La visite de la mine d’Oruro et de ses alentours

Tôt ce matin, on part vers l’entrée de la mine d’Oruro. C’était une mine d’état, appartenant à la Comibol jusqu’en 1985 environ. Elle est aujourd’hui uniquement exploitée par des coopératives, à l’accès extrêmement contrôlé. On a de la chance, on est super bien accueilli par un mineur hyper désireux de nous faire visiter une partie de la mine. Il s’appelle Eleazar et s’avèrera être le meilleur conteur que j’ai jamais vu mais j’en reparlerai plus tard.
La visite d’une mine commence par le traditionnel achat d’offrandes pour le Tyo, un sac de feuilles de coca, une bouteille de mescal, un paquet de cigarettes….et un briquet avec une femme à poil dessus (il n’y a que ça dans la boutique).

La visite de la mine peut ensuite commencer. On entre par l’une des galeries principales, probablement l’une des plus anciennes. Elle est consolidée mais quand même : on apprend qu’un premier commandement du mineur, c’est de regarder attentivement le plafond, c’est toujours de là que vient le danger et on a tôt fait de se prendre une pierre sur la tête!

Manque de bol aujourd’hui, c’est panne d’électricité. Du coup il n’y a personne dans les galeries du bas. La mine s’étend sur une bonne dizaine de niveaux jusqu’à 350 m de profondeur. Là c’est l’enfer, une température ambiante de 50°C, les mineurs y restent à peine 1 heure à chaque fois avec une bonne dose de coca et d’alcool. On serait pas descendu si bas, mais bon , panne aidant, on se cantonnera à cette galerie principale. C’est déjà une bonne illustration.

La mine est extrêmement riche en minerais en tout genre , des pyrites, des calcopyrites, de l’argent sous forme d’oxydes, et bien sûr de l’étain. L’étain, comme on s’en sert pour toutes les soudures, forcément, c’est porteur!
Voilà Eleazard nous montrant un gros filon (en brun, c’est de l’étain) :

Et quand on a trouvé un filon, on le suit, jusqu’à …sortir de la montagne (on y reviendra)

Le minerai était chargé du temps de la Comibol sur des chariots qui passaient sur des rails. Quand la Comibol est partie, elle a pris les rails (!) mais laissé les chariots…

Bien sûr, le problème de la mine, à part le plafond, c’est qu’on creuse dans la roche, et que , loi de la gravité aidant, les parois ont parfois tendance à vouloir furieusement se rapprocher. On a beau mettre de grosses poutres entre , ce n’est pas sécurisant!

Et finalement au bout de quelques moments passés à marcher, on arrive au Tyo …

Et Eléazar nous raconte pendant une bonne heure délicieuse , en fraternisant avec la coca, (une bonne cinquantaine de feuilles mastiquées avec pas d’effet…Jacques m’explique que les premiers alcaloïdes ne sont libérés qu’en milieu alcalin d’où les plaquettes de cendres qui accompagnent souvent la mastication)… toute la mythologie du Tyo, cette « divinité » des mines , qui remonte au peuple Uru-Uru qui existait bien avant les Aymaras. Et, alors que partout dans les guides on lit que le Tyo est le parèdre de la Pachamama, la divinité de la fertilité, coup de théâtre, scoop ou exclu, Eléazar nous apprend que …le Tyo a sa Tya!

Et quand je lui demande pourquoi les femmes n’étaient pas admises dans les mines avant …2001, il m’explique que c’est parce qu’on pensait que le Tyo se désintéresserait de sa Tya en voyant d’autres femmes , et qu’ils n’enfanteraient plus le précieux métal. J’ai un récit de plus d’une heure sur toute la cosmogonie Uru-Uru, bien sûr on peut se dire qu’un seul témoignage ne fait pas foi, qu’Eléazard a réorganisé tout cela pour que ça fasse sens pour lui (d’ailleurs il le dit lui-même). Bref, trop long à raconter cette histoire de Tyo…

Enfin après , on ressort…

Le stade en chantier là, c’est Evo Moralès qui l’a donné aux mineurs d’Oruro, il leur avait demandé ce qu’ils voulaient et ils ont demandé un stade pour faire de la gym…On aurait pu choisir un autre endroit que celui -ci, probablement le plus pollué !

Et Comme les mineurs voient qu’on est motivés, ils proposent de nous faire traverser la montagne avec notre voiture!

les voilà à la sortie nos deux compères , Eleazar et George

La sortie de la mine est donc de l’autre côté de la montagne, mais à un endroit où l’on voit tous les filons …Un paradis pour les géologues, la pyrite abonde, l’hématite aussi (mais c’est moins joli , brut elle est juste rouge)…

Et puis de là haut on a un point de vue imprenable sur la mine d’Intiraimi , la mine d’or à ciel ouvert au cratère de 3 à 4 km de diamètre! Moi je trouve que le contenu du cratère a été déposé en forme de temple inca!

Après tout cela retour au point de départ… Et que deviennent les déchets miniers? Tout commence par un drain qui se déverse à ciel ouvert, plein d’oxydes de fer. Il paraît que quand il pleut on dirait du pschitt orange. Là c’est déjà pas mal!!!

Et pour ce qui est du minerai? Un projet de coopération hollandais avait envisagé d’enfermer les terrils dans de l’argile de les couvrir de terre et de végétation. Ainsi, plus de dangers. Mais les mineurs s’y sont opposés : ils veulent pouvoir continuer à exploiter ces tas. Et peut être ont-ils aussi envie que leurs enfants continuent à y jouer… le Bon Dieu veille même sur sur les tas….

Et puis tous ces déchets miniers…avec une croissance urbaine tellement monstrueuse, et bien ça fait du remblais pas cher. En effet, dans le coin, la zone est inondable et les maisons sont systématiquement surélevées d’un bon mètre! Un bon mètre de déchets miniers donc!

