
La Cancha, c’est le grand marché de Cochabamba, je n’avais encore jamais vu une telle étendue, doublée d’une telle diversité et de tant de monde ! J’ai beau essayer d’en faire le tour, c’est juste impossible, à chaque fois je m’y perds, je me retrouve dans l’une des nombreuses avenues qui en délimitent la superficie et j’en suis bonne pour regarder à nouveau mon plan, voire essayer de me repérer à quelques bâtiments en hauteur, du style l’hôtel Canada ***, la banque BCP , voire même le corcovado de la colline…Il y a par exemple, une halle entière couverte avec rien que des bananes, des plantains, des normales, des petites. Ou bien encore des allées de téléphones mobiles et matériel hi fi. Ou de vélos, de pneus, de machines à coudre, d’aliments pour animaux (oui, on dit que les Boliviens crèvent la dalle, mais les croquettes whiskas s’achètent au poids), de céréales (où j’ai ENFIN pu voir quinoa, amarante, etc…). Bien entendu, c’est toujours difficile de faire des photos dans un tel endroit, les indiens n’aiment pas être photographiés. Alors parfois je demande, pour avoir un sourire sur des fruits et légumes. D’autre fois, je ne demande pas, la photo se laisse prendre, comme ça, sans que j’ai eu la moindre préméditation. Bon mon matériel est discret, j’ai pris mon petit appareil de secours, laissant l’autre enfermé dans ma chambre d’hôtel. C’est en déambulant ainsi, en me perdant dans les bruits, les odeurs, les couleurs, dans ce fourmillement intense de gens, dans ces allées où l’on peut aussi manger et boire à chaque détour, papillas de yuca au fromage cuits sur charbons, chicha de maïs, empanadas frits, conaques, jus d’orange, canne à sucre, maté…, que je suis tombée sur le marché des brujas, les sorcières. Elles ont de petits autels à la Pachamama, mais aussi toutes leurs herbes traditionnelles, et puis impressionants, des foetus de lamas séchés, à tous les stades ou presque de gestation. Je rappelle pour ceux qui ne savent pas à quoi servent ces foetus qu’il s’agit des offrandes qui seront faites à la Pachamama, avant des travaux importants, pour assurer le succès de l’entreprise…. Encore une chose qui a été soigneusement occulté pendant la Cumbre, comprenez, ça aurait fait désordre au milieu des végétariens et des écolos. Des foetus de lamas, et oui. La preuve…Pour cette photo j’ai demandé l’autorisation de photographier juste les foetus. Et à un autre stand, encore plus impressionnant, quand j’ai demandé, la sorcière m’a demandé un dollar, je lui ai rit au nez. Et n’ai pas fait de photo.
Les sorcières sur le marché, c’est quand même pas un truc courant. Comme j’avais vraiment une grosse crève, j’en ai profité pour demander à ce qui tenait plus d’une herboriste un remède. Et MAGIQUE, le nez dégagé d’un coup d’un seul. Incrédible , non? Bon, si les hypermarchés sont intéressants certes d’un point de vue sociologique ,franchement, les marchés ça vaut le coup d’oeil, surtout en Amérique du Sud. De grands marchés un peu exotiques et foutraques je ne connaissais que le marché …de Belleville. Et bien là, j’ai connu l’apothéose!!!!
Hasta luego! Dans quelques heures, je décolle avec une escale à Sao Paulo.
