Le voyage en avion….


Bon ben voilà, 3h15 heure française . Bien évidemment, le décalage m’a décalqué. quoique. En fait j’ai passé une super journée. Tout le monde n’a pas la chance il est vrai d’avoir une cousine à Miami. Enfin moi je l’ai. En vrai, elle habite Palm beach, c’est à peine plus loin. Mais elle était venu me chercher. Et on s’est fait…une plage! Un brin de vacances sous les tropiques, les kite surfers, les joggerse fous, bref, j’étais pour de vrai dans une vraie série américaine. Avant le voyage de 10 h et plus pour relier Paris et Miami, je l’ai pas trop senti. J’avais eu la bonne idée de passer une nuit blanche la nuit d’avant -de toutes manières je suis toujours tellement speedée qu’il me faut au moins cela pour être sûre de ne rien oublier! Donc…dans l’avion….même si j’avais la tête collée au hublot, j’ai dormi. Réveillée régulièrement comme à l’hôpital par les stewarts et hôtesses qui ne manquent pas de demander “dyouwantsomethingtodrink?” Et qui portent le repas à 12h , le goûter à 16h, le dîner à 20h…pendant ce temps , il n’y a que 4 heures qui passent, alors forcément on a l’impression de ne faire que ça, manger…
Alors après manger, faute de pouvoir bouger faire quelques pas, je regardai par le hublot… et j’ai vu la banquise… (la preuve sur la photo) et puis aussi d’autres paysages.

En arrivant sur Miami, j’avais l’impression d’être dans le sim’s, vraiment. Tout est net et propre, les rues sont taillées au cordeau, l’espace se délimite en carrés réguliers. Moi comme c’est la première fois que je vais en amérique, ça m’a beaucoup étonné. J’avais vraiment l’impresssion d’être dans un jeu video.

Bref, à l’aéroport, après le passage de tous les barrages de contrôle (mains, photo d’identité et interrogatoire serré, j’ai retrouvé ma cousine Regina et sa fille Laura. 8 ans que je n’avais pas vu ma cousine!

Et comme on était sur la même longueur d’ondes, direction les planches de Miami Beach, ses dunes de sable pleines de palmier.

Magnifique balade dans le vent et le chaud. Pour rigoler, incursion dans l’Eden roc, un espèce de palace monstrueux qui accueille que des américains de carte postale. C’était rempli de gens huppés, des qui ont les moyens de pas devenir obèse! Et pour finir petit tour au centre de Miami, ambiance vacances en Espagne, plein de musiciens. J’ai mangé une glace, tout est démesuré dans ce pays. Enfin ça ce n’est pas nouveeau, c’est limite une platitude que de le dire!!!!

Alors la suite, c’est un peu d’attente à Miami, avec la désagréable surprise de voir que le wifi y était payant…Le vol où j’ai dormi tout du long. Et l’arrivée, avec la sensation quand même d’avoir bien la tête qui tourne. 1/2 h de voiture pour arriver là, chez Marie Danielle Demelas.
Splendide maison…avec le wifi !

fin prête?

pfff, tu parles…je suis toujours d’une lenteur insoutenable sur les bagages. Faire, refaire, défaire…c’est qu’il ne me reste plus tant de temps que cela pour tout finir. Oublier quelque chose? et alors . mais pourquoi je stresse donc comme ça….

En attendant ….Grenelle


À quelques jours d’un très attendu « Grenelle des antennes », les ondes électromagnétiques agitent la France, sur fond de procès, de controverses scientifiques… et de nouvelles résolutions adoptées par le Parlement européen.
Depuis quelques mois, la multiplication des victoires juridiques obtenues par les riverains d’antennes-relais contre les opérateurs inquiète le marché français de la téléphonie mobile. Les riverains sont montés au créneau,  trouvant la  parade à l’inaction : instaurer un rapport de force pour faire démonter les antennes par voie de justice.
Au mois de mars, pas moins de cinq nouveaux procès ont démarré. Et à ceux qui pourraient dire que l’avocat, toujours le même, Maître Forget a trouvé une nouvelle clientèle pour renflouer son cabinet, on rétorquera que c’est un avocat engagé, qui fait partie des robins des toits. D’ailleurs, le président des robins des toits rappelle que l’avocat a même trouvé le moyen pour que cela coûte aux plaignants le moins d’argent possible (S’agissant souvent de locataires d’immeubles HLM (car il est plus facile pour les bailleurs de négocier avec les bailleurs sociaux), il leur propose de se regrouper en mini classe actions (il suffit pour cela que les locataires regroupent les indemnités forfaitaires dont ils disposent contractuellement pour couvrir les frais de justice liés aux préjudices qui les opposeraient à leurs bailleurs (500 à 700 euro).)

Les politiques, tout comme l’académie de médecine ont critiqué  le fait que ce soit des décisions de justice. Mais comme le rappelle Maître Forget, les magistrats se sont prononcés sur des pièces, émettant pour la plupart d’opérateurs ou de scientifiques dépendant des opérateurs. Les juges ont reconnu qu’il y avait une controverse scientifique. Le constat d’une controverse fait naître chez les gens exposés un sentiment de peur qui justifie la reconnaissance d’un trouble anormal du voisinage, justifiant l’application du principe de précaution.Un argument avancé par les opérateurs est que l’état est propriétaire de l’air et qu’il a donné aux opérateurs l’autorisation d’utiliser l’air. Que démonter l’antenne c’est porter atteinte aux services publics, que ça relève donc du tribunal administratif et non de la justice.