Sans même parler sur le site, des anciennes exploitations de la Comibol, comme cette « pré »-fonderie, une usine aujourd’hui désaffectée et sous contrôle militaire , qui préparait le minerai d’étain à fondre à la fonderie de Vinton (voir hier) à laquelle une route rectiligne mène.

En attendant, le drain traverse la ville, plus ou moins enterré, mais finit par rejoindre en bout de chaîne les égouts qui se déversent à ciel ouvert.

Un modèle d’études pour les chimistes car bizarrement en bout de chaîne ce n’est plus tant pollué que cela! des bactéries métallophages ont digéré une partie des problèmes…ça pourrait servir de modèle pour des bioréacteurs de retraitement de déchets miniers? Qui sait?

Une coopération allemande avait voulu faire une station d’épuration des eaux usées…léger problème auquel personne n’avait pensé : dans l’Altiplano, le soleil tue les bactéries et le froid les empêche de se reproduire! La station n’a donc jamais fonctionné! Des chercheurs essaient de mettre au point de la phytoremédiation pour que cette centrale arrive à fonctionner un jour…

Revenons aux eaux du drain et des égouts : elles se jettent…directement dans les eaux du lac popoo.




Et voilà la photo de la matinée.


Je raconterai la deuxième moitié de la journée demain. Il ne faut pas croire, mais je dors la nuit! En fait, il y a 6 heures de décalage horaire. Il est 6h22 à Paris, mais 0h22 ici. Je vais donc me coucher.

Les mines autour d’Oruro

Aujourd’hui, le voyage vers Oruro. 250km de route droite …et plate (on est sur l’altiplano qui comme son nom l’indique est un haut plateau , donc plat) bordée par la cordillère des Andes. On rentre un peu plus dans le vif du sujet. Première visite, l’hôpital. La consultation de Flavia qui suit les bébés nés depuis juillet 2008 ici. Une petite fille de 9mois charmante et tonique est examinée. Elle pèse 7 kg, soit le poids d’un bébé de 6 mois. Sa mère ne semble pas lui donner suffisamment à manger. En Bolivie, l’accès aux soins est gratuit depuis longtemps. C’est la SUMI, une sorte d’assurance sociale, qui existait même avant Moralès et était destiné aux enfants jusqu’à 5 ans. Moralès l’a étendu jusqu’à 15 ans, ainsi qu’aux vieux. La Bolivie est un des rares pays au monde à offrir un tel accès gratuit aux soins ! La SUMI est administrée par l’Etat, mais ça n’empêche pas la corruption : la mère du bébé trop léger raconte qu’elle a un autre enfant de 2 ans , très maigre lui aussi. Elle n’a pas beaucoup d’argent pour acheter suffisamment à manger. De fait, elle a droit à des sachets de céréales pour nourrir ses enfants, un par enfant…Mais elle n’en reçoit qu’un …qu’elle partage. Ceci explique cela. La consultation d’avant étant annulée, nous partons déjeuner, en marchant dans les rues d’Oruro, ça y est le soroche est vraiment passé, même si Flavia m’invite à ralentir mes pas.
J’apprends que pour manger sans risquer de tomber malade, le plus sûr est la viande grillée ou frite. Surtout pas de salades, ni de crudités à coup sûr c’est la turista. Alors, même quand on prend un hamburger, enlever la salade…. Moi le menu c’est nuggets frites et coca !
Et pour le café, ce sera à l’appartement. Il faut échapper à la tinta! Cet espèce d’horreur sud américaine qui consiste à torréfier le café avec du sang de boeuf et du sucre. La poudre noire étant mise à infuser pour faire une sorte de concentré de café que l’on allonge avec de l’eau…franchement pas fameux. Les chercheurs louent une appartement à Oruro, équipé d’une cafétière expresso. Et on peut se faire un bon café Alexander. le torrefacteur où j’avais d’ailleurs bu mon premier “bon” café bolivien avec Marie la veille.
Puis, l’après midi , visite guidée de la réalité minière.

Les mines d’état
Jacques m’emmène à Huanuni, la cité qui s’est construite aux pieds de la mine exploitée par la COMIBOL, la compagnie d’état d’exploitation minière.

Alors voilà l’histoire : La mine de la COMIBOL emploie 5000 mineurs. Elle est sous contrôle militaire et non visitable sans autorisation qu’il faut bien sûr demander très très longtemps à l’avance.

De la montagne on extraie l’étain. Les résidus des mineraux concassés et traités sont rejetés en contrebas de la mine. On pourrait attendre d’une mine nationale qu’elle prenne le soin au moins d’enterrer ses déchets ou de veiller à leur élimination. Non, non, tout cela se déverse formant un ruisseau qui sent les sulfures et à l’acidité remarquable.

De l’ordre de ph 1 à 2. Jacques me raconte que quand l’équipe de chercheurs environnementaux est venue avec ses outils pour procéder à des mesures de contamination….ils ont du jeter leurs outils à la poubelle tellement ils avaient été attaqués par ces fameux acides !

Cette boue de déchets miniers n’effraie pas les cochons qui viennent y manger sans complexes.

Enfin on se demande bien ce que peut contenir leur viande, notamment leurs rognons (l’équivalent de nos reins) qui savent si bien stocker le cadmium qui résulte des traitements des minéraux et qu’affectionnent particulièrement tous les boliviens! Ces déchets ne sont pas perdus pour tout le monde.

C’est là que nous rencontrons Machito (petit homme) qui n’a plus que 3 dents et fait partie des “contrebandiers” légaux de l’étain.

Cette boue, il la recycle en la faisant décanter dans de petits bassins arrosés 4 fois de suite.

L’étain étant plus lourd, il descend systématiquement au fond du bac, et les particules fines en suspension peuvent être éliminées avec l’eau résiduelle.


Il est d’une gentillesse rare, il explique en boucle son mécanisme de « Récupération  » (avé’ l’accent) pour être sûr qu’on le comprenne bien. Et montre la boue stanifère qui résulte de ces patients traitements. Et qu’en fait-il? Il le revend à la mine en haut!!!

