Réchauffement climatique : quels risques pour la santé ?

Le changement climatique entraîne de nombreux risques pour la santé humaine. Une santé d’autant plus menacée que le récent sommet de Copenhague s’est soldé par un échec …cuisant !  

Paru dans Alternative Santé Février 2010

 

Le récent sommet de Copenhague, qui s’est tenu du 8 au 19 décembre dernier,   sous l’égide des Nations-Unies,  était supposé rassembler  par une sorte de «  contrat de confiance » 192 pays autour de la cause climatique. L’enjeu ? Un accord permettant de garantir à la planète un réchauffement inférieur à 2°C d’ici 2050.  Dans les faits, l’accord soumis aux discussions avait été rédigé par une poignée de pays et n’a pu être imposé au reste du monde. Car le sommet de Copenhague n’était pas un G20  et les pays en développement ont clamé haut et fort leur refus d’un   accord reflétant « un processus totalitaire et un manque de respect de la part des pays industrialisés » ! S’il y a un côté rassurant dans cette capacité de refus (non, décidément, tout n’est pas joué d’avance!), l’avenir de la planète reste menacé : car en l’état actuel des choses, l’élévation de la température  devrait avoisiner les 3¨C d’ici 2050.

Des changements climatiques  planétaires

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), appuyée par les scientifiques du  GIEC  et de la communauté internationale, a plusieurs fois pointé le changement climatique rapide déjà à l’œuvre sur la planète, donnant l’alerté, depuis les années 2000, sur les risques sanitaires associés au changement climatique.  Un changement qui met dors et déjà en péril la santé humaine, en particulier dans les populations les plus pauvres.  Conséquences des modifications de la  production agricole et du cycle de l’eau, la malnutrition  (3,7 millions de morts), les diarrhées ( 2 millions de cas) et  le paludisme (1 million de cas) leur sont habituellement associées. Mais le risque sanitaire associé au réchauffement de la planète ne se cantonne pas aux pays en voie de développement ou à l’hémisphère sud : les conséquences du réchauffement climatique vont concerner tous les pays du monde ! Le changement climatique est déjà à l’œuvre :  rien qu’en France, au cours du siècle dernier, la température s’est réchauffée d’environ 1°C. Ce réchauffement conduit à plus de pluie en hiver, plus de sécheresse en été. C’est déjà le cas aujourd’hui, dans la plupart des régions. En 2050, la température devrait avoir augmenté sur notre territoire d’environ 2°C. Le réchauffement  conduit  à une élévation de température ainsi qu’à des modifications importantes du climat telles que la multiplication   des catastrophes météorologiques  ( pluies torrentielles,   inondations ou ouragans) ou l’augmentation du niveau des mers…

Canicules…

Du côté des conséquences sanitaires, bien sûr quand on pense réchauffement, on pense avant tout canicule. Celle de 2003 s’est soldée en Europe de l’Ouest par   70 000 décès de plus que les précédents étés. Pourquoi tant de morts ? La chaleur, seule, tue-t-elle ? Rappelons que les températures enregistrées n’atteignaient même pas  les températures enregistrées dans le nord de l’ Inde à la même période (47°C) ! La forte proportion de personnes âgées, isolées en période  de vacances… et le manque d’expérience face à une situation climatique inédite en Europe expliquent une bonne partie des choses.    Robert et Maya Kandel (1) complètent « En Europe, les fortes émissions d’oxydes d’azote et de composés organiques volatils – pollutions dues surtout au trafic automobile- ont été transformées en ozone par l’ensoleillement abondant, conséquence du blocage anticyclonique qui a permis la persistance de fortes températures ; et ce gaz toxique a certainement aggravé les risques pour la santé » .  Un cas d’école qui illustre le fait que les effets du réchauffement climatique  dépendent de multiples facteurs de risque, interagissant le plus souvent entre eux dans des enchaînements de cause à effet, ce qui rend  d’autant plus complexes leur analyse et leur prévision.  « Sous l’effet de la chaleur, les maladies infectieuses vont décupler et les pics de pollutions seront plus nombreux augmentant ainsi la mortalité des personnes cardiaques ou ayant des problèmes respiratoires. Enfin, la croissance de la quantité de pollen dans l’air favorisera une recrudescence des allergies. Ces événements engendreront des traumatismes profonds aussi bien sur la santé physique que mentale des individus. » résume l’Association Santé Environnement (ASEF) .  La chaleur par exemple , comme toutes les températures extrêmes , grands froids y compris, est certes associée à un plus grand nombre de décès par maladies cardiaques et respiratoires.  Mais elle rend aussi plus sensible aux  pollens et autres  allergènes aériens, ce qui pourrait aggraver l’asthme qui concerne près de 300 millions de personnes dans le monde… Les maladies liées à la pollution atmosphérique vont donc augmenter : le taux d’allergie en Europe passerait de   20 %  à 50% en 2050 (voire même dès 2015..). , dont  30 à 50% d’ asthmatiques.

…et autres maux…

Associée aux autres événements climatiques attendus (ouragans, inondations, tempêtes), l’élévation de la température pourrait bien conduire nos cours d’eau à abriter des hôtes indésirables, tels que le moustique vecteur du paludisme ou du virus du Chikungunya,  ou encore de virus du Nil occidental. Certaines espèces d’algues et micro-algues pourraient aussi proliférer,  avec des conséquences sanitaires  par l’intermédiaire de cyanotoxines qu’elles peuvent libérer dans le milieu aquatique. Et les bactéries pourraient se faire de plus en plus virulentes. On pense immédiatement à celles qui sont responsables des maladies diarrhéiques,  (choléra,      infections par E. coli et autres gastroentérites,     typhoïde,   maladies virales comme l’hépatite A ou septicémies) …Mais il y a aussi les bactéries du genre Legionella dans les réseaux intérieurs d’eaux froides des  immeubles, qui peuvent se développer au-delà de 25°C. Citons aussi les  infections liées à la bactérie Salmonella , déjà plus fréquentes en été, et d’autant plus susceptibles de se multiplier que les risques de défaillance de la chaîne du froid sont généralement accrus en période de fortes chaleurs ! De même, on redoute le développement de nombreux champignons microscopiques. Sur les matériaux de construction des habitats, où ils entraînent des pathologies irritatives et immunologiques, pouvant être mortelles chez les personnes immunodéprimées ou à risque.  Ou dans les aliments, où ils présentent bien évidemment des risques importants pour la santé humaine. Autre effet collatéral : la modification des écosystèmes suite au réchauffement. Prenons l’exemple de la diminution des zones d’enneigement : elle risque de donner l’espace au développement d’animaux porteurs de virus, comme cela a déjà été constaté en Suède avec des  rongeurs réservoirs de l’hantavirus Puumala… A cet inventaire, il faut bien sûr ajouter   la multiplication des cancers de la peau, lié en partie au fameux  « trou dans la couche d’ozone »   (appauvrissement de l’ozone stratosphérique) qui entraîne une surexposition aux rayons ultraviolets, risquant d’entraîner une augmentation des carcinomes cutanés et mélanomes malins, ( + 5% de    cancers de la peau en Europe !).