Pour mettre un terme à ces tensions, anxiogènes pour le grand public, un « Grenelle des antennes » doit se tenir le 23 avril prochain. Les déclarations des scientifiques français « officiels », de l’Académie de médecine par exemple, se veulent rassurantes et n’invitent pas à la révision des normes actuelles d’exposition. Elles donnent du grain à moudre aux opérateurs de mobiles et au législateur tout en attisant les colères de scientifiques indépendants, d’associations d’usagers et des Verts.
Les débats font rage, comme en témoignent les colloques et réunions publiques organisés en préambule de ce Grenelle :

Au Sénat, le 23 mars dernier, un colloque organisé par les sénateurs Marie-Christine Blandin et Jean Desessard à l’initiative des associations Robin des Toits et Ecologie Sans Frontière et du syndicat Supap-FSU a donné la parole aux scientifiques militants pour des réglementations plus strictes sur la foi des résultats des études qu’ils ont menées. À  cette occasion, Marie Claire Daveu, directrice du cabinet de Nathalie Kociusko-Morizet , au nom de la secrétaire d’état à l’économie numérique a rappelé une autre pierre d’achoppement : l’exigence de couverture des territoires par la téléphonie mobile et les réticences de élus préoccupés par le développement des infrastructures. Au moins, la volonté de démonstration scientifique que montrent les associations aura été reconnue : « c’est la seule qui peut justifier le principe de précaution ». Paradoxalement, le conseiller scientifique  de l’Association Française des Opérateurs de Mobile ou les représentants de l’académie de médecine brillaient par leur absence. Ainsi que L’AFFSSET restée singulièrement muette. Absente, au départ parce que NKM n’y était pas, puis, à l’annonce que sa chef de cabinet y serait, lettre circonstanciée disant qu’ils ne voulaient pas intervenir avant la publication de l’étude en cours ! a rappelé Marie Christine Blandin.

Le 6 avril, à l’Assemblée nationale, c’était au tour de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques de rassembler scientifiques, associations, décideurs – français et étrangers – pour une audition publique sur les antennes relais à l’épreuve des inquiétudes du public et des données scientifiques. Bernard Accoyer nous a offert quelques belles perles lors de son allocution d’ouverture.. Et André Aurengo, de l’Académie de médecine, critiqué pour son appartenance (« bénévole », a-t-il précisé) au conseil scientifique de Bouygues Telecom, n’a pas manqué contester comme on s’y attendait toutes les études montrant des effets nocifs des champs électromagnétiques en les qualifiant de fausses, voire de frauduleuses. Sa remise en cause va jusqu’à la légitimité de la norme de 0,6V/m , qui est aujourd’hui mise en avant et exigée par les associations d’usager (ou 1mW/m2). En effet, cette norme selon lui proposée en 1998 par Oberfield, s’appuye sur la base d’une étude de Mann et Röschke de 1996 qui montrent un effet des ondes à 900MHZ à 500mv/m2. Appliquant un facteur de sécurité de 500, ils aboutissent à cette norme de 1mW/m2. Le problème étant pour lui que ces auteurs eux-mêmes ont refait leur étude deux ans plus tard…et n’ont pas retrouvé ces résultats. De même comme l’étude de Rubik en 2005, dans Psychosomatic Med, semblemontrer qu’il n’existe effectivement aucun système sensoriel permettant de ressentir des ondes de radiofréquences, c’est bien que l’EHS serait une maladie…psychosomatique ! Et puis, Bioinitiative ne serait pas une étude scientifique, ce serait pour ça que l’OMS aurait refusé de la commenter. En plus, Cindy Sage, l’une des auteurs du rapport, est aussi la pdg d’une entreprise vendant des dispositifs de protection contre les champs magnétiques, Aurengo se défend  ainsi d’être le seul à être soumis à  un conflit d’intérêt ! (Mais bon ,il est facile de jouer de sa stature de médecin pour impressionner un auditoire avec des diapositives. D’ailleurs, dans un souci de transparence toute scientifique, Aurengo avait même été jusqu’à promettre les powerpoints de ces diapos à qui voulait les avoir, (personnellement je les lui ai demandées…il ne m’a toujorus pas répondu!!!) ….)

Dans chaque camp, les débats deviennent vite passionnels autour de la question de la nocivité des antennesrelais. Au point que le grand public ne sait plus à quels experts se vouer : l’expertise « officielle » est critiquée pour les inévitables conflits d’intérêts qu’elle soulève… Alors que l’expertise « indépendante » est tout simplement taxée de « pseudoscience ». Ainsi, la question de l’effet des champs électromagnétique sur la santé humaine divise la science, donc l’opinion . Et puis, fait hautement suspect, comme le rappelle Bakchich aussi cette semaine, les compagnies d’assurance refusent généralement de couvrir le risque en responsabilité civile concernant les champs électromagnétiques. Connaissant la capacité des assureurs à évaluer tout type de risque et à parier sur l’avenir, « on est en droit de s’interroger sur les raisons qui les motivent à appliquer à leur façon le principe de précaution! « 