En attendant, l’odeur de sulfures de ce ruisseau est assez insoutenable. La cité minière s’est développée à proximité si immédiate de ces exploitations que les enfants jouent au milieu de ces déchets hautement toxiques.


Je me dis  » mais une entreprise nationale qui fait autant de bénéfices (l’étain a fait la richesse de la Bolivie…) ne peut pas en reverser au moins une partie pour construire une ville à peu près décente? Ici rien ne semble avoir changé depuis un siècle, la ville est d’une extrême pauvreté, la prostitution y bat tous les records. »

2009, année de la terre, un parti écologique a peint ce manifeste sur le mur de la place :
“Comment veux-tu vivre? A toi de choisir!”

Et sorti de la ville, que voit-on? Encore des bassins de décantation….C’est dire si l’exploitation des résidus miniers se fait sur le long cours… Enfin, si on regarde le paysage ambiant, on commence à comprendre

On est dans l’altiplano! Car où va ce ruisseau toxique?

Il y a
Du ruisseau au fleuve et du fleuve au lac… certaines zones de terres sont complètement stériles, plus rien n’y pousse avant longtemps… situées à près de 4000m d’altitude , déjà qu’elles sont extrêmement fragiles….

Suite du parcours minier à Vinto, la fonderie qui appartenait à des fonds suisses auparavant et a été nationalisée par Moralès le 1er mai 2007. Tiens, on approche d’ailleurs du premier mai, et les boliviens se demandent ce qu’Evo va décider de nationaliser . L’an passé, c’était les stations services! L’essence est à l’état après tout! Dans une fonderie, le minerai est comme on s’en doute fondu. On récupère de l’étain pur sous forme de lingots.

Le problème est similaire : la fonderie est juste de l’autre côté …des champs où sont cultivés la quinoa de l’altiplano. Des prélèvements ont été faits : ils montrent que la quinoa (enfin pour les puristes, il paraît qu’il faut dire le quinoa) y est hautement toxique et parfaitement impropre à la consommation.

Un parcours-nature!

Puis, pour me montrer une mine d’or à ciel ouvert, illimani, exploitée par les américains New Mont, on prend une piste derrière la colline (on y arriverait par la route on ne nous laisserait pas passer) , et là c’est assez magnifique, l’altiplano de carte postale avec ces troupeaux de lamas qui bloquent la route !

L’endroit est tellement apaisant et calme que les premiers hommes d’ici, bien avant les incas, ont installé ici leurs monuments funéraires :

La mine industrielle de New Mont

Et c’est tout d’un coup qu’on arrive, derrière la colline , à la mine de New Mont. Alors là pour le coup, mine industrielle ultra sécurisée, gardée, tout est prévu. Le cratère fait plus de 3km de long. Cette vue dantesque est cachée par des remblais élevés …mais on devine l’intensité de l’exploitation. Jacques me raconte qu’on fait sauter la montagne à coup de dynamite …

Forcément , quand on a un cratère qui descend à 250 m en dessous du niveau du sol avec le fleuve à côté, ça se remplit de flotte qu’il faut éliminer ! C’est de l’eau salée en plus, inutilisable dans les processus miniers. Alors New Mont a construit une lagune soi-disant isolée du reste du Rio…. Il comptait au début sur l’évaporation naturelle mais a du bien vite installer des évaporateurs car il y avait encore trop d’eau!!!!

Et voilà à quoi ressemble la lagune. On voit les évaporateurs au fond. soi disant la pollution y est totalement contrôlée. On peut imaginer que c’est en partie vrai! Dans le contexte actuel un industriel américain n’a pas envie de prendre le moindre risque!!!!

Troisième et dernière visite : les mines des coopératives

On est prévenu : ici tout voleur sera …lynché. Les mineurs ne sont pas vraiment des rigolos. Une coopérative, c’est un nom sexy, qui évoque une force de cohésion, un relent de syndicalisme, quelque chose de corporatiste. Que nenni! C’est ni plus ni moins qu’un capitalisme déguisé. Pas de patrons, c’est sûr.. Mais ici, on fait partie d’un ensemble bien réglé. Ceux qui creusent , ceux qui moulinent, ceux qui fondent…. c’est une hierarchie!

Ah voilà ! depuis le temps qu’on en cherchait des bassins de décantation avec des oxydes de Fer 3+, qui donnent cette si jolie teinte rouge sang! Derrière on devine un stade de foot. Pas très sain de jouer au foot ici!


Le soir, rebelote de viande…du boeuf grillé. très bon . Et de la bière bolivienne, pas mal.
Et après , pfff….que de boulot pour mettre en forme mes notes! encore quelque peu incomplètes….

L’arrivée à El Alto

Surprenante arrivée à El Alto, la cité tout en haut de la Paz. plus de 4000m d’altitude. En sortant, je vois les bouteilles à oxygène qui semblent attendre les malaises. Curieusement, cela va très bien. Un taxi m’emmène chez mon hôte dans sa magnifique maison qui donne sur les montagnes de la cordillère.