L’argument « santé » n’a pas pesé bien lourd dans la balance des négociations sur le climat à Copenhague, même s’il est fait mention d’une détermination à mieux apprécier la dimension humaine du changement climatique, à l’instigation de l’OMS…  Pourtant, qui peut ignorer que la lutte contre le réchauffement climatique est capitale  pour limiter des risques sanitaires inévitable ? En France, la loi 2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle Environnement, prévoit un Plan national d’adaptation au changement climatique  en 2011. Lutte contre les inondations, adaptation des zones littorales, évolution des forêts, question de l’eau, adaptation de l’économie au changement climatique font partie des points inscrits au sommaire, à la suite du rapport remis fin novembre par l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC). L’élaboration de ce plan va faire l’objet d’une vaste concertation qui réunira tous les acteurs du Grenelle Environnement.  Officiellement lancée par Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, le mardi 8 décembre 2009, précisément à l’ouverture du Sommet de Copenhague, cette initiative témoigne au moins que le problème est à l’ordre du jour des préoccupations politiques du moment. Reste à voir comment elles aboutiront …et quelle place sera faite aux problèmes de santé. La réponse, en février 2011.

 

(1)  Robert  et Maya Kandel – La catastrophe climatique – Ed.Hachette littératures 238 pages octobre 2009

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS
L’ASEF, fédération nationale d'associations de santé environnement régionales, rassemble depuis 2008 près de 2 500 professionnels de santé en France et a pour mission d’informer le grand public, notamment sur les conséquences du changement climatique.
Association Santé Environnement-  France Europôle de l’Arbois- Avenue Louis Philibert- 13857 Aix-en-Provence Cedex 3 - http://www.asef-asso.fr

 

 

L’open space, un danger pour la santé ?

Le modèle d’aménagement de bureaux en open space est reconnu comme étant l’un des facteurs de risque psychosociaux dans l’entreprise. Quels troubles ? Quelles solutions ?

Aviez-vous remarqué que dans « bureau paysager », il y avait le mot paysage ? Un rappel qu’à l’origine, le concept de l’open space, inventé en 1957 par les frères Schnelle, d’un cabinet de consultants allemands spécialisé en organisation, se fondait sur la présence de plantes vertes ! « Les frères Schnelle avaient imaginé un espace ouvert, généreux, avec un mobilier léger et discret dans une profusion de plantes vertes », rappelle Elisabeth Pélegrin-Genel, architecte   et  psychologue du travail, spécialisée dans les espaces de travail. L’idée, après avoir migré aux Etats–Unis, où elle s’est largement développé, est revenue en Europe, quelque peu déformée… «  Les bureaux paysagers  se sont resserrés (..) et  le paysage s’est réduit à de minables plantes vertes posées sur le coin des tables. » précise Elisabeth Pélegrin-Genel  (1).

Le concept s’est implanté dans de grandes sociétés comme France Telecom, Alcatel ou IBM , sociétés qui ont récemment fait parler d’elles en raison des suicides qui s’y sont déroulés. « Plus de la moitié des aménagements se font en open space, et la tendance s’amplifie », rappelle-t-on chez Actineo, l’Observatoire de la qualité de vie au bureau, une association regroupant les entreprises de l’aménagement de bureau.  Il faut dire que pour un employeur, cet aménagement de bureau a  un intérêt économique évident, tant sur les coûts d’aménagement que sur les coûts de fonctionnement des  postes de travail. Selon Actineo, l’open space permettrait d’économiser de 10 à 40 % de mètres carrés. Mais pour ceux qui y travaillent, c’est une autre affaire, c’est même parfois un enfer !  Bruit,  stress, dépression et  perte de l’intimité  sont le lot commun de ceux qui y travaillent. Certains défenseurs mettent pourtant en avant un esprit collectif et bon enfant…Les médecins du travail constatent d’ailleurs que les jeunes   vivent en général beaucoup mieux cette organisation du travail que les seniors. Mais chez tous, les études montrent une fatigue bien plus grande, liée au stress permanent du bruit mais aussi des va-et-vient  qui empêchent la concentration.


Ambiance « hall de gare »…

« « Dring, c’est la sonnerie insupportable de Gary. « Fais chier ! Il nous a encore laissé son portable allumé. Le mec ringard qui se la joue décalé. » Dix minutes après. Même sonnerie, même musique nasillarde : c’est la messagerie qui rappelle. Jérôme se lève.

– J’en peux plus. Je le coupe, sinon, je vais péter une durite.

– Ouais ! T’as raison, mets-le en veilleuse. Moi, si je le chope, son bidule, je l’éclate contre le mur, ajoute Bruno.

– On va se prendre un thé citron pour sortir de ce brouhaha ? » (2)

C’est sur  un mode quelque peu humoristique que cette description traite d’un vrai problème de l’open space : le bruit.  Vous imaginez passer la journée dans un hall de gare ? C’est pourtant ce que subissent les salariés de certaines centrales téléphoniques par exemple.  Car il ne suffit pas d’installer de petites cloisons pour isoler physiquement chacun dans un box !  À côté des conversations téléphoniques, les sources de bruit sont nombreuses :   des tiroirs qui   grincent ,  des portes de placard   qui claquent  en étant refermées, le cliquetis des imprimantes, le ronronnement des ordinateurs, etc…Faute d’un isolement acoustique adéquat, avec notamment un traitement absorbant des matériaux  du plafond, des planchers et des parois,  boules quiès et   casques audio sont les seules « armes » dont on dispose pour se défendre de  ce premier stress…avec tous les problèmes de communications qui en découlent ! Car l’open space, supposé abolir les murs et faciliter la communication, entraîne une réaction paradoxale : la plupart du temps,  en réaction au bruit,  les salariés ont tendance à « minimiser les échanges », comme    le rappelle à Technologia, le cabinet d’études  en ergonomie du travail qui dans son   rapport sur les suicides survenus chez Renault incrimine l’open space.  « Chacun parle moins fort, réduit ses discussions et est sans cesse en contrôle de lui-même. »…  Le bruit est générateur d’un stress qui demande un effort d’adaptation inconscient et continu dans les open spaces mal isolés sur le plan phonique. Le  cerveau   en finit par être sur-stimulé alors que le corps, lui, bouge de moins en moins puisqu’il n’y a même plus besoin de se déplacer pour aller dans le bureau voisin !  Selon la médecine du travail,  obésité et   dépression sont  d’ailleurs d’autant plus présents chez les salariés travaillant en open space. Des troubles qui compromettent lourdement le seul  avantage  pour la santé qui leur a été reconnu, à savoir…une dynamique positive sur la gestion du stress des plus fragiles ! Une étude de la Harvard Medical School a en effet prouvé que le seul contact visuel avec quelqu’un qui se trouve dans une « dynamique positive » permet de diminuer significativement le niveau d’anxiété d’un collaborateur.

 

 

Près de la fenêtre ou du radiateur..

Tout le monde n’a pas le privilège de pouvoir installer son bureau près des baies vitrées de l’open space : à plus de 6 mètres de là,  l’éclairage naturel qu’elles procurent est considéré comme nul ! L’INRS, Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, recommande alors un éclairage combinant un éclairage global et des points de lumière individuels, pour éviter les troubles visuels. Autre problème : les sources de chaleurs. Sur un grand plateau, on peut avoir vite très froid pour peu qu’on soit loin  du radiateur… ou dans une zone de forts courants d’air !  Bien sûr, des normes de « confort » existent : l’AFNOR (Agence Française de Normalisation) et l’INRS recommandent,  par exemple, une surface minimale  de 10m2 par occupant (norme NF X 35-102).  Alors que bien souvent les surfaces se cantonnent à la surface occupée par le bureau et l’armoire ! De même, l’INRS préconise  d’éviter des bureaux  de 10 personnes…alors que certains « plateaux » de centrale téléphonique en accueillent des centaines ! Enfin, l’INRS souligne la nécessité pour les salariés de pouvoir s’approprier l’espace ne serait-ce qu’en pouvant décorer soi-même les parois de séparation ou les bureaux. Mais avec la multiplication des temps partiels, et des contrats intérimaires, il est très fréquent que des salariés partagent les mêmes bureaux. Et la logique de certaines entreprises étant que ces salariés fassent « place nette » lorsqu’ils ont fini leur mission, personnaliser son espace de travail devient dans ce contexte particulièrement difficile ! Une illustration que les recommandations de l’INRS   ne sont pas des obligations et qu’il n’y a pas de  législation relative à l’Open Space : tout au plus une reconnaissance qu’il peut être générateur de troubles pour la santé. Ce qui est déjà un début !