Des études ont certes montré des effets, mais pour être « validées » les résultats doivent être reproduits. Car, le principe du fait scientifique est d’être reproductible. Ainsi, si une étude montre un effet quelconque, d’autres études fondées sur les mêmes protocoles sont attendues montrer les mêmes résultats. En revanche, si la dite étude ne montre pas d’effet, la question de sa validité scientifique est remise en cause.  Et jusqu’à présent, c’est là que le bât blesse. une étude qui montre un effet est refaite…par des scientifiques du  » camp adverse », celui des opérateurs de mobile…Et puisn plus le temps passe, plus c’est difficile :  les différents rapports réalisés par les commissions nationales d’évaluation des risques en Europe pointent toutes le manque d’études épidémiologiques. Elles deviennent même de plus en plus difficilement envisageables, faute de « population témoin », tout le monde étant potentiellement exposé. Ces études (in vitro ou sur l’animal) ne montreraient rien de bien probant,  en tout cas rien qui permettent de lever tous les doutes et d’aboutir à un consensus scientifique.

À Bruxelles, deux récents rapports invitent à plus de prudence. Le premier émane des experts du Comité scientifique sur les risques de santé émergents et nouvellement identifiés (SCENIHR) de la Commission européenne (1) . Le second, d’une parlementaire belge, Frédérique Ries, adopté au Parlement européen à une écrasante majorité (559 voix) le 2 avril (2). L’un comme l’autre réaffirment la nécessité d’appliquer le principe de précaution quant à l’exposition des citoyens aux champs électromagnétiques, faute de données scientifiques suffisantes.Ainsi,  selon le rapport Ries, il faut agir rapidement, sans attendre le résultat des études scientifiques et appliquer le principe de précaution en limitant le champ électrique à trois volts par mètre (V/m), comme l’on déjà décidé neuf Etats membres. Pour comparaison, la limite européenne actuelle est de plus de 40 V/m aujourd’hui. Il préconise également une vaste campagne d’information sur les bonnes pratiques à connaître quand on a un téléphone portable, d’éviter d’implanter des antennes-relais ou des lignes haute tension à proximité d’écoles, de crèches, de maisons de retraite ou d’institutions de santé et de rendre public des cartes notifiant les degrés d’exposition aux ondes électromagnétiques. Et donc de réviser, bien qu’aucune loi européenne n’oblige les États membresà prendre des mesures particulières en matière d’ondes, les normes limites d’exposition de juillet 1999 sur la base de valeurs préconisées par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP) : les antennes-relais GSM, DCS et UMTS doivent être respectivement en dessous de 41,25, 58,33 et 61 V/m… Des valeurs qui restent élevées et justifient le principe dit « Alara » (as low as reasonably achievable) en vertu duquel l’exposition aux rayonnements doit être aussi faible que possible « raisonnablement ». À l’instar de certains États membres, qui l’appliquent déjà : la Grèce, la Pologne, ou l’Italie ont adopté des normes plus sévères d’exposition atteignant même 3 V/m en Belgique et au Luxembourg. La France, elle, attend son Grenelle.

(1) « Health Effects of Exposure to EMF » Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks (SCENIHR), Commission Européenne, 19 janvier 2009, 84 pages (pdf)

(2) Rapport sur les préoccupations quant aux effets pour la santé des champs électromagnétiques,  Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité Alimentaire  (Rapporteure: Frédérique Ries), janvier 2009, 11 pages  ( lien non valide…)

A suivre à l’antenne de Radio Ici et Maintenant, le 16 avril de 14h à 17h30 . Mon invité sera Maxence Layet. Et le 19 avril à 23h. Mon invitée sera Annie Lobé, de Santé publique éditions. (Voir page « nouveau »)


L’électrohypersensibilité

Le témoignage d’une électrosensible : [audio:evy.mp3]