Il est 7h du matin environ heure locale. Le petit déjeuner , tout va bien. Mais ensuite…aïe l’étau dans la tête et une furieuse envie de vomir , un sentiment de malêtre général. churito on l’appelle ici. Le mal des montagnes m’a saisi! Repos, maté de coca, et l’après midi, déjeuner dans le jardin avec donc le responsable du programme de l’IRD que j’accompagne dans les mines d’Oruro la semaine prochaine , le chercheur phare sur les glaciers boliviens , un historien de la bolivie, et puis un écrivain espagnol qui a refait l’expérience de Robinson Crusoë sur son île (et qui disait qu’il n’y avait vraiment rien d’autre à y faire qu’à écrire! peut-être que je devrais moi aussi tenter l’expérience?) , et pour finir l’actuel directeur du CCFD (le comité catholique contre la faim) , anciennement directeur du Centre Bartolomé de Las Casas au Pérou. Il y avait aussi le plus grand peintre bolivien,. Ainsi que la femme de l’historien, elle aussi historienne, mais plutôt d’ethnomusicologie et de gastronomie andine. Elle organise des fêtes où elle fait venir les grands groupes populaires de musiciens boliviens et tout le monde danse et fait la fête en mangeant la fameuse pikantès, la spécialité locale, qu’on fait avec du poulet, de la vache ou toute sorte de morceaux. (voir ci-dessous)
Au menu, c’était de la langue de vache avec une sauce piquante, et des tuna, une spécialité locale qui consiste à écraser des pommes de terre avec les pieds, à les mettre sur la montagne, où la nuit il gèle et le jour il fait chaud et ça fond, 10 jours d’affilé. Et ben on a des flocons un peu genre mousseline mais en moins sec. Etonnant . Bref, mon mal des montagnes m’a bien entendu empêché de remplir mon assiette ! Et de goûter au vin argentin qui accompagnait l’ensemble. Mais après 4 ou 5 verres de coca (cola) ça allait nettement mieux et du coup j’ai pu profiter du délicieux dessert. Une mousse d’un fruit dont j’ai déjà oublié le nom (loucouma ou quelquechose comme ça) qui ressemble à un avocat avec une chataîgne comme noyau…j’en rapporterai, c’était trop bon. un goût de fruit de la passion avec une pointe de caramel et de noix. Délicieux!
Sur l’exploitation minière, je commence à creuser le filon!


C’est une histoire bien humaine : des industriels sur équipés canadiens , américains, etc…viennent “acheter” les concessions d’exploitation des montagnes, qu’ils creusent à ciel ouvert. Ils mangent les montagnes et les déplacent , forcément puisqu’ils n’extraient que ce qu’il y a de bon à prendre. Au Pérou, plusieurs villes sont même carrément déplacées. On donne une indemnité de 15 000 dollars à des paysans qui font paître leurs troupeaux sur ces terres très riches. À eux de se débrouiller pour la suite. Mais qu’ils se cassent! Alors qu’au niveau social , cela pose bien sûr des problèmes redoutables. Car beaucoup cèdent à l’appât de tant d’argent…sans pour autant avoir un développement à long terme!
Il y a par exemple en ce moment la montagne Rumi Rumi où avait été arrêté Atahualpa, le roi inca. Riche en or, une compagnie minière envisage aujourd’hui de décapiter cette montagne….
En Bolivie, les exploitations sont ou des entreprises nationales ou des coopératives ou des syndicats ou des industries. Les coopératives sont en fait du capitalisme sauvage qui n’ont de coopératif que le nom. C’est un peu anarchique par endroit, comme à Oruro où je vais après demain. Peut-être dans 15 jours je vais à Sucre, voire là pour le coup les conséquences des exploitations minières…des gens qui n’en tirent aucun bénéfice et qui n’en ont que les désaventages, leurs salades et leurs carottes sont contaminées pour longtemps… Je ne sais pas si j’aurai le temps de tout faire. On m’a parlé du Pando aussi, sous contrôle militaire total après un « massacre » en septembre dernier. En fait, politiquement c’est compliqué, le MAS, le parti de Moralès fait « marcher » les paysans pour récupérer des terres. Il y a eu un préfet assasinné, et représaille, 10 paysans ont été assassinés. du coup la zone est sous contrôle. De l’autre côté du fleuve, les Bresiliens pillent la forêt amazonienne bolivienne comme ils n’en ont plus cheez eux. Les scieries sont de l’autre côté du fleuve. Et la déforestation de contrebande est en marche, les arbres sont abattus et passent le fleuve, contre bien sûr tous les avis des populations locales. On a beau jeu de dire que les paysans veulent de la terre, ils ne tirent rien de l’élevage qui n’a vraiment rien de durable. La résistance s’organise et les scientifiques qui constatent avec la déforestation la chute de la biodiversité, pourraient apporter du crédit aux organisations de paysans qui tentent de freiner ce pillage. Le sujet est tout de même un peu chaud (les brésiliens qui font de la contrebande ne sont pas des enfants de coeur) et on verra, si j’ai le temps , j’aimerai bien voir la jungle .
On a parlé aussi de Bolloré et du lithium. Mais rien n’est signé en fait. Et avec l’histoire récente (3 types assassinésla semaine dernière à Santa Cruz , un irlandais, un croate , un hongrois, suspectés d’avoir fomenté un attentat contre Moralès. En fait, aucune preuve de rien. Sauf que aujourd’hui même , les industriels pour lesquels ils étaient censés travailler ont vu tous leurs biens confisqués! On voit mal comment Bolloré signerait un contrat dans un tel contexte d’instabilité. Et puis le lithium, il y en a au moins autant dans le désert de l’Atacama qui prolonge le salar de Uyuni….alors on voit mal comment Bolloré ne préfèrerait pas signer dans un pays stable comme le Chili qui a en plus un accès direct à la mer. L’accès à l’océan, c’est ça qui manque à la Bolivie, et les négociations avec le Chili sont mal parti depuis que Moralès a traité le président péruvien de gros porc!

Le voyage en avion….


Bon ben voilà, 3h15 heure française . Bien évidemment, le décalage m’a décalqué. quoique. En fait j’ai passé une super journée. Tout le monde n’a pas la chance il est vrai d’avoir une cousine à Miami. Enfin moi je l’ai. En vrai, elle habite Palm beach, c’est à peine plus loin. Mais elle était venu me chercher. Et on s’est fait…une plage! Un brin de vacances sous les tropiques, les kite surfers, les joggerse fous, bref, j’étais pour de vrai dans une vraie série américaine. Avant le voyage de 10 h et plus pour relier Paris et Miami, je l’ai pas trop senti. J’avais eu la bonne idée de passer une nuit blanche la nuit d’avant -de toutes manières je suis toujours tellement speedée qu’il me faut au moins cela pour être sûre de ne rien oublier! Donc…dans l’avion….même si j’avais la tête collée au hublot, j’ai dormi. Réveillée régulièrement comme à l’hôpital par les stewarts et hôtesses qui ne manquent pas de demander “dyouwantsomethingtodrink?” Et qui portent le repas à 12h , le goûter à 16h, le dîner à 20h…pendant ce temps , il n’y a que 4 heures qui passent, alors forcément on a l’impression de ne faire que ça, manger…
Alors après manger, faute de pouvoir bouger faire quelques pas, je regardai par le hublot… et j’ai vu la banquise… (la preuve sur la photo) et puis aussi d’autres paysages.