(1)  Elisabeth Pélegrin-Genel L’angoisse de la plante verte sur le coin de bureau,  1994, ESF

(2)   Alexandre des Isnards et Thomas Zuber L’open space m’a tuer , 2008, Hachette Littératures   

 

 

Quelques conseils pour mieux vivre l’open space

  • Collez des pastilles pour empêcher les portes de placard ou les tiroirs de claquer

  • Placez les machines type imprimante hors de l’openspace et si ce n’est pas possible, calfeutrez les.

  • Apportez photos ou éléments de personnalisation pour décorer votre espace.

  • Demandez une lampe de bureau en lumière du jour.

  • Demandez la mise à disposition d’ une salle de travail, silencieuse, où   se retirer pour consulter un dossier par exemple.

  • Demandez à votre comité d’entreprise l’installation à la fois  d’endroits ludiques où pouvoir bouger (salle de gym…) et  d’endroits de détente où pouvoir déconnecter. Ecouter de la musique est par exemple un moyen très efficace de se relaxer profondément en peu de temps , et encore plus si on peut le faire…dans une chaise longue !

  • Demandez aussi à votre comité d’entreprise une consultation  de Feng-shui pour optimiser la circulation des lieux, voire l’organisation de séances de massage (de plus en plus de prestataires extérieurs  proposent de tels services)

  • Pour tout projet d’aménagement, saisissez votre CHSCT, voire la médecine du travail!

 


Bon à savoir

Le  CHSCT (Comité  d’Hygiène et de Sécurité des Conditions de Travail) de l’entreprise (instance obligatoire de représentants du personnel) a la   possibilité de solliciter une expertise pour motiver son avis préalable à tout projet de réorganisations de postes dans l’entreprise. (article L 4614-12 du code du travail). L’expertise se déroule sur 30 à 45 jours et permet notamment d’évaluer l’impact de la nouvelle organisation sur la sécurité, l’hygiène et les conditions de travail et de préconiser un certain nombre d’améliorations. En matière d’aménagement, tout est passé au crible, de l’ ambiance de travail (bruit, lumière, ventilation…) au plan d’évacuation des personnes, en passant par la surface des bureaux etc.

 

 

 

 

 

Paru dans Alternative Santé janvier 2010

De Hopenhaguen à Flopenhaguen

jeudi 17 décembre 2009

Aujourd’hui, il neige, et les ONG au Bella Center ont été muselées. Même pas muselées en fait…déportées. Au Bella Center, leur participation a été limitée à 300 délégués. C’est ce que dit le programme du jour…Les ONG disent que l’organisation leur a annoncé 90 délégués seulement…C’est très vide, y compris sur les stands…
Elle avait déjà été réduite de 15.000 à 7.000 puis à 1.000 entre lundi et mercredi…Du coup, il n’y a plus que des décideurs et des journalistes.
ça n’empêche que c’est un peu le bazar dans la ville, on a coupé des ponts, les bus ne roulent plus et il faut faire de la marche et escalader les ponts installés… et puis dans le métro c’est la cohue, un peu…

La voix du peuple? on l’a faite taire. où est-elle passée? Officiellement, un « forum » spécifique se tient au forum, un lieu situé dans Copenhague lui-même. Dans les faits, l’opération coûte plutôt cher aux ONG, certains semblent décidés à repartir chez eux convaincus qu’ils sont passés de Hopenhaguen à Flopenhaguen

Le grand show final
Bella Center est presque transformé en plateau de TV. Tout le monde est prêt pour l’échec. Dans la grande salle où se tiennent les grands du monde, les présidents se succèdent et font des déclarations. Bien évidemment, j’ai écouté celle d’Evo Moralès. Il s’est déclaré perturbé par la désorganisation du sommet, à l’heure où les gens du monde attendent des solutions pour sauver des vies. Il s’étonne qu’on ne parle que des effets et non des causes du changement climatique, qui pour lui viennent du capitalisme. Il a rappelé qu’il n’y avait que deux façons de vivre, la culture de la mort (le capitalisme) et la culture de la vie (le socialisme).Or ici, personne ne dit la vérité, personne ne proteste contre le capitalisme. Pour lui, les droits de la Terre sont plus importants que tout, il est temps que les Nations-Unies les proclament, ces droits de la Terre mère… J’ai aussi écouté notre Président à nous, qui est sur une réduction des gaz à au moins 50% (voire 80% pour les pays industrialisés qui ont une dette historique avec les autres). Et qui a fait un discours très autoritaire, répétant à plusieurs reprises une formule comme un mantra « Qui osera contester? »… Aujourd’hui, le sommet bat son plein…sauf pour ceux qui auraient vraiment fait sans doute un peu plus de poids dans les négociations en y apportant des aspects humains que ni les rapports économiques ni les blablas de la plupart des politiques ne prennent en considération.

voici, comme les balais de l’expo de design vus hier , tout ça ne fait que soulever de la poussière…

En direct ça donne que à 23h… ils ont déjà environ 2heures de retard, que le président français a annoncé une session extraordinaire de discussions cette nuit….
La salle est étonnemment vide….en fait, la reine du Danemark donne un dîner de gala ce soir et ils y sont tous…Du coup, à quoi servent les discours? c’est probablement vraiment du show télé. Chacun y va de son discours et de ses bonnes intentions pour le COP 15. Dans les faits, ils parlent devant des chaises vides! à quoi ça sert pour négocier! et ils font comme s’ils parlaient au monde, alors que le monde est en train de dîner…

Reclaim Power Day

Mercredi 16 décembre 2009

Une action mondiale de Climat Justice Action/ Climat Justice Now
Beaucoup de gens mobilisés, notamment la Via Campesina (dont fait partie la Confédération paysanne) qui organisait une marche pacifiste avec au bout la constitution d’une Assemblée populaire. La manifestation était autorisée par les forces de police jusqu’à ce qu’ils craignent un débordement. En fait, tôt le matin déjà il y avait eu quelques prémices comme l’attaque du local à vélos des Bike blocs et la dissolution quasi complète du green block, des gens d’ONG accréditées à entrer dans le Bella Center et à participer aux sessions plénières pour y intervenir de façon fracassante. Quand les manifestants sont partis, c’était pour aller jusqu’au Bella Center, enfin son parking, malgré le froid piquant d’hiver…Quand ils sont arrivés, les T-Gas de la police les attendaient, et les matraques, et les chiens. Conformément aux consignes, pas un n’a moufeté, pas un n’avait peur de se faire arrêter. Certains ont pu s’enfuir, non sans mal. Parfois en tombant dans le petit ruisseau d’eau croupie qui borde le centre. Beaucoup se sont fait frapper à coût de matraque et mangeaient du citron pour éviter de s’empoisonner avec les gaz lacrymo. Un peu épique. La police danoise est odieuse de violence.

Dans la journée j’interviewe les paysans de la Via Campesina.
JJ Polong, de l’Indonesia Peasant Union de la province indonésienne du Sud Sumatra. Et Alicia Munios Toledo d’un syndicat de femmes paysannes du Chili.