Le professeur Belpomme a présenté les premiers résultats d’une étude qu’il mène sur le Syndrome d’Intolérance aux Champs Electromagnétiques (SICEM). Il se base sur une série de 88 malades qui se sont présentés avec un SICEM. Il dit avoir été auditionné pendant plus de 3 h par l’AFFSSET. Son étude porte sur 88 malades, 24 hommes et 64 femmes, âgés de 47 ans en moyenne. Il décrit une pathologie démarrant d’abord par des douleurs cervico-cranio-faciales (céphalées) comme des syndromes méningés, des troubles de la sensibilité superficielle et profonde, ainsi qu’un déficit d’attention ou de concentration. Puis, par de l’insomnie, de la fatigue et de la dépression. Ont été objectivés des résultats à l’échodoppler cérébral pulsé témoignant d’une activité similaire à la maladie d’alzheimer, témoin d’une souffrance cérébrale majeure, ainsi qu’une augmentation des protéines de stress cellulaire HSP27 et ou HSP70, ainsi qu’une baisse de la mélatonine dans les urines.  Il est parvenu à établir un lien avec la présence de CEM, sur la foi des déclarations des gens (lorsqu’ils sont en présence d’un tel champ, ils disent aller mal, mais mieux lorsqu’ils en sont loin)…sur la foi de résultats biologiques chez l’animal et enfin, sur la base de tests de provocation (zone blanche avec CEM < 0,1 V/m puis zone avec CEM de l’ordre de 3 à 4 V/m. A chaque fois, l’EEG a montré un retard à la fermeture des yeux. La distinction avec l’electrosensibilité est justifiée selon lui par la distinction entre ce qui pourrait être génétique et ce qui est acquis. Le SICEM s’acquiert.  Belpomme est convaincu que c’est en lien avec la présence de magnétosomes, et a pour projet de les doser dans les cellules pour voir s’il y a une corrélation entre le taux de magnétosomes dans les cellules et les symptômes.  Les magnétosomes sont des agrégations de 50 à 100 cristaux de magnétites, il y aurait des millions de magnétosomes dans nos systèmes nerveux, en particulier dans les   les cellules gliales (astrocyte)  , cités par Kirschvink JL, Kobayashi-Kirschvink A, Woodford BJ. Magnetite biomineralization in the human brain.Proc Natl Acad Sci U S A. 1992 Aug 15;89(16):7683-7.
http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?tool=pubmed&pubmedid=1502184 (texte intégral)
Kirschvink JL, Kobayashi-Kirschvink A, Diaz-Ricci JC, Kirschvink SJ. Magnetite in human tissues: a mechanism for the biological effects of weak ELF magnetic fields. Bioelectromagnetics. 1992;Suppl 1:101-13. Review.
Kobayashi AK, Kirschvink JL, Nesson MH    Ferromagnetism and EMFs. Nature. 1995 Mar 9;374(6518):123.
L’évolution de la maladie se fait selon une régression des symptômes, une atteinte dégénérative du SNC, une surdité de perception, un neurinome, un cancer… Ailleurs, en Suède, le professeur Johanson a rappelé que l’EHS est reconnue comme un trouble fonctionnel depuis 2000, qu’il y aurait en Suède de 230 à 290 000 suédois atteints..que ces personnes relèvent des lois sur l’égalité des chances  des handicapés…

Les préparatifs …

Les perspectives du voyage se précisent. Je commence à faire un point de l’équipement….je commence aussi un peu à flipper…principale raison : je ne parle pas espagnol! un peu gênant assurément…
Je devrais voyager, voir du pays. Un peu peur de l’insécurité en tant de situation politique,qui se tend un peu, puisque Evo Moralès a commencé une grève de la faim il y a quelques jours. Didier toujours le mot pour rire a commenté mon prochain départ d’un « Tu vas nous faire ta betencourt? », assorti du « N’oublie pas de prendre un T-shirt de la radio » d’Alex. Retour prévu le 16 ou 17 mai…de cette année, non mais!
On me demande d’intervenir à l’autre bout du pays, dans des lycées francophones, en région semi-tropicale…pfff….je flippe des moustiques et de la dengue. Faut dire que c’est pas bien drôle comme maladie.
Bien, revenons à une rationalité plus pragmatique. Me restent de l’équipement à prévoir et du boulot à finir.

La stévia en bref

paru dans Alternative Santé, février 2009

Saviez-vous qu’une feuille séchée réduite en poudre de Stevia rebaudiana , une plante qui pousse dans les forêts d’Amérique du Sud, sucre autant que   15 fois son poids en sucre ?

Tout en affichant zéro calorie et des propriétés non négligeables pour notre santé, la stevia est une alternative au sucre et peut répondre au fléau mondial qu’est l’obésité.  Pourtant, en Europe, la tendance est à la prudence et la législation peut paraître quelque peu ubuesque ! Car pour utiliser une plante en Europe, il faut qu’au moins un des pays de l’Union la consomme. Or ce n’est pas si simple pour une plante, qui si elle peut pousser partout,  y compris dans nos jardins, est originaire d’Amérique du Sud.

La Stevia n’est pas un OGM !

Stevia rebaudiana , parce qu’elle n’était   pas consommée de façon significative en Europe avant 1997 (« même si l’on pouvait la trouver en Belgique dès 1984 !  », précise-t-on chez Guayapi Tropical),  dépend   du règlement européen Novel Food, relatif aux nouveaux aliments et aux nouveaux ingrédients alimentaires. Un règlement dont font partie…les OGM. Et dont auraient pu faire partie en leur temps la tomate ou la pomme de terre ! « Pas question de se soumettre à cette étiquetage injuste ! Pourquoi une plante utilisée depuis des millénaires par les Amérindiens serait-elle nouvelle en Europe, et mise sur le même plan qu’un OGM ? »  a rétorqué Claudie Ravel, fondatrice de Guayapi Tropical, une société spécialisée dans les plantes amazoniennes. Une détermination qui coûte cher : la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) accuse Guayapi Tropical de tromperie , pour avoir vendu de la poudre de feuilles de stevia comme «complément alimentaire à fort pouvoir sucrant» . Condamnée en décembre dernier à une amende de 4000 € , la société Guayapi Tropical a fait appel depuis!

Du jardin à l’industrie, elle séduit !