En arrivant sur Miami, j’avais l’impression d’être dans le sim’s, vraiment. Tout est net et propre, les rues sont taillées au cordeau, l’espace se délimite en carrés réguliers. Moi comme c’est la première fois que je vais en amérique, ça m’a beaucoup étonné. J’avais vraiment l’impresssion d’être dans un jeu video.

Bref, à l’aéroport, après le passage de tous les barrages de contrôle (mains, photo d’identité et interrogatoire serré, j’ai retrouvé ma cousine Regina et sa fille Laura. 8 ans que je n’avais pas vu ma cousine!

Et comme on était sur la même longueur d’ondes, direction les planches de Miami Beach, ses dunes de sable pleines de palmier.

Magnifique balade dans le vent et le chaud. Pour rigoler, incursion dans l’Eden roc, un espèce de palace monstrueux qui accueille que des américains de carte postale. C’était rempli de gens huppés, des qui ont les moyens de pas devenir obèse! Et pour finir petit tour au centre de Miami, ambiance vacances en Espagne, plein de musiciens. J’ai mangé une glace, tout est démesuré dans ce pays. Enfin ça ce n’est pas nouveeau, c’est limite une platitude que de le dire!!!!

Alors la suite, c’est un peu d’attente à Miami, avec la désagréable surprise de voir que le wifi y était payant…Le vol où j’ai dormi tout du long. Et l’arrivée, avec la sensation quand même d’avoir bien la tête qui tourne. 1/2 h de voiture pour arriver là, chez Marie Danielle Demelas.
Splendide maison…avec le wifi !

fin prête?

pfff, tu parles…je suis toujours d’une lenteur insoutenable sur les bagages. Faire, refaire, défaire…c’est qu’il ne me reste plus tant de temps que cela pour tout finir. Oublier quelque chose? et alors . mais pourquoi je stresse donc comme ça….

Secrets des médecines alternatives : Guide pratique pour se soigner autrement

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  • Editeur : Selection Reader’s Digest (30 avril 2009)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2709820382
  • ISBN-13: 978-2709820387
  • 25€

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En attendant ….Grenelle


À quelques jours d’un très attendu « Grenelle des antennes », les ondes électromagnétiques agitent la France, sur fond de procès, de controverses scientifiques… et de nouvelles résolutions adoptées par le Parlement européen.
Depuis quelques mois, la multiplication des victoires juridiques obtenues par les riverains d’antennes-relais contre les opérateurs inquiète le marché français de la téléphonie mobile. Les riverains sont montés au créneau,  trouvant la  parade à l’inaction : instaurer un rapport de force pour faire démonter les antennes par voie de justice.
Au mois de mars, pas moins de cinq nouveaux procès ont démarré. Et à ceux qui pourraient dire que l’avocat, toujours le même, Maître Forget a trouvé une nouvelle clientèle pour renflouer son cabinet, on rétorquera que c’est un avocat engagé, qui fait partie des robins des toits. D’ailleurs, le président des robins des toits rappelle que l’avocat a même trouvé le moyen pour que cela coûte aux plaignants le moins d’argent possible (S’agissant souvent de locataires d’immeubles HLM (car il est plus facile pour les bailleurs de négocier avec les bailleurs sociaux), il leur propose de se regrouper en mini classe actions (il suffit pour cela que les locataires regroupent les indemnités forfaitaires dont ils disposent contractuellement pour couvrir les frais de justice liés aux préjudices qui les opposeraient à leurs bailleurs (500 à 700 euro).)

Les politiques, tout comme l’académie de médecine ont critiqué  le fait que ce soit des décisions de justice. Mais comme le rappelle Maître Forget, les magistrats se sont prononcés sur des pièces, émettant pour la plupart d’opérateurs ou de scientifiques dépendant des opérateurs. Les juges ont reconnu qu’il y avait une controverse scientifique. Le constat d’une controverse fait naître chez les gens exposés un sentiment de peur qui justifie la reconnaissance d’un trouble anormal du voisinage, justifiant l’application du principe de précaution.Un argument avancé par les opérateurs est que l’état est propriétaire de l’air et qu’il a donné aux opérateurs l’autorisation d’utiliser l’air. Que démonter l’antenne c’est porter atteinte aux services publics, que ça relève donc du tribunal administratif et non de la justice.

Pour mettre un terme à ces tensions, anxiogènes pour le grand public, un « Grenelle des antennes » doit se tenir le 23 avril prochain. Les déclarations des scientifiques français « officiels », de l’Académie de médecine par exemple, se veulent rassurantes et n’invitent pas à la révision des normes actuelles d’exposition. Elles donnent du grain à moudre aux opérateurs de mobiles et au législateur tout en attisant les colères de scientifiques indépendants, d’associations d’usagers et des Verts.
Les débats font rage, comme en témoignent les colloques et réunions publiques organisés en préambule de ce Grenelle :

Au Sénat, le 23 mars dernier, un colloque organisé par les sénateurs Marie-Christine Blandin et Jean Desessard à l’initiative des associations Robin des Toits et Ecologie Sans Frontière et du syndicat Supap-FSU a donné la parole aux scientifiques militants pour des réglementations plus strictes sur la foi des résultats des études qu’ils ont menées. À  cette occasion, Marie Claire Daveu, directrice du cabinet de Nathalie Kociusko-Morizet , au nom de la secrétaire d’état à l’économie numérique a rappelé une autre pierre d’achoppement : l’exigence de couverture des territoires par la téléphonie mobile et les réticences de élus préoccupés par le développement des infrastructures. Au moins, la volonté de démonstration scientifique que montrent les associations aura été reconnue : « c’est la seule qui peut justifier le principe de précaution ». Paradoxalement, le conseiller scientifique  de l’Association Française des Opérateurs de Mobile ou les représentants de l’académie de médecine brillaient par leur absence. Ainsi que L’AFFSSET restée singulièrement muette. Absente, au départ parce que NKM n’y était pas, puis, à l’annonce que sa chef de cabinet y serait, lettre circonstanciée disant qu’ils ne voulaient pas intervenir avant la publication de l’étude en cours ! a rappelé Marie Christine Blandin.