Le soir Climate Justice Action donne sa conférence de presse, ils ont été tellement balancés dans la journée que la conférence de presse change trois fois d’endroit avant de démarrer.
Claude Giraud, de la confédération paysanne, y fait une jolie déclaration. Il faut dire qu’il y a des journalistes et beaucoup de membres d’ONG.
Et pour finir, tout le monde salue l’intervention de Zoï activiste de Climat Justice Action à la plénière des ministres et chefs d’état, le 16 décembre, et de son collègue hollandais. Ils ont été accueillis par des applaudissements avant de se faire jeter sans violences par la police. Ils avaient dans leur main des alarmes d’auto-défense dont ils avaient soigneusement caché la clé sur eux… Et qu’ils ont lâché dans la salle.

En fin de journée, et bien, je visite un joli musée du design.
Et je vais dîner d’un pad thai bien épicé pour revenir bosser à l’auberge que le responsable de ce soir a décidé de fermer tôt. Du coup, je me retrouve à faire du montage dans le couloir des chambres…. jusqu’à pas d’heure…

Comment je ressens les négociations du côté des O.N.G.?

mardi 15 décembre 2009

Il semble qu’elles aient compris que Copenhague sera un échec et sont super pessimistes . Pour beaucoup d’entre elles, la seule solution semble être d’amener les citoyens à se mobiliser et à dire qu’ils ne sont pas contents et à faire pression sur leurs dirigeants . Une déléguée des Philippines de la Via Campesina simplifiait en rappelant que certains gouvernements du Sud n’avaient pour intérêt et ambition que de préserver leurs privilèges économiques et se montreraient extrêmement conciliants avec le pays du Nord pour ne pas être très contraignants dans le monde contentant les propositions qu’il savait faire part pour l’accord. C’est-à-dire qu’ils sont prêts à souscrire n’importe quoi et ne partageaient pas l’opinion des populations qui restent vraiment les seuls garants du maintien de leur biodiversité et du maintien de leurs forêts pour la réduction des émissions pour la disparition des industries et des OGM etc. et que leur gouvernement ne les représente absolument pas .

C’est un appel à une solidarité mondiale , que le Nord donne la main au sud. Naomi Klein aux Angry Mermaid Awards dénonçait ce matin le fait qu’ ici il n’y a aucun atelier sur la contribution des industries pétrolières ou de biotechnologies au réchauffement climatique, aucun atelier, comme si on voulait ne fâcher personne, qu’on s’appliquait à rester très politiquement correct… et en terme de négociations surtout ne pas citer des noms surtout pas parler de tout ça oui. Ces industries qui arrivent à tirer parti des désastres écologiques pour se faire leur beurre.

Les Angry Mermaid Awards (les Awards de la petite sirène en colère) récompensaient les industries les plus opposées au processus de Copenhague , Monsanto a été désigné à 37% des 10 000 votants de l’opération, organisée par Attac Danemark, Friends of Earth et autres ONG. D’ailleurs, il ne semble pas qu’une ONG ait plus de poids qu’une autre, bon d’accord, Greenpeace a deux bateaux dans les ports de Copenhague .

En plus, les accréditations sont de plus en plus difficiles à obtenir, ce que certaines O.N.G. dénoncent comme étant une façon de limiter les discussions et surtout la les interruptions éventuelles de la bonne marche des négociations car où il y a des O.N.G. un peu un peu actives elles sont susceptibles d’intervenir et de dénoncer les incohérences, les fausses solutions aussi qui sont proposées et sur que ça perturbe la marche des négociations

le jour de l’humanité?

mardi 15 décembre 2009

Ce matin, je me lève à 6h, faut dire qu’on est 6 dans la chambre maintenant , dont deux ronfleuses symbiotiques, et avec cette soirée agitée, dès que je fermais les yeux je voyais des policiers déguisés en blackblockers partout. Pour arriver avant 9h au Bella Center.

Grande effervescence au Bella Center

Avant d’arriver au bus , je vois une voiture…cassée bizarrement, et une seule. Je prends le métro à Christiania, et bien tout est tranquille, les bicyclettes roulent… La station Bella Center, compte-tenu de la foule…est fermée!! On doit attendre une bonne heure avant d’entrer. C’est là que je rencontre, dans la queue pour rentrer, un membre de la délégation française, chargé de négocier pour la Nouvelle Calédonie, qui je ne savais n’était pas incluse dans le protocole de Kyoto. J’en profite pour lui demander le nombre de délégués français, de 50 à 100 me dit-il. Pour le COP15, tiens au fait, comment cela se passe pour les territoires d’outremer ? Et bien la nouvelle calédonie, de par sa grande biodiversité a été incluse au COP15, mais en fait chaque pays faisait un peu comme il voulait…de ce que j’ai compris. Puis, je pars à la recherche de la session pléinière pour retrouver la délégation bolivienne. Je me trompe de session (…) , quand j’arrive, la session des G77+Chine où siège la Bolivie est déjà terminée. Ils sont venus à 15, les Boliviens ! Et ils s’assoient dans la salle, comme des citoyens normaux. Ils n’ont pas de bureau dans les délégations, comme le Vénézuéla d’ailleurs. Tout ça pour dire que je les cherche…Et comme je ne les trouve pas, je me coltine plein de conférences de presse, Climate Justice Action et Climate Justice Now annoncent une manifestation de Désobéissance civile non violente. La via campesina parle des manifs de demain. Les scientifiques du Copenhague Diagnosis donnent un état alarmant du réchauffement climatique. Le GIEC est déjà vieux! Les dernières données établissent qu’on statue pour un réchauffement climatique de …3,5°C!!! (quand on parle de 2°C, avec les seuils actuellement envisagé, ce ne sera pas atteint) . J’interviewe Corinne Le Quéré pour la radio du coup. Et au final, dans le hall…je tombe sur une partie de la délégation bolivienne…qui a son interprète qui parle anglais et qu’ils ont la gentillesse de chercher pour qu’on fasse un interview. Décidément, je n’arrête pas.

Par pitié, accordez-vous, le monde vous regarde!
Le soir j’assiste à une conférence officielle d’un appel aux consciences Alors qu’on sent bien que les citoyens n’y croient plus vraiment, les dirigeants du monde vont arriver, et il va falloir qu’on arrive à un accord. La conférence qu’ils ont donné, Rasmussen en tête, le premier ministre du pays, montre que les organisateurs aimeraient que tout le monde signe l’accord. On se demande sur quoi ils négocient si l’accord n’a plus qu’à être signé. Rasmussen se veut persuasif, il y va à coup de citations fortes comme « Le courage, c’est de se lever et de parler. Mais c’est aussi de s’asseoir et d’écouter » WC Churchill. Et conclue d’un « Nous devons changer… C’est le message des scientifiques, Nous pouvons changer, c’est le message de la technologie. Nous voulons changer…c’est le message des citoyens »(Comme diraient les tibétains de Climate Justice Now : « Bla bla bla » « Yak Yak Yak »!!!!)

Bank ki moon, le secrétaire général des nations unies, veut « écrire un futur différent… » (mais le futur s’écrit il à l’avance?) Il rappelle que 10 milliards de dollars par an résoudraient tous les problèmes. Lui demande un accord contraignant légalement en 2010. Car « la nature ne négociera pas avec nous » comme certains cherchent à négocier avec le climat.