Si la commercialisation de la poudre des feuilles est compliquée, il est en revanche autorisé de cultiver la belle stevia chez nous ! Et des sociétés  en commercialisent les plants, officieusement comme plante d’ornement. Rien n’empêche ensuite de la consommer à la place du sucre : il suffit d’en faire sécher les feuilles et de les hâcher… ! Bien sûr, de façon plus sophistiquée, il existe aussi des procédés industriels permettant l’extraction des molécules donnant le goût sucré  (glycosides de steviol, stéviosides et rebaudiosides) et donc l’obtention d’un   édulcorant naturel. Les géants américains du soda que sont Coca-cola et Pepsi ne s’y sont pas trompés et s’apprêtent à utiliser l’un de ces  composés dans leurs boissons sucrées à la place de l’aspartame, dont la côte est en baisse auprès du grand public.  Une autorisation qui ne se fait pas sans encombre puisque le groupe Coburn & Coffman PLLC, a déposé une pétition pour demander l’interdiction de la stevia dans les aliments courants. Le motif ? Des recherches thérapeutiques doublées d’essais cliniques ont été menées sur la plante en médecine, en particulier ses effets sur la pression artérielle et les taux de sucre dans le sang ! Ce qui assimile la stevia un médicament et compliquerait son introduction dans l’alimentation courante.

Cette plante est-elle bien sans danger ?

On pourrait en douter à première vue : des études menées sur des animaux ont montré une toxicité sur les reins et sur les organes reproducteurs des mâles. Mais d’autres études ont aussi montré l’innocuité de la plante sur tous les organes. Il a par ailleurs aussi été souligné aussi que les doses utilisées dans les premières études étaient  bien  largement supérieures à celles qu’aurait à absorber un être humain n’utilisant la stevia qu’en édulcorant! Les autorités françaises et européennes   ont également argué d’un prétendu potentiel contraceptif pour interdire sa mise sur le marché. Cependant, Coca-Cola et Pepsi se sont mis eux-mêmes  à la stevia, en se fondant sur la dernière étude de 2008 qui établit scientifiquement l’innocuité des extraits de stevia rebiana dans les boissons et aliments !  Et on pourra souligner la situation étonnante qui consiste à autoriser des extraits aux brevets déposés (pas moins de 24 pour la stevia !)… tout en restreignant la diffusion de la plante qui les contient naturellement et a cet usage depuis des millénaires !

Sites web :

 www.steviafrance.com

 www.guayapi.com

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Protégé : Archie le lion

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Cours sur les Blogs (2008) (1)

 

Le premier site web de l’histoire

1989 : c’est le site du CERN à Genève http://inco.cern.ch (lien non actif, n’existe plus) ! Son webmestre Tim Berners-Lee y avait créé une page intitulée What’s New qui lui servait à établir la liste des nouveaux sites web qui s’ouvraient (à l’époque le web était en plein développement). Il fit encore mieux : pour l’anecdote, il eut l’idée de connecter tous les PC du centre entre eux afin de permettre aux employés d’échanger leurs fichiers. Pour cela, il mit au point un « log »,  permettant d’un simple clic (via le protocole d’un nouveau langage, le HTML) d’échanger des informations et des fichiers avec le PC désiré. L’ancêtre ( proche!) du www (World Wide Web) en quelque sorte. Fort de son invention, il proposa à des investisseurs de financer son projet pour l’étendre à tous les PC de la planète. On lui répondit qu’il n’existait aucun marché parce que les gens n’avaient rien à se dire ! Les entreprises possédaient leurs réseaux, leurs protocoles et leurs logiciels propriétaires… L’idée de Berners-Lee était déjà de créer un réseau universel, mais les industriels craignaient de s’engager dans un projet aussi ambitieux. Comprenant qu’il n’aboutirait pas, Berners-Lee céda gratuitement son logiciel. On connait la suite! À peine quelques années après, le www était né, et les sites   fleurissaient sur la toile, contredisant tous les investisseurs!

Le premier journal en ligne…et les premiers blogs

C’est en 1995 qu’apparaît le premier journal en ligne. Brad Fitzpatrick, étudiant en informatique à l’Université de Washington, crée LiveJournal qui sera ensuite délivré en Open Source (Licence GNU) en mars 2001. Quelques années plus tard,  à partir de 1999, les blogs prennent naissance. (  en France,   dès   2000…). Les blogs sont une évolution des pages personnelles. Avant les différentes communautés crées par les blogs, Internet avait créé diverses communautés autour des chats, des listes de diffusions. (Beaucoup de mots de vocabulaire utilisés pour les blogs en proviennent). La création des blogs coincide  avec la création d’une plateforme de création, Pyra,  qui produit Blogger,  un outil de publication  » presse-bouton, qui permet de créér son blog en quelques minutes. Avec le développement de ces outils de publication, le phénomène du blogging peut se populariser. Cet essor ne se démentira pas jusqu’en 2001 où de nouvelles plateformes apparaissent et où des communautés de bloggeurs prennent vie. C’est alors, aux Etats-Unis, les attentats du 11 septembre 2001. L’événement   joue un rôle de catalyseur pour les blogs : le caractère dramatiquement intense de l’actu a accru le besoin d’informations,  d’ alternative et légitimé la prise de positions personnelles. D’amateur, le blogging devient peu à peu professionnel : en 2003, Google a racheté  Pyra Labs, l’entreprise qui produisait Blogger. Pourquoi? À cette époque, on comptait pas moins d’un million de bloggers potentiel : une vraie opportinité pour un marché qui n’existait  pas vraiment !

Vivre encore plus longtemps

Paru sur la Banque des Savoirs de l’Essone le 1/01/2004

En 1800, la France ne recensait qu’une seule personne âgée de cent ans. En 2050, elle devrait en compter 150 000. Si les progrès techniques ont permis d’allonger la durée de la vie, peut-on espérer disposer de moyens efficaces permettant de limiter les conséquences du vieillissement ?

