autres organes)). Elle est par ailleurs accusée de diminuer la fertilité des rats mâles , mais ceux ci auraient absorbé pour l’étude des doses particulièrement élevées, bien largement supérieures à celles qu’aurait à absorber un être humain ! Les autorités françaises et européennes ont également argué de son potentiel contraceptif pour interdire sa mise sur le marché. Cependant, bien au –delà de ces controverses, Coca-Cola et Pepsi s’étant mis eux-mêmes à la stevia, les barrages administratifs vont peut-être être enfin levés ?

Sites web :

www.steviafrance.com

www.guayapi.com


[1] TOSKULKAO C. et al- « The low calorie natural sweetener stevioside: nephrotoxicity and its relationship to urinary enzyme excretion in the rat. » PTR, Phytother. res., 1994, vol 8, n° 5, p 281-286

[2] SEKIHASHI K et al – « Genotoxicity studies of stevia extract and steviol by the comet assay », J Toxicol Sci. 2002 Dec; 27 Suppl 1:1-8


Article paru en mai 2009 dans Alternative Santé L’impatient

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