Connie Hedegaard, la présidente de la COP15 et de la CMP5, nous fait un show digne des charity show à l’américaine, jouant sur la corde sensible de l’humanitaire, avec ces pauvres africains qui meurent de faim…et ses pauvres sur les routes, attendant que leurs leaders se mettent d’accord… »Le mot clé pour les prochains jours : compromis ! car l’échec reste possible. Elle est émue, fatiguée, un brin ébouriffée, est-elle le porte parole de l’humanité toute entière ? Elle semble en avoir marre des mauvaises têtes de cette réunion des parties .

Yvo de Boer, secrétaire exécutif de l’unfcc (a peut-être la gripe a , semble fiévreux et tousse..) , nous la joue un peu sur le même mode, dessins d’enfants à l’appui…

Le prince de galles a rappelé que « le monde entier nous regarde »…

Wangari Matthai Prix Nobel de la paix 2004 a brossé le poil des organisateurs, salué les efforts du gouvernement danois. Elle semble savoir où elle doit se montrer : invitée aux forums des alters, on ne l’a guère vue! Elle doit avoir ses raisons…

Je passe beaucoup de temps à écrire, hein ? J’ai l’impression de ne plus faire que ça… Cet après midi par exemple…Bon, d’accord, j’avais du temps à rattraper… bon, allez c’est tout pour aujourd’hui, je viens d’apprendre que Tadzio Mueller, un des leaders De CJA-CJN a été arrêté. La police a envie d’énerver on dirait.

Jour 5

Lundi 15 décembre 2009

Lundi matin , départ pour la Suède rencontrer Lari Pitkä-Kangas, le député maire vert de Mallmø avec Fatima Allaoui, la représentante des verts du Maroc. Mallmø est à peine à 45mn de Copenhague. L’occasion de prendre ce pont de plus de 8km si impressionnant qui relie le Danmark à la Suède. Dans cette ville il y fait encore plus froid, des flocons de neige sont en suspension dans l’air… et nous arrivons , sans rendez vous précis de fixé et un peu à l’improviste semble-t-il, je ne suis pas annoncée… Nous nous promenons dans les rues …froides et étranges. Où les supermarchés ressemblent à des monuments… étonnant, non? Ensuite, nous sommes reçues, et nous discutons un peu, je fais la photo de Fatima avec Lari Pitkä-Kangas.
Fatima a l’art de se faire des entrées partout et adore se faire prendre en photo à côté de « célébrités » avec lesquelles elle semble très copine …je l’aide à compléter sa collection en la photographiant avec José Bové, Elizabeth May, etc…
Je parle du nucléaire en Suède, de l’initiative de Mallmø de fermer la centrale nucléaire de Barsebaäck et la laisser refroidir d’abord parce qu’ en fait quand on ferme une centrale il faut attendre 15 ans que le coeur du réacteur refroidisse pour la démonter et encore il paraît que ça n’a encore jamais été fait. En Allemagne un projet de démontage similaire est en cours mais ils sont pas encore désinstallés la centrale. Et puis …que va-t-on construire dessus ?
Le midi, il nous invite à manger… je voudrais faire le direct comme prévu avec la radio et Fatima. Je presse un peu les choses – et il semble que Fatima m’en veut… Bref, pas commode… Du coup, il nous emmène manger des sandwiches ! Il y a son assistante aussi, dont le mari connaît bien le nucléaire et qui va prendre contact pour me donner toutes les infos que je veux. Je sais déjà que 64% de l’électricité suédoise est produite par des centrales nucléaires ! Ecolos les suédois , hein ! Surtout quand ils veulent utiliser la forêt boréale (qu’ils ont allégrement déforestés pour pouvoir s’installer) comme moyen de réduire leurs émissions de CO2 (bah oui, les arbres, ça piège bien le CO2, non ? alors pourquoi on n’en tient pas compte ?). Business as usual !

La police danoise et la prison du Klima

Bref, on repart, et décidément j’ai de la chance aujourdh’ui, je suis assise …à côté d’un fonctionnaire de police qui parle très bien français et duquel je peux avoir des précisions cinglantes : non, il n’y a pas eu d’émeutes, oui, les policiers ont eu des consignes. Il y a même eu d’installé, sur l’ancienne foire à bestiaux de Valby, la « Klimafängstet », la « prison du Klima » . Du Klimaforum évidemment! … Ici on y enferme les aktivists ! ça désigne à la fois des militants, des casseurs… un peu tout quoi… Une nouvelle loi vient de passer fin novembre, qui autorise les policiers à arrêter n’importe qui et de le mettre dans ce qui , nous dit-il, n’est ni plus ni moins que des cages à bestiaux, pendant 12heures sans autre formalité. De quoi calmer l’engagement… ou émuler la révolution !

La marche des femmes 2010

Lundi après midi , dans la journée toujours au Klima forum , j’ai assisté à une réunion pour la marche des femmes en juin 2010 avec des femmes du monde entier prêtes à se rassembler. La déclaration d’une femme de pêcheur philippin , était si poignante que je ne manque pas au plaisir de la retranscrire depuis mes notes , traduites en français, de ses mots, dits en anglais :

« Je me sens en tant que philippine particulièrement concernée par le réchauffement climatique, nous avons de plus en plus de typhons, et les femmes dont les récoltes ont été détruites par un typhon n’ont pas de quoi racheter des graines l’année suivante. Elles sont dans le cercle vicieux de la pauvreté. Elles expérimentent la faim, l’incapacité d’envoyer leurs enfants à l’école (bien que le gouvernement se targue d’avoir une éducation primaire gratuite) C’est pour cela que nous sommes ici, nous voulons dire aux grandes corporations que le problème du changement climatique n’est posé qu’en terme de « comment en tirer profit ! Les solutions doivent être des 2 côtés. Nous ne pouvons pas continuer à faire confiance à nos gouvernements, ils n’écoutent pas. Ils sont plus préoccupés à maintenir l’agrobuisness, particulièrement responsable. Le changement doit porter sur comment nous consommons, comment nous produisons. Ils pensent que nos ressources sont inépuisables. Je ne sais pas si les femmes peuvent survivre de façon durable quand se posent les problèmes de l’eau, de l’air.

Notre temps est compté- 70 ans environ- Notre environnement devrait avoir une durée de vie plus longue que l’espérance de vie humaine. Nous devons constuire de nouvelles solidarités. Je vois des volontaires, des gens qui ouvrent leurs maisons, nous pouvons amplifier cela et sauver la situation. Si nos voix deviennent plus fortes, ils nous entendront ! Il y a beaucoup de femmes créatives partout dans le monde ! Pour qu’on ait une planète vivante et plus durable ! »

Amparo Miciano (Philippines)