L’étude du vieillissement reste indissociable de celle de la longévité. Pendant longtemps, on a cru que les êtres humains ne pouvaient pas dépasser l’âge de 100 ans. Quand le premier centenaire français a été recensé en France en 1800, il faisait figure d’exception. Mais en 1950, on comptait déjà 200 centenaires ; en 1960, ils étaient 400 ; aujourd’hui, ils sont près de 7 000, dont une trentaine de « super-centenaires », âgés de plus de 110 ans. En 2050, la France devrait compter 150 000 centenaires…

À la recherche des gènes déterminant la longévité
Les progrès de la génétique ont incité certains chercheurs à étudier les gènes des personnes très âgées. Il s’agissait de déceler les particularités génétiques conférant une longévité exceptionnelle : les fameux « secrets» des centenaires. La génétique n’a pas donné de réponse simple, mais soulève plusieurs pistes. Des gènes de longévité ont été clairement définis comme, par exemple, un gène protégeant contre la maladie d’Alzheimer et l’athérosclérose (un allèle du gène APOE). D’autres études, menées sur des familles de centenaires, ont attiré l’attention sur une particularité génétique responsable de la présence dans le sang de particules chargées du transport du cholestérol, qui ont une taille plus élevée que la moyenne.

On commence à vieillir dès qu’on naît
Le vieillissement commence dès la fécondation et ne cesse qu’à la mort. Il peut être défini comme l’ensemble des effets produits par le temps sur le fonctionnement de l’organisme. Dans une certaine mesure, le phénomène répond à une programmation génétique, puisque chaque espèce animale a une durée de vie qui lui est propre. Par ailleurs, on a décrit plusieurs maladies génétiques entraînant un vieillissement accéléré et une mort prématurée des êtres humains. Les syndromes les plus typiques de vieillissement précoce sont ceux de Hutchinson-Gilford et de Werner. Mais tout n’est pas si simple, et le vieillissement fait aujourd’hui encore l’objet de nombreuses hypothèses et spéculations. Toutes s’accordent néanmoins pour affirmer que le processus est inéluctable.

Les remèdes anti-vieillissement
Si tout le monde rêve d’une pilule de jouvence qui arrêterait, voire inverserait les effets néfastes de l’âge, les scientifiques étudient les vertus attribuées à certains antioxydants alimentaires, comme ceux que contiennent le chocolat noir ou le vin rouge. Les thérapies à base d’hormones, tels l’hormone de croissance ou le DHEAS, doivent être envisagées avec circonspection. En fait, les limites à la longévité humaine dépendent de deux types de facteurs, les uns imposés par une espèce d’horloge interne, les autres par l’environnement, et en particulier par l’air que chacun de nous respire et par la nourriture qu’il absorbe.

01.Principe de mortalité

« Le vieillissement est une affaire de cellules, de cellules qui ne fonctionnent plus correctement », résume Denis Herman, spécialiste en biologie du développement au Centre de Génétique Moléculaire (CGM) de Gif-sur-Yvette. Notre corps est composé de plusieurs milliers de milliards de cellules. Certaines d’entre elles sont capables de se multiplier pour remplacer celles qui meurent. Beaucoup d’autres, comme celles du cerveau, des muscles ou du cœur, ne peuvent plus se diviser et leur nombre décroît avec l’âge.

Nos cellules sont mortelles
Celles de nos cellules qui continuent à se diviser après la fin de la croissance ne peuvent pas le faire indéfiniment : le nombre de divisions qu’elles peuvent accomplir est limité. On estime qu’au total, une cellule typique d’un adulte normal peut se diviser environ 60 fois avant de devenir incapable de le faire. « Cela paraît peu, mais en fait, c’est beaucoup », explique Denis Herman, « à supposer que l’œuf dont provient chaque être humain se divise 100 fois, sans qu’aucune cellule fille ne meure, le corps atteindrait une taille gigantesque : il pourrait remplir une sphère de 130 km de diamètre, et pèserait plus de 10 tonnes ! ». La découverte de la sénescence cellulaire a remis en cause la prétendue immortalité des cellules. En effet, une théorie, qui paraissait solidement établie depuis le début du XXe siècle, avançait que n’importe quelle cellule, extraite du corps et convenablement cultivée, pouvait se diviser indéfiniment, donc était immortelle. En réalité, les cellules de l’organisme humain sont bel et bien mortelles.

Le vieillissement, effet du temps sur l’organisme
« Chaque fois qu’une cellule se divise, elle hypothèque son avenir », résume Denis Herman, « parce qu’elle perd du matériel génétique ». Chaque molécule d’ADN contenue dans le noyau n’est pas intégralement répliquée (copiée). Elle se raccourcit par ses deux extrémités, appelées télomères.
Le phénomène n’est pas anodin. Dans les années 80, des scientifiques américains ont prélevé des échantillons de sang sur 150 personnes âgées de plus de 60 ans. Quinze ans plus tard, ils les ont ressorti pour mesurer les télomères de l’ADN que contenaient les globules blancs. L’idée était de voir s’il y avait un lien entre la longueur des télomères et l’état de santé des personnes étudiées. Il s’est avéré que les individus qui avaient les télomères les plus longs avaient mieux résisté au vieillissement que ceux qui avaient les télomères les plus courts, et formaient une proportion plus élevée de la population encore en vie. Les survivants avaient moins souffert de maladies infectieuses, de dégénérescence cérébrale et de défaillance cardiaque. La résistance aux infections peut se comprendre parce que le fonctionnement du système immunitaire dépend de la capacité de prolifération des cellules productrices d’anticorps. Mais comment expliquer que le fonctionnement des cellules cérébrales et cardiaques, qui ne se divisent plus, soit apparemment affecté par la longueur des télomères ?