Le 6 avril, à l’Assemblée nationale, c’était au tour de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques de rassembler scientifiques, associations, décideurs – français et étrangers – pour une audition publique sur les antennes relais à l’épreuve des inquiétudes du public et des données scientifiques. Bernard Accoyer nous a offert quelques belles perles lors de son allocution d’ouverture.. Et André Aurengo, de l’Académie de médecine, critiqué pour son appartenance (« bénévole », a-t-il précisé) au conseil scientifique de Bouygues Telecom, n’a pas manqué contester comme on s’y attendait toutes les études montrant des effets nocifs des champs électromagnétiques en les qualifiant de fausses, voire de frauduleuses. Sa remise en cause va jusqu’à la légitimité de la norme de 0,6V/m , qui est aujourd’hui mise en avant et exigée par les associations d’usager (ou 1mW/m2). En effet, cette norme selon lui proposée en 1998 par Oberfield, s’appuye sur la base d’une étude de Mann et Röschke de 1996 qui montrent un effet des ondes à 900MHZ à 500mv/m2. Appliquant un facteur de sécurité de 500, ils aboutissent à cette norme de 1mW/m2. Le problème étant pour lui que ces auteurs eux-mêmes ont refait leur étude deux ans plus tard…et n’ont pas retrouvé ces résultats. De même comme l’étude de Rubik en 2005, dans Psychosomatic Med, semblemontrer qu’il n’existe effectivement aucun système sensoriel permettant de ressentir des ondes de radiofréquences, c’est bien que l’EHS serait une maladie…psychosomatique ! Et puis, Bioinitiative ne serait pas une étude scientifique, ce serait pour ça que l’OMS aurait refusé de la commenter. En plus, Cindy Sage, l’une des auteurs du rapport, est aussi la pdg d’une entreprise vendant des dispositifs de protection contre les champs magnétiques, Aurengo se défend  ainsi d’être le seul à être soumis à  un conflit d’intérêt ! (Mais bon ,il est facile de jouer de sa stature de médecin pour impressionner un auditoire avec des diapositives. D’ailleurs, dans un souci de transparence toute scientifique, Aurengo avait même été jusqu’à promettre les powerpoints de ces diapos à qui voulait les avoir, (personnellement je les lui ai demandées…il ne m’a toujorus pas répondu!!!) ….)

Dans chaque camp, les débats deviennent vite passionnels autour de la question de la nocivité des antennesrelais. Au point que le grand public ne sait plus à quels experts se vouer : l’expertise « officielle » est critiquée pour les inévitables conflits d’intérêts qu’elle soulève… Alors que l’expertise « indépendante » est tout simplement taxée de « pseudoscience ». Ainsi, la question de l’effet des champs électromagnétique sur la santé humaine divise la science, donc l’opinion . Et puis, fait hautement suspect, comme le rappelle Bakchich aussi cette semaine, les compagnies d’assurance refusent généralement de couvrir le risque en responsabilité civile concernant les champs électromagnétiques. Connaissant la capacité des assureurs à évaluer tout type de risque et à parier sur l’avenir, « on est en droit de s’interroger sur les raisons qui les motivent à appliquer à leur façon le principe de précaution! « 

Des études ont certes montré des effets, mais pour être « validées » les résultats doivent être reproduits. Car, le principe du fait scientifique est d’être reproductible. Ainsi, si une étude montre un effet quelconque, d’autres études fondées sur les mêmes protocoles sont attendues montrer les mêmes résultats. En revanche, si la dite étude ne montre pas d’effet, la question de sa validité scientifique est remise en cause.  Et jusqu’à présent, c’est là que le bât blesse. une étude qui montre un effet est refaite…par des scientifiques du  » camp adverse », celui des opérateurs de mobile…Et puisn plus le temps passe, plus c’est difficile :  les différents rapports réalisés par les commissions nationales d’évaluation des risques en Europe pointent toutes le manque d’études épidémiologiques. Elles deviennent même de plus en plus difficilement envisageables, faute de « population témoin », tout le monde étant potentiellement exposé. Ces études (in vitro ou sur l’animal) ne montreraient rien de bien probant,  en tout cas rien qui permettent de lever tous les doutes et d’aboutir à un consensus scientifique.

À Bruxelles, deux récents rapports invitent à plus de prudence. Le premier émane des experts du Comité scientifique sur les risques de santé émergents et nouvellement identifiés (SCENIHR) de la Commission européenne (1) . Le second, d’une parlementaire belge, Frédérique Ries, adopté au Parlement européen à une écrasante majorité (559 voix) le 2 avril (2). L’un comme l’autre réaffirment la nécessité d’appliquer le principe de précaution quant à l’exposition des citoyens aux champs électromagnétiques, faute de données scientifiques suffisantes.Ainsi,  selon le rapport Ries, il faut agir rapidement, sans attendre le résultat des études scientifiques et appliquer le principe de précaution en limitant le champ électrique à trois volts par mètre (V/m), comme l’on déjà décidé neuf Etats membres. Pour comparaison, la limite européenne actuelle est de plus de 40 V/m aujourd’hui. Il préconise également une vaste campagne d’information sur les bonnes pratiques à connaître quand on a un téléphone portable, d’éviter d’implanter des antennes-relais ou des lignes haute tension à proximité d’écoles, de crèches, de maisons de retraite ou d’institutions de santé et de rendre public des cartes notifiant les degrés d’exposition aux ondes électromagnétiques. Et donc de réviser, bien qu’aucune loi européenne n’oblige les États membresà prendre des mesures particulières en matière d’ondes, les normes limites d’exposition de juillet 1999 sur la base de valeurs préconisées par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP) : les antennes-relais GSM, DCS et UMTS doivent être respectivement en dessous de 41,25, 58,33 et 61 V/m… Des valeurs qui restent élevées et justifient le principe dit « Alara » (as low as reasonably achievable) en vertu duquel l’exposition aux rayonnements doit être aussi faible que possible « raisonnablement ». À l’instar de certains États membres, qui l’appliquent déjà : la Grèce, la Pologne, ou l’Italie ont adopté des normes plus sévères d’exposition atteignant même 3 V/m en Belgique et au Luxembourg. La France, elle, attend son Grenelle.