Une soirée un peu chaude à Christiania

Le soir j’ai rencontré Martine et Roch qui sont venus avec la caravane climatique depuis Genève et que j’ai rencontrés au Klimaforum, à la fabrik, au dessus du cinéma. Et ils m’ont invité à Christiania une ville qui a été installé dans les années 70 par des communautés hippies et qui est complètement libre , en autogestion totale . Un lieu un peu de brics et de brocs avec des planches de bois pour faire des maisons et une façon de vivre – réputé pour la drogue en vente libre, juste des drogues douces, l’herbe y est présentée en jolies éprouvettes de chimie ! j’étais invitée à cette fête, donc je m’y rends et, dans la rue, je croise la délégation bolivienne du off !!! Qui me dit qu’ils seront là demain et que je pourrais les interviewer au Bella Center. Vers 22h00 donc, j’arrive et je vois un camion rouge juste à l’entrée de Christiana qui était en feu mais fait un peu bizarre ça venait de l’intérieur du camion comme si on avait allumé le feu depuis l’intérieur dont je me suis dit c’étais que c’était un accident de traveller ou quelque chose comme ça en me disant « mais qui allumerait un feu dans un camion, ça paraît un peu bizarre, non ? » Enfin bon, le service de sécurité me laisse passer, je rentre et cherche la fabrik et le cinéma , à côté du Moonfisher- pour ceux qui connaissent. À peine arrivée, un jeune homme, Andy, arrive, essouflé les yeux rouges disant que les policiers sont entrés et qu’ils ont lancé des gaz lacrymo dans les allées et viennent chercher des blackblocs. Bon, d’accord, ce soir , il y a bien quelques activistes qui préparent quelques événements de protestation d’aujourd’hui mais qui organisaient les choses tout à fait pacifiquement .  Des anarchistes (en blackbloc) auraient lancé des cocktails Molotov sur Christiania. En fait il y a surtout une fête sous le chapiteau qui a rapidement fini parce que ça fait du bruit la police… Certains ont été obligés de se plaquer au sol , voire bien serré par la police pas tendre du tout , on était un peu réfugié dans le cinéma , on pouvait voir depuis le premier étage de nombreux cordons de policiers , je peux pas dire combien y en avaient , qui couraient partout. Il y avait aussi un hélicoptère pas bon pour le bilan CO2, hein. pour éclairer toutes les allées parce que dans Christiania, y a pas de réverbères municipaux…  Vite ça devient une ambiance assez inconfortable qui dure quand même jusqu’à 2h00 du matin . Enfin ça c’est à l’extérieur, parce que dans le dortoir du premier, on discute et on observe ce qui se passe, je rencontre Maxime, de Radio Panic à Bruxelles, qui font un truc vachement bien, à la « là bas si j’y suis » mais podcastable, les témoins de Copenhague sont invités à laisser un message sur le répondeur de la radio, et les messages sont téléchargeables sur leur site (www.deambule.be/cop2009). C’est très sympa, et bien sûr je peux utiliser les mp3 pour les passer sur Radio ici et maintenant. Enfin, à un moment il faut partir pour laisser dormir tout le monde, même si l’ hélicoptère continue de tourner encore après, mais disons que les policiers avaient décidé de se mettre aux points d’ entrées de Christiania et d’empêcher les gens de rentrer. Par contre pouvait sortir qui voulait à condition de faire pâte blanche et par une porte dérobée parce qu’à l’entrée principale ça bastonnait un peu parce qu’ il y avait des jeunes qui étaient là et les policiers aiment pas trop les jeunes , ils ont des jogging , des vestes avec les capuches qu’ils mettent sur la tête parce qu’il fait froid et on peut les comprendre, même moi j’ai un bonnet. Je les ai retrouvé après dans la rue. Et demandé leur témoignage. Je n’étais pas seule : je rencontre un reporter du ..Times, il travaille avec un joli petit carnet de notes et retranscrit fidèlement les propos des gens. Et surtout s’ils avaient vu des violences, personne n’en a vu non plus ! Les blacksblocks ? Euh, la nuit …tous les chats sont gris… Je tombe sur un policier sympathique qui a l’air convaincu « Oui, on est là parce qu’il y a des blacksblocks qui veulent détruire Christiania »…Ah oui ? Mais les blackblocks ne s’attaquent qu’aux symboles du capitalisme, Christiania, village un peu d’utopie anarchiste, serait quand même le dernier endroit qu’ils attaqueraient non ? Il poursuit, le policier (le badge presse, ça aide à faire causer les gens…) : « Ce soir, on a arrêté 150 anarchistes..ouh, ils sont terribles… » Je lui demande : « Mais qu’ont-ils fait ? » Il me dit : »Ils ont lancé des cocktails Molotov et brûlé un camion » . Ah oui…celui que j’ai vu à l’entrée… Les cocktails Molotov ? On les aurait vu et entendu non ? Christiania a beau faire 32 ha, dans le noir, ça flasherait, bizarre, personne n’a rien vu..Dans la rue, pareil, à part ces jeunes qui étaient à la fête, à 2h30 du matin, tout Copenhague dort sur ses deux oreilles… Je prends le métro, qui durant le COP 15 fonctionne 24h/24 ! Ce que je pense mais la ce n’est que mon avis c’est que Christiana et la vie libre autogérée ça arrange pas trop les affaires de la ville… c’est une zone de non-droit comme le rappelait le fonctionnaire de police et puis surtout ce sont 32 ha , on pourrait y faire un joli parc ou un ensemble immobilier. Mais n’imaginons pas qu’une municipalité pourrait profiter d’un tel événement pour fermer définitivement un quartier sujet à caution depuis des années en prétextant que ce sont les émeutes de méchants blacksblocks qui l’ont détruit, non, ce serait vraiment faire du mauvais esprit…En tout cas, je n’ai pas vu de bagarres , aucune bagarre, j’ai vu des policiers très énervés et qui couraient partout – des gazs lacrymogènes .

Jour 4

Dimanche 13 décembre 2009

Après la journée d’hier, on repart aujourd’hui. Une autre de mes voisines de chambrée , Caroline, est étudiante en droit à l’Université de Hambourg, elle travaille sur le droit du climat et a été au Bella Center hier et un peu à la manif.
Ce matin, on fait …touristes. Et avec Ruth.
Et on a de la chance parce qu’il y a un soleil froid mais bien bleu.
On commence par les jolis canaux. pour après prendre un joli bateau jusqu’à la petite sirène quasiment…
Et là , forcément y a foule, c’est une attraction touristique. Bon, je n’irai pas jusqu’à raconter mon histoire personnelle avec la petite sirène, enfin, si allez, je peux : mon arrière-grand père était sculpteur, il s’appelait Bernhard Heising et avait réalisé une sculpture de mon arrière-grand mère, nue (mais sans queue de sirène), et elle est pratiquement dans la même pose que la petite sirène..non mais vraiment. Et comme il est mort de tubercolose en 1903, c’est pas lui qui a copié (la petite sirène date de 1911) Il Il faudra que je la mette en photo sur ce blog.. plus tard…
En attendant, voici celle qui a été sculptée, plus tard donc…
Sur le chemin, bien sûr, on entend quelques hélicoptères dans le ciel . C’est drôle de voir tourner leurs pales, on finit par voir aussi des éoliennes partout !
La police aussi, en ce dimanche, semble goûter aux joies de pouvoir circuler dans les rues de Copenhague en mettant les sirènes à fond et en roulant librement en petits cars bondés. On visite ensuite le musée du design. Hop, on se fait des petites photos comme ça :
et puis on va à Christiana, la fameuse ville libre (mais franchement pas propre). Au point qu’on peut pas faire de photos dedans! (non c’est une blague..) on les comprend quand même, ils vont pas se laisser voir comme des animaux dans un zoo quand même, donnant leurs maisons et leurs bricolages en pature à n’importe quel objectif…Bon, et pis c’est vrai qu’on y vend du shit et de l’herbe dans toutes les allées, bref que c’est un haut lieu de perdition (mais fort sympa au demeurant). Ils hébergent leur propre forum sur le climat d’ailleurs. En ce moment le lieu est hautement touristique, pareil, aucune trace de violence ou de casse, tout semble tranquille et pacifique. En rentrant, je fais halte au FairAir center monté par tktktktk pour les bloggers (après tout, j’en suis aussi une) avec connexions wifis et toute la technologie nécessaire. (zont eu des fonds, tktktkt)… Et je vois la télé danoise, avec des images de policiers à Copenhague en train d’intervenir sur des « aktivists ». En fait des manifestants de « climate justice now » qui ont continué le dimanche à manifester, sans autorisation. D’où la répression. Ils ont été arrêtés (puis pour finir relâchés, a-t-on appris par la suite à l’AG de Climate Justice Now à laquelle j’ai assisté l’après midi au Klimaforum, il y a avait des paysans, des artistes, des ONG qui intervenaient pays après pays, de quoi voyager loin! Le mouvement des sans terre par exemple (50 organisations de pays d’Amazonie) a lu la déclaration de Belem qui dénonce notamment la politique de REDD qui ne distingue pas les monocultivateurs (intensifs, donc) des agriculteurs traditionnels. Comment tous ces peuples pourraient accepter que 25% de la population mondiale détienne 80% des richesses…et produise 75% de la pollution sur la planète!!! Mais bel exemple : en Thaïlande, la forêt est encore là car les villageois veillent!