Une usure naturelle
Quel processus provoque l’érosion des télomères ? On a constaté que les cellules immortelles mettent en œuvre un mécanisme particulier, qui empêche leurs chromosomes de se raccourcir à chaque division. Une enzyme spéciale, appelée télomérase, ajoute aux télomères des tronçons d’ADN identiques à ceux que la réplication leur a fait perdre. En revanche, la plupart des cellules non reproductrices n’ont pas de télomérase et leurs télomères s’amenuisent progressivement avec l’âge. « Tout cela conduit à penser que pendant le développement embryonnaire, les cellules acquièrent un mécanisme qui les prive de télomérase et les rend mortelles », résume Denis Herman.

Pour atténuer les effets du vieillissement, il semblerait judicieux de faire réapparaître la télomérase dans les cellules mortelles. Mais le remède serait probablement pire que le mal, car la remise en service de la télomérase accroîtrait probablement le risque de développer un cancer. On a en effet observé que la plupart des cellules cancéreuses avaient récupéré leur activité « télomérasique » , c’est-à-dire produisaient à nouveau de la télomérase. Et ces cellules, qui, en quelque sorte, étaient revenues à l’état embryonnaire, devenaient aussi immortelles mais dangereusement cancéreuses. Si elle conduit assurément nos cellules à mourir, la perte de la télomérase pourrait donc être le mécanisme qui les protège naturellement du cancer.

02.Facteurs génétiques du vieillissement

Les maladies entraînant un vieillissement précoce sont assez rares. Le syndrome de Hutchinson-Gilford affecte les enfants dès le plus jeune âge. Le syndrome de Werner manifeste ses effets plus tardivement. Les malades présentent de nombreux signes de vieillissement qui apparaissent d’habitude à un âge plus avancé : rides, blanchissement et perte des cheveux, athérosclérose, ostéoporose, etc. Leurs cellules entrent en sénescence bien plus rapidement que celles des individus normaux. Mais il ne semble pas que les maladies soient dues à une érosion trop rapide des télomères, car les gènes impliqués ne sont pas ceux qui gouvernent la façon dont l’ADN est copié au cours des divisions cellulaires (réplication). La mutation à l’origine du syndrome de Hutchinson-Gilford, identifiée en avril 2003, affecte le gène de la lamine A, une protéine qui tapisse la paroi intérieure de l’enveloppe qui entoure le noyau de chaque cellule et garantit son étanchéité. La mutation qui provoque le syndrome de Werner, identifiée en 1996, touche un gène qui gouverne la production d’une enzyme qui agit sur l’ADN. Mais on ne sait pas vraiment comment cette enzyme est impliquée dans le phénomène du vieillissement. Malgré cette incertitude, il semble que les malades souffrent plutôt du mauvais état général de leurs cellules que de l’incapacité de celles-ci à accomplir un nombre suffisant de divisions.

Pour rechercher la part d’hérédité dans la longévité, des études statistiques ont été réalisées sur la base d’arbres généalogiques couvrant plusieurs siècles. Pour essayer de réduire la part qui revient aux facteurs sociaux (richesse, éducation, etc.) dans la détermination de la longévité, plusieurs groupes de chercheurs se sont intéressés à des groupes d’individus qu’ils supposent homogènes, tels les habitants du Groenland, ceux de la vallée de la Valserine dans le Jura, ou bien encore les aristocrates. D’autres études ont été menées sur des « vrais » et des « faux » jumeaux. « Les deux types de travaux font ressortir une composante familiale, donc liée à une communauté de gènes, dans la détermination de la durée de la vie », explique Denis Herman. Cette contribution est assez modeste (autour de 20%). « Ce qui signifie que la plupart des individus meurent pour toutes sortes de causes (accidents, maladies), qui n’ont rien à voir avec l’état de leurs gènes».
« Il est probable que les centenaires vivent vieux, souligne Denis Herman, simplement parce que leur génome est dépourvu d’anomalies génétiques provoquant des maladies héréditaires ou d’allèles prédisposant à souffrir de diverses affections à un âge avancé.»

Depuis quelques années, des études génétiques sont menées sur des populations de centenaires, à la recherche de facteurs expliquant leur longévité. Elles ont permis d’établir qu’un allèle particulier d’un gène protégeant contre la maladie d’Alzheimer et l’athérosclérose se rencontre fréquemment chez les centenaires : ce gène, appelé APOE, produit une molécule impliquée dans le transport du cholestérol dans le sang, l’apolipoprotéine E4 (apoE4). « Tout récemment, en octobre 2003, une équipe américaine a constaté que chez une fraction importante des centenaires, le cholestérol est transporté par des particules de très grande taille», précise encore Denis Herman. « Par ailleurs, beaucoup de ces personnes portent un allèle particulier d’un gène (CETP), dont le produit tend à accroître la proportion du mauvais cholestérol dans le sang; mais la pertinence de ces observations est contestée par d’autres auteurs.»