(1) « Health Effects of Exposure to EMF » Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks (SCENIHR), Commission Européenne, 19 janvier 2009, 84 pages (pdf)

(2) Rapport sur les préoccupations quant aux effets pour la santé des champs électromagnétiques,  Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité Alimentaire  (Rapporteure: Frédérique Ries), janvier 2009, 11 pages  ( lien non valide…)

A suivre à l’antenne de Radio Ici et Maintenant, le 16 avril de 14h à 17h30 . Mon invité sera Maxence Layet. Et le 19 avril à 23h. Mon invitée sera Annie Lobé, de Santé publique éditions. (Voir page « nouveau »)


L’électrohypersensibilité

Le témoignage d’une électrosensible : [audio:evy.mp3]

Le professeur Belpomme a présenté les premiers résultats d’une étude qu’il mène sur le Syndrome d’Intolérance aux Champs Electromagnétiques (SICEM). Il se base sur une série de 88 malades qui se sont présentés avec un SICEM. Il dit avoir été auditionné pendant plus de 3 h par l’AFFSSET. Son étude porte sur 88 malades, 24 hommes et 64 femmes, âgés de 47 ans en moyenne. Il décrit une pathologie démarrant d’abord par des douleurs cervico-cranio-faciales (céphalées) comme des syndromes méningés, des troubles de la sensibilité superficielle et profonde, ainsi qu’un déficit d’attention ou de concentration. Puis, par de l’insomnie, de la fatigue et de la dépression. Ont été objectivés des résultats à l’échodoppler cérébral pulsé témoignant d’une activité similaire à la maladie d’alzheimer, témoin d’une souffrance cérébrale majeure, ainsi qu’une augmentation des protéines de stress cellulaire HSP27 et ou HSP70, ainsi qu’une baisse de la mélatonine dans les urines.  Il est parvenu à établir un lien avec la présence de CEM, sur la foi des déclarations des gens (lorsqu’ils sont en présence d’un tel champ, ils disent aller mal, mais mieux lorsqu’ils en sont loin)…sur la foi de résultats biologiques chez l’animal et enfin, sur la base de tests de provocation (zone blanche avec CEM < 0,1 V/m puis zone avec CEM de l’ordre de 3 à 4 V/m. A chaque fois, l’EEG a montré un retard à la fermeture des yeux. La distinction avec l’electrosensibilité est justifiée selon lui par la distinction entre ce qui pourrait être génétique et ce qui est acquis. Le SICEM s’acquiert.  Belpomme est convaincu que c’est en lien avec la présence de magnétosomes, et a pour projet de les doser dans les cellules pour voir s’il y a une corrélation entre le taux de magnétosomes dans les cellules et les symptômes.  Les magnétosomes sont des agrégations de 50 à 100 cristaux de magnétites, il y aurait des millions de magnétosomes dans nos systèmes nerveux, en particulier dans les   les cellules gliales (astrocyte)  , cités par Kirschvink JL, Kobayashi-Kirschvink A, Woodford BJ. Magnetite biomineralization in the human brain.Proc Natl Acad Sci U S A. 1992 Aug 15;89(16):7683-7.
http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?tool=pubmed&pubmedid=1502184 (texte intégral)
Kirschvink JL, Kobayashi-Kirschvink A, Diaz-Ricci JC, Kirschvink SJ. Magnetite in human tissues: a mechanism for the biological effects of weak ELF magnetic fields. Bioelectromagnetics. 1992;Suppl 1:101-13. Review.
Kobayashi AK, Kirschvink JL, Nesson MH    Ferromagnetism and EMFs. Nature. 1995 Mar 9;374(6518):123.
L’évolution de la maladie se fait selon une régression des symptômes, une atteinte dégénérative du SNC, une surdité de perception, un neurinome, un cancer… Ailleurs, en Suède, le professeur Johanson a rappelé que l’EHS est reconnue comme un trouble fonctionnel depuis 2000, qu’il y aurait en Suède de 230 à 290 000 suédois atteints..que ces personnes relèvent des lois sur l’égalité des chances  des handicapés…

Les préparatifs …

Les perspectives du voyage se précisent. Je commence à faire un point de l’équipement….je commence aussi un peu à flipper…principale raison : je ne parle pas espagnol! un peu gênant assurément…
Je devrais voyager, voir du pays. Un peu peur de l’insécurité en tant de situation politique,qui se tend un peu, puisque Evo Moralès a commencé une grève de la faim il y a quelques jours. Didier toujours le mot pour rire a commenté mon prochain départ d’un « Tu vas nous faire ta betencourt? », assorti du « N’oublie pas de prendre un T-shirt de la radio » d’Alex. Retour prévu le 16 ou 17 mai…de cette année, non mais!
On me demande d’intervenir à l’autre bout du pays, dans des lycées francophones, en région semi-tropicale…pfff….je flippe des moustiques et de la dengue. Faut dire que c’est pas bien drôle comme maladie.
Bien, revenons à une rationalité plus pragmatique. Me restent de l’équipement à prévoir et du boulot à finir.