Après, il y avait l’assemblée des verts internationaux sur l’après Copenhague… avec encore José Bové. Fatima Allaoui intervient pour grosso modo souligner le problème des fonds pour l’Afrique dont on a apparemment du mal à voir la couleur ! (verte pourtant?) Je recroise Eva Quistorp, (autre fondatrice des verts allemands) qui oeuvre maintenant aux mouvements pour les femmes victimes du climat. Nous sympathisons à force, je fais quelques photos avec José Bové! Avec Eva, avec Fatima.

Puis, Fatima m’emmène manger chez des Vegans, qui ont monté une grande tente entre deux squats, on y fait cantine collective, et on laisse ce qu’on veut. Dehors, une association pour la préservation des graines anciennes (et illégales) miquakizai ou quelque chose comme ça , fait des soupes avec rien que des légumes anciens , des graines et des céréales. C’est délicieusement épicé et même principe, on laisse ce qu’on veut. On fait sa vaisselle en partant.

Jour de manif

Dimanche 13 décembre 2009

Aujourd’hui, jour de manif. Je suis au Klimaforum dès 9h, histoire de voire l’ambiance. J’écoute les confs du matin, Vandana Shiva par exemple , qui rassemble toujours des foules autour d’elle. Et puis je pars à la manif, tranquille.
Facile de trouver son chemin, il n’y a qu’à suivre la foule. Effectivement, ça grouille . Je me fais coller un autocollant 350 façon poisson d’avril (350 , c’est pour les 350ppm auquel il faudrait qu’on arrive à limiter la concentration du dioxyde de carbone dans l’atmosphère). Je dis rien, je suis plutôt d’accord, et puis on va pas m’attaquer pour ça, c’est pas trop provoc, non ? Là encore, ça sert d’avoir une accréditation, sur la place du parlement, pile devant le podium, une plateforme de presse m’ouvre tout grand son plateau . J’entre. Je fais des photos plateformiennes (à défaut d’aériennes). Les pancartes portent de jolis slogans à lire. Tout est très bon enfant. tktktktk rappelle les fondements de l’ultimatum climatique. C’est très coloré, il y a de petits hommes bleus et de petits hommes verts. Et des pancartes jaunes et noires plus qu’il n’en faut. Mais faut vraiment être engagé pour porter des pancartes, non ? C’est pas léger et en plus c’est un brin encombrant.
Certains ont fait leurs propres banderoles avec des slogans ,
en français comme : « décolonisons l’imaginaire » , « la planète, tu la respectes ou tu la quittes »
en anglais, comme « don’t nuke the climate » ou « fuck me ! not the planet! ».
Les discours de tous à la tribune appellent à un changement profond du système, une nouvelle façon de penser le monde…ah si tous les gars du monde pouvaient s’donner la main comme il écrivait l’autre… On entend entre autre Rahul Bose, encore Vandana Shiva, Mr Green…
Franchement, ça va changer quoi ? Pessimiste, moi ? allons donc ! L’endroit est sympathique, on y autorise l’expression spontanée dans le cadre bien délimité des banderoles, les velléités de déplacement sont vertement réprimandées par des policiers qui tout de suite vous poussent sans aucune douceur.
Des brutes quoi. Faut dire qu’il y a de quoi s’affoler dans l’instant. 100 000 personnes voire plus , selon tktktktk… Et parmi eux, je vois débouler au départ de la manif une bonne centaine de « djeun’s », tout de noir vêtus, cagoulés avec un foulard devant la bouche. À les écouter parler, ils semblent plutôt germanophones. Ils ont l’air de défiler sous une énigmatique banderole affichant l’inscription  » GOP =  » suivie d’un dessin de « tête de mort » …ils s’énervent déjà après une petite japonaise très chiquement habillée qui tente de les prendre en photo avec son téléphone portable (mais faut dire qu’elle le leur colle presque sous le pif!). Bon, moi je les ai pris, mais j’étais plus loin et plus discrète.
Ce qu’il y a d’étonnant ,c’est que quand je demande aux organisateurs qui c’est, ils me répondent qu’ils n’en savent rien ! Je continue : « mais ce n’est pas interdit de défiler masqué ? j’ai lu les consignes de la police !» Ils reconnaissent que oui, sourient presque en coin sans rien dire. Ces petits hommes noirs ne sont pas du tout bon enfant, ils ont l’air plutôt méchants .
Le cortège met un temps fou avant de démarrer, ce qui me laisse tout loisir de ballade. Je suis de loin ces types cagoulés qu’on laisse défiler sans rien dire. Très vite, à un croisement, alors que je les voie en train de passer devant les forces de l’ordre, ils semblent jeter dessus des sortes de gros pétard qui font détaler les flics dans les allées. Je vois un peu de fumée même. À la deuxième sérénade de ce genre, on est en train de passer le pont, près du quartier de Christiana . C’est alors que je vois trois types en noir débouler de la foule des hommes noirs, passer sur le quai, et vêtir des doudounes, qu’ils avaient planquées au pied d’un réverbère, puis deux d’entre eux encadrent le troisième , avec des matraques qu’ils ont attrapées au passage, comme s’ils venaient de l’arrêter. La scène me laisse un étrange goût de comédie. Bien sûr qu’il peut s’agir de policiers en civil, qui interpellent un épiphénomène (j’ai de ces mots qui me viennent à cette heure…) , mais ça avait l’air d’être tellement joué que moi j’émets quelques doutes. D’autant que les hommes noirs, de toute la manif …je ne les ai jamais revus. C’était peut-être un exemple à l’adresse des manifestants pour leur montrer que la police contrôlait même ceux qui avaient l’air le plus méchant ! En chemin, les politi (policiers) sont d’ailleurs omniprésents, parfois ils déboulent en cordon au pas de charge en bordure de la manifestation, d’autres fois ,c’est juste les camions de police bleus (avec les gyrophares allumés pour faire impression). Une organisation du tonnerre, quand même. Y compris aux abords du Bella Center, sécurisé sur un périmètre d’au moins 500 m par des « deltabloks » des gros blocs en plastique surmontés de grillages inescaladables. Avant le Bella Center, la ligne de metro en trompe plus d’un, et il y a un essaimage naturel qui s’opère, une dispersion qui quand même si je peux me risquer une analyse de mon ressenti et de mon ressenti tout seul évidemment, et bien c’est un peu comme si chacun avait défilé dans son coin, on pourrait presque dire chacun dans son monde . Pas de cohésion réelle… trop cosmopolite… Il y a eu une initiative jolie d’un indianiste allemand, organiser une sweat-lodge à l’abord de trois sculptures géantes qui semblent regarder le Bella Center sans grand espoir qu’il s’y passe quelque chose… J’y pause quelques instants chanter avec eux, mais malgré les tambours, ça fait vraiment trop chant de Noël – et j’aime pas ça- , et puis il fait si froid ! et puis, il reste encore de la route jusqu’au centre même si tout le monde est en train de se barrer…
En arrivant, des cordons de flics derrière la scène, et même de l’autre côté de la petite rivière qui résolument protège encore un peu plus l’accès à cet endroit. Sur l’autre rive, les politi brillent comme des lucioles dans la nuit avec leur gilet jaune réflecteur. Je trouve ça plutôt drôle…
Mais eux ils rigolent pas du tout : je voulais suivre les représentants des peuples autochtones comme le Creel Tom Goldtooth qui avaient entrepris d’aller porter à Yvo de Boer himself, les grandes banderoles sur lesquelles les manifestants avaient laissé un message d’espoir sur l’issue du sommet… Rien à faire, au début les flics me laissent passer, avec mon accréditation pour le Bella Center, mais finalement écoutent une des chefs de tktktkt qui, elle, ne veut pas parce qu’ elle ne m’y a pas autorisée. Quelle conne !Plus flicarde que les flics! Faut le faire! Je fais tout le tour à pied. Et quand j’arrive au bella center, j’ai les pieds froids et les lèvres bleues….Je croise Tom Goldtooth au vestiaire, il est en train de discuter, je n’ose pas demander comment leur manif a été reçu…