03.L’oxygène, un poison vital

Une cause majeure de vieillissement est à rechercher dans l’oxygène. C’est une découverte étonnante qui remonte aux années 70 et qui peut sembler paradoxale, car rien ne paraît plus vital que l’oxygène que nous respirons. Pourtant, l’oxygène nous tue parce qu’il est capable d’oxyder beaucoup de substances (il fait par exemple rouiller le fer…). Ce n’est pas l’oxygène qui est en soi dangereux, mais deux de ses dérivés qui se forment dans les mitochondries : l’anion superoxyde et le radical hydroxyle. L’un et l’autre sont des radicaux libres, particulièrement agressifs pour les cellules et capables de les détruire. La production de radicaux libres crée un stress oxydatif qui entraîne une cascade de réactions biochimiques, cause majeure du vieillissement cellulaire.
Tout récemment, une équipe du laboratoire du professeur Anne Sainsard-Chenet, au Centre de Génétique Moléculaire de Gif-sur-Yvette, a montré qu’il existe un lien de cause à effet entre la respiration et le vieillissement. Pour cela, ils ont utilisé un organisme qui paraît très éloigné de l’homme, le champignon filamenteux Podospora anserina. Normalement, ce champignon se procure l’énergie dont il a besoin en « brûlant » des combustibles cellulaires, qu’il fait réagir avec l’oxygène. Mais, contrairement aux animaux, il peut aussi utiliser une voie, dite alternative, qui ne recourt pas à l’oxygène, mais produit beaucoup moins d’énergie : la fermentation. En coupant la voie respiratoire, l’équipe a montré que la production de radicaux libres diminuait et que la longévité du champignon était considérablement augmentée. « Dans les conditions habituelles, ce champignon arrête sa croissance lorsqu’il a atteint 10-15 cm (en 15-20 jours) ; à la suite à l’expérience, la plupart des mutants ont dépassé 2,50 m et poussent toujours après plus de deux ans », expliquent les chercheurs. Nous ne sommes pas comme Podospora, parce que nous ne pouvons pas nous passer d’oxygène. Mais notre métabolisme énergétique peut être diminué, simplement en diminuant l’apport en calories de l’alimentation.

04.Une réponse dans l’alimentation ?

« On a constaté qu’en réduisant la ration alimentaire de souris ou de rats élevés en cage, on augmente de plus de 50% leur longévité potentielle », rappelle Denis Herman. On sait aussi déjà depuis quelques temps qu’un autre animal de laboratoire, le ver Caenorhabditis elegans, est capable d’interrompre la croissance de ses larves en cas de restriction alimentaire, grâce au gène (daf-2). En période de disette, le gène daf-2 est activé et produit une substance qui rend les cellules aptes à répondre à l’insuline, une hormone impliquée dans le contrôle du métabolisme des sucres. Une simple mutation dans le gène daf-2 suffit pour multiplier par un facteur 2 à 5 la durée de vie moyenne de l’animal.

Surveiller ce que l’on mange et ne pas trop manger pourrait être l’une des recettes les plus efficaces pour vivre longtemps, parce que le rationnement réduit notre métabolisme, donc la production de radicaux oxydants. Une autre recette de longue vie, plus facile à mettre en œuvre, consiste à piéger les radicaux libres qui apparaissent dans les mitochondries. Pour cela, les chercheurs tentent de découvrir les substances anti-oxydantes les plus efficaces. Ils continuent aussi d’étudier la cellule, qui dispose de mécanismes de défense assez performants contre les radicaux libres. Ainsi, au CEA de Saclay, dans le Laboratoire des Stress Oxydants et Cancer, l’équipe de Michel Toledano étudie précisément la façon dont les cellules réagissent au stress oxydatif.

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Les fruits et légumes, sources de vitamines et d’antioxydants, sont nos alliés pour vivre plus longtemps.© Flickr.com

D’autres équipes testent les propriétés anti-oxydantes de substances qui pourraient être apportées par l’alimentation. Les vitamines C et E sont des antioxydants efficaces. La première est présente en abondance, notamment dans les fruits et légumes verts. Le vin rouge renferme les substances les plus prometteuses, parmi lesquelles figure le resvératrol. Produit en réponse à un stress (l’attaque de parasite ou la privation d’eau), ce polyphénol devrait être particulièrement concentré dans les vins produits en 2003. Lors d’études en laboratoire, des chercheurs ont découvert que le resvératrol prolonge de 70 % la durée de vie des cellules de levure, c’est-à-dire accroît de 70 % le nombre de bourgeons que les cellules mères sont capables de produire avant de devenir sénescentes. Le resvératrol ne se trouve pas seulement dans le vin rouge. Il en existe aussi dans les arachides, l’huile d’olive et d’autres aliments tirés de plantes. Une autre étude très récente a établi que le cacao possède aussi un certain pouvoir antioxydant, atténué toutefois par les protéines du lait, d’où l’intérêt du chocolat noir.

On dit qu’Alexandre le Grand rechercha la fontaine de jouvence, dont l’eau était censée atténuer ou même inverser les outrages des ans. Les thaumaturges que sont devenus les biologistes n’ont pas encore réussi à concrétiser le rêve du conquérant.