De retour à Cochabamba pour mon dernier week end, je repars lundi matin (début d’après midi en France)…






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Je n’ai rien vu de la route entre Tarija et Tupiza, et je crois bien que c’est tant mieux, je l’ai sentie la route, encore une nuit où on se sent reposé à l’arrivée…l’arrivée, Tupiza, 5h du mat, un froid de canard, je sors emmitouflée dans mon duvet,une habitude maintenant, les bus ne sont pas chauffés et pas de couverture…et dix heures sans bouger, on se refroidit… bref, la complainte de Klara passée, je cherche « el grano de Oro », non que je prospecte un nouveau filon, mais simplement parce que c’est la bonne adresse commnune aux divers guides consultés, et je n’ai pas à chercher longtemps : Sylvia, la patronne, est sur le pas de sa porte, j’entre et lui demande aussitôt si un prochain départ pour le sud lipez et le salar est prévu, j’ai de la chance, dès demain. 4 jours pleins. Arrivée dimanche à Uyuni. Du coup, je fais une croix sur la visite de la mine pilote de lithium, il faut dire que la personne de la COMIBOL que j’ai pour contact est un peu spéciale : d’abord elle m’écrit tous ses mails en majuscules, ce qui parait il en symbolique de langage typo dénote d’une certaine agressivité. Et puis en plus, moi, dès le début j’ai fait une bourde en l’appelant Yasmina au lieu de Yolanda (mais bon Dieu d’où vient donc cette inversion bizarre ?) . Bref, grâce à Google Trad j’avais pu écrire en espagnol et obtenir un rendez vous pour le vendredi, mais là c’est râpé, et je ne me sens pas de prendre un autre rendez-vous…Je passe une petite heure au cybercafé, moi qui m’étais super équipée pour bloguer en direct, me voilà limitée par la lenteur des connexions internet, et c’est vraiment bizarre , on change son rapport à la communication, moi qui était pathologiquement tout le temps en train de relever mes mails et d’y répondre, me voilà devenue un peu plus détachée… J’ai vite fait le tour de Tupiza, petite ville où tout le monde est super sympathique et souriant, rien à voir avec Tarija, bien plus froide ai-je trouvé. Ou question de feeling, je ne sais. Je fais un tour au marché, mange pour 5bs (soit 50cts…), 1 beignet de patates et de viande avec un grand verre de jus d’orange pressé dans la rue puis décide d’aller marcher dans la quebrada Pallala où se trouve un magnifique mille feuille rouge gigantissime témoin des premiers temps de la création de la terre, comme il fait chaud (incroyable cette différence de température entre la nuit glaciale et le jour …) et que je deviens habituée des transports motorisés, j’ai la flemme de marcher, et monte dans un mini bus, de la ligne 2 , qui dessert donc le cimetière et Pallala. Le chauffeur sympathise vite avec moi, il me pose plein de questions, et moi aussi, il a 25 ans, un enfant de 4 ans qui s’appelle Roberto, lui-même s’appelle Rinaldo…et il collectionne les pièces de monnaie, c’est sa façon à lui de voyager. Il me demande si j’ai des pièces françaises, j’essaye de lui expliquer l’euro, mais c’est un peu difficile avec mon espagnol de vache, enfin je lui dis que oui, j’ai des pièces mais pas sur moi, et que je lui donnerai toute à l’heure. Il m’emmène à Pallala, là où la quebrada commence, enfin il faut marcher un peu, en plein cagnard, et Rinaldo fait un peu de hors piste pour m’amener…en minibus si si, à l’entrée de ce lieu de western. Oui, on se croirait en Arizona, ici les falaises sont rouges et plantées dans du sable. Des cactus centenaires et des sortes d’aloès complètent ce décor de far west. Je passe une après midi délicieuse, à marcher seule , croisant parfois un âne, un troupeau de moutons, voire quelques lamas, ce qui m’a plongé dans une perplexité temporaire, ayant lu un peu tintin. Oui, vous imaginez, vous êtes seul, sur une piste de sable, et …vous tombez sur 5 lamas au milieu de la route qui vous regarde d’un air hostile…ben quand on connaît pas et qu’on a lu tintin, c’est plutôt une situation où on a envie de s’enfuir !!!Ce petit désagrément mis à part, lasse de la route (où les camions d’une carrière voisine passent en faisant une poussière du diable), je prends un chemin qui va vers ce qui ressemble à un mille feuille géant effectivement, marche méditative, pause et retour. Je me fais prendre en stop par un papa et sa fille, qui avaient du pronostiquer de ma nationalité et vouloir vérifier. ..Je termine en suivant la voie de chemin de fer, mythique… Et le soir, étant à Tupiza, je mange la spécialité de la ville qui comme son nom l’indique…est la pizza. Arrosée d’un verre de merlot argentin , un Colon. 50 Bs , dix fois plus qu’à midi ! (c’est le rapport coût de la vie habituel, prix touristes…)