Je reste au Bella Center, je pense que je suis increvable…ou que j’ai trop froid et que je ne repartirai qu’une fois un peu réchauffée. Il se passe des choses très drôle du côté des stands, comme la remise des Fossiles of the day… Après cette intense cérémonie, je me dirige vers une session plénière, enfin je vais voir ce qui s’y déroule. On négocie? Pff! Rien du tout! D’abord ça commence avec 3/4 d’heures de retard… Et puis ensuite, c’est juste la lecture des points du texte. En gros « qui ne dit mot consent »… Et les présidents des différents groupes de travail brossent tout le monde dans le sens du poil.

Après je rentre, et c’est très très cool, pas d’émeutes, un calme incroyable. Vraiment je crois que ces journalistes, là , ils racontent n’importe quoi. Je loge en plein centre, je suis passée dans la rue la plus commerçante de la ville (c’est à côté) et franchement, je n’ai pas vu une vitrine cassée, je n’ai rien entendu cette nuit , à croire que les journalistes racontent…vraiment n’importe quoi!!!

Tiens au fait, Tktktkk. C’est loin d’être une association de bricoleurs, ils ont des fonds considérables, à Copenhague un lieu entier leur est dédié, avec beaucoup de matériel technologique, des écrans plats, etc.. D’ailleurs, c’est de là que je blogue… Enfin, moi , ça pose une question qui fait un peu tâche tant dans le sommet des Nations-Unies que pour tktktkt : au fait, combien ça coûte tout ça ? Tout ça pour dire aussi que la nuit d’avant ils ont fait une nouba (on dort juste à côté) avec du bon vieux rock un peu trop fort quand même pour mes oreilles qui les ont entendus entre deux réveils…jusqu’à 4h du mat tout de même !

deuxième Jour

vendredi 11 décembre 2009 –

Il se passe tellement de choses ici, même avant d’arriver dans le centre… des happenings de diverses ONG, beaucoup, beaucoup d’activités…

Une « gouroute » vietmanienne prône le végétarisme, distribue de splendides sacs et un gros livre sur les oiseaux…
Greenpeace offre le café en invitant à la manif de demain…
Une petite animation pour demander à l’Europe de payer sa dette…
Enfin, on va pas y passer la matinée quand même.
Après, franchir toutes les barrières de sécurité. La police limite même le nombre d’entrées, par flots…
On se croirait…dans un aéroport. Décollage imminent (sans trop de CO2 donc, tout a été conçu de façon « durable » (enfin « soutenable »)…
Après les portillons de sécurité, même ambiance, du bruit, plutôt genre hall de gare. Des stands d’ONG, d’associations, de délégations gouvernementales… Des animations…
On traverse ces salles pleines de stand qui nous interpellent sur le climat, forcément. Les coréens me donnent des crayons de couleur éco-conçus. Et partout, de la paperasse, des brochures, des documents…. Après, on peut voir des manifs artistiques, ou bien des conférences de presse (et en profiter pour grignoter un peu, c’est bien pratique quand même) … ou bien assister à des « side events », des conférences d’ONG. On peut aussi assister aux sessions plénières (mais aujourd’hui y en a pas) .

Ici, il y a en gros, et ça doit refléter l’activité du sommet, 1/4 pour les journalistes 1/3 pour les pleinières, 1/4 pour les délégations et le reste pour les événements parallèles et les expositions (ONG, etc…). Normalement, chez les journalistes on est au courant de tout! Alors c’est là que je vais…
Mais il y en a pour des journées à lire tout ce qui est sur les présentoirs…
Et les communiqués de presse, oh y en a bien une dizaine par jours.Je suis allée écouter le président de la COP15 faire son laïus du jour…Yvo de Boer, c’est un drôle. Je veux pas faire ma mauvaise langue mais c’est comme si tout est joué d’avance sur la base du texte qui a été proposé par les danois et qu’on va chercher à faire adopter aux pays émergents. Et puis sur leur financement, trop facile : on puise dans l’aide au développement qui était déjà prévue! Bonne idée, non? Mais bon , je suis loin d’avoir toute la subtilité des négociations mondiales…
En chemin, je rencontre des Népalais qui alertent sur l’Himalaya…Un happening sympathique qui me donne l’occasion de parler avec l’une des instigatrices, du British Council, Amita Tapamagar..
Du coup, c’est un peu dur d’arriver …où? d’ailleurs? Il n’y a pas vraiment d’endroit où aller, c’est un bouillon d’activités..
Vandana Shiva au Klimaforum a dit qu’un accord diplomatique serait un échec à Copenhague. Climat justice now dit qu’il faut maintenant sortir des négociations, que c’est là que serait la victoire…Demain, de 30 à 60 000 personnes sont attendues à côté du Parlement pour rallier, au cours d’une marche festive qui va passer par Christiana, la fameuse île « libre », jusqu’au Bella Center.
Bon quelque part, j’ai de la chance. Sitôt repartie du centre, je tombe sur une de mes voisines de chambre (je rappelle que je loge en auberge de jeunesse dans une chambre de 6), on se présente : c’est Ruth Paulig ! L’une des fondatrices du parti des verts en Allemagne à la fin des années 70. 30 ans de politique, 18 ans de Parlement, autant dire que c’est une figure des verts. Et, vous allez pas me croire, elle me propose de l’accompagner à une réception de la Heinrich Böll fundation dont elle est représentante. Il devrait y avoir José Bové. Non seulement on y mange très bien, mais en plus je rencontre les verts allemands, comme Claudia Roth, qui fait partie de la délégation allemande , Eva et bien sûr José Bové, comme c’était attendu .
J’en profite pour l’interviewer entre deux verres, parfois c’est le meilleur endroit non ?
De fil en aiguille, je rencontre Fatima Allaoui, que j’interviewe aussi . Elle s’occupe d’une université africaine, et il y a aussi un représentant du Rwanda dont elle s’occupe.
On file tous au Klimaforum, où il y a un concert d’Ojos de Brujos. On arrive un peu tard, les pompiers ne veulent laisser entrer personne, et y en a du monde…
Finalement, j’use de mon badge de presse (ben oui, desfois on peut en profiter, non ?) pour rentrer avec les pompiers, et après me faufiler dans la salle…
Et alors bonne surprise, je fais quelques belles photos floues avec de la lumière qui bouge comme j’aime!