La stévia en bref

paru dans Alternative Santé, février 2009

Saviez-vous qu’une feuille séchée réduite en poudre de Stevia rebaudiana , une plante qui pousse dans les forêts d’Amérique du Sud, sucre autant que   15 fois son poids en sucre ?

Tout en affichant zéro calorie et des propriétés non négligeables pour notre santé, la stevia est une alternative au sucre et peut répondre au fléau mondial qu’est l’obésité.  Pourtant, en Europe, la tendance est à la prudence et la législation peut paraître quelque peu ubuesque ! Car pour utiliser une plante en Europe, il faut qu’au moins un des pays de l’Union la consomme. Or ce n’est pas si simple pour une plante, qui si elle peut pousser partout,  y compris dans nos jardins, est originaire d’Amérique du Sud.

La Stevia n’est pas un OGM !

Stevia rebaudiana , parce qu’elle n’était   pas consommée de façon significative en Europe avant 1997 (« même si l’on pouvait la trouver en Belgique dès 1984 !  », précise-t-on chez Guayapi Tropical),  dépend   du règlement européen Novel Food, relatif aux nouveaux aliments et aux nouveaux ingrédients alimentaires. Un règlement dont font partie…les OGM. Et dont auraient pu faire partie en leur temps la tomate ou la pomme de terre ! « Pas question de se soumettre à cette étiquetage injuste ! Pourquoi une plante utilisée depuis des millénaires par les Amérindiens serait-elle nouvelle en Europe, et mise sur le même plan qu’un OGM ? »  a rétorqué Claudie Ravel, fondatrice de Guayapi Tropical, une société spécialisée dans les plantes amazoniennes. Une détermination qui coûte cher : la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) accuse Guayapi Tropical de tromperie , pour avoir vendu de la poudre de feuilles de stevia comme «complément alimentaire à fort pouvoir sucrant» . Condamnée en décembre dernier à une amende de 4000 € , la société Guayapi Tropical a fait appel depuis!

Du jardin à l’industrie, elle séduit !

Si la commercialisation de la poudre des feuilles est compliquée, il est en revanche autorisé de cultiver la belle stevia chez nous ! Et des sociétés  en commercialisent les plants, officieusement comme plante d’ornement. Rien n’empêche ensuite de la consommer à la place du sucre : il suffit d’en faire sécher les feuilles et de les hâcher… ! Bien sûr, de façon plus sophistiquée, il existe aussi des procédés industriels permettant l’extraction des molécules donnant le goût sucré  (glycosides de steviol, stéviosides et rebaudiosides) et donc l’obtention d’un   édulcorant naturel. Les géants américains du soda que sont Coca-cola et Pepsi ne s’y sont pas trompés et s’apprêtent à utiliser l’un de ces  composés dans leurs boissons sucrées à la place de l’aspartame, dont la côte est en baisse auprès du grand public.  Une autorisation qui ne se fait pas sans encombre puisque le groupe Coburn & Coffman PLLC, a déposé une pétition pour demander l’interdiction de la stevia dans les aliments courants. Le motif ? Des recherches thérapeutiques doublées d’essais cliniques ont été menées sur la plante en médecine, en particulier ses effets sur la pression artérielle et les taux de sucre dans le sang ! Ce qui assimile la stevia un médicament et compliquerait son introduction dans l’alimentation courante.

Cette plante est-elle bien sans danger ?

On pourrait en douter à première vue : des études menées sur des animaux ont montré une toxicité sur les reins et sur les organes reproducteurs des mâles. Mais d’autres études ont aussi montré l’innocuité de la plante sur tous les organes. Il a par ailleurs aussi été souligné aussi que les doses utilisées dans les premières études étaient  bien  largement supérieures à celles qu’aurait à absorber un être humain n’utilisant la stevia qu’en édulcorant! Les autorités françaises et européennes   ont également argué d’un prétendu potentiel contraceptif pour interdire sa mise sur le marché. Cependant, Coca-Cola et Pepsi se sont mis eux-mêmes  à la stevia, en se fondant sur la dernière étude de 2008 qui établit scientifiquement l’innocuité des extraits de stevia rebiana dans les boissons et aliments !  Et on pourra souligner la situation étonnante qui consiste à autoriser des extraits aux brevets déposés (pas moins de 24 pour la stevia !)… tout en restreignant la diffusion de la plante qui les contient naturellement et a cet usage depuis des millénaires !

Sites web :

 www.steviafrance.com

 www.guayapi.com

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Le bonheur est dans le métro

 
Le bonheur est dans le métro

Vincent, conducteur de la ligne 2, nous le rappelle avec ses annonces , qu’il accueille les gens, comme ici :

 

 

 

 

 

 

[audio:http://clara.delpas.free.fr/audio/Clara+metro+annoncevincent.mp3]

ou qu’il leur parle de bonheur comme là : [audio:http://clara.delpas.free.fr/audio/Clara+metro+annoncevincentbonheursoleil.mp3]
Ses facéties amusent les wagons ! La preuve? [audio:http://clara.delpas.free.fr/audio/Clara+metro-ambiancewagon.mp3]
D’un bout à l’autre de la ligne… [audio:http://clara.delpas.free.fr/audio/Clara+metro+annoncevincentterminus.mp3]
En passant par des stations emblématiques… [audio:http://clara.delpas.free.fr/audio/Clara+metro+annoncevincentternes.mp3]
Bon, le métro, c’est un trip plutôt sympa. Depuis la loge, on voit
l’extérieur, comme si on était vraiment sur les voies… allez, une
visite guidée?
[audio:http://clara.delpas.free.fr/audio/Clara+metro-ligne2description-2mn.mp3]
Pour finir, ça nous fait une émission de radio  !* [audio:http://clara.delpas.free.fr/audio/Clara+Lebonheurestdanslemetro-181208-1h55.mp3]

* On y retrouvera aussi , toujours sur le thème du métro, la compagnie des Strapantins ainsi que le fondateur du site Dilelui.com, inspiré à la fois par le coup de foudre qu’il avait eu pour une compagne de bus, et par la nostalgie des petites annonces du Libé du temps jadis…