La clim’ : quels dangers?

En 2003, le nombre de morts attribués à la canicule a conduit à préconiser l’installation de zones fraîches dans les lieux d’accueil pour les personnes âgées. S’en est suivi bien sûr aussi un fort développement du marché des climatiseurs, en ces temps qui plus est de réchauffement climatique. Ces dispositifs qui consistent à abaisser la température de l’air ont longtemps été réputés associés à divers troubles de santé. Qu’en est-il aujourd’hui, à l’heure des nouvelles normes et réglementations sur l’air intérieur et la climatisation des bureaux ?

Choc thermique

Le premier risque pour la santé reste le choc thermique. Comme l’explique le docteur Fabien Squinazi, « Il faut être attentif à la température de l’air dans les locaux, dans la mesure où lorsque l’on vient de l’extérieur et qu’il fait très chaud, il ne faut pas qu’il y ait une température trop basse à l’intérieur : le « choc thermique », c’est à dire la différence trop importante de température entre l’extérieur et l’intérieur va conduire les personnes à frissonner. C’est ainsi que l’organisme réagit brutalement à cette température plus froide, essayant de compenser, et risque d’attraper froid. » La climatisation est donc accusée à tort apporter des rhumes en colportant virus et bactéries dans les conduits d’air de ses installations : le décalage thermique trop important suffit, en poussant l’organismes à se réchauffer, à « activer » aussi ses propres bactéries ou virus et ainsi à déclencher une infection ! Pour éviter ce choc, il suffit de veiller à régler la climatisation sur un écart maximum de quatre degrés entre la température extérieure et la température intérieure.

Déshydratation

Dans une installation de climatisation collective, l’air en circulant dans les conduits peut s’assécher en cours de route. « C’est pourquoi on a longtemps cherché à humidifier l’air ambiant pour avoir un air plus confortable », rappelle Fabien Squinazi. Cependant, les dispositifs d’humidification comme les tours aéroréfrigérantes se sont avérés dangereux puisqu’ils impliquent la mise en réserve d’eau susceptible d’être contaminée. On se souvient notamment des problèmes posées par les légionnelles, situées précisément dans des tours aéroréfrigérantes : ces bactéries peuvent pénétrer à l’intérieur des conduits de climatisation et s’il y a de l’eau stagnante se déposer dans cette eau et s’y développer, avant de passer au travers des conduits d’air…et contaminer les personnes se trouvant à proximité des bouches de ventilation ! Ces dispositifs sont peu à peu supprimés, du fait de ces dangers…mais aussi du fait que sous nos latitudes tempérées, ils ne sont pas vraiment nécessaires !

Contamination virale

Aux temps forts de la psychose épidémique de la grippe aviaire, un avis de l’Afsset (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’environnement et du travail) soulignait que « les bâtiments climatisés, dotés d’une centrale de traitement d’air avec recyclage, pourraient, en théorie, présenter un certain risque de diffusion du virus dans toutes les parties du bâtiment alimentées par la centrale. » Une formulation empreinte de précautions sans doute exagérées : selon Fabien Squinazi, qui a participé à l’élaboration de ce rapport remis en juin 2009, « en l’absence de certitudes et d’arguments scientifiques en faveur d’une transmission par le biais des circuits de climatisation du virus de la grippe, la transmission la plus probable d’un tel virus au sein d’un bâtiment demeure… la transmission de proximité ! ».

Exposition à des polluants

« Si l’on demande d’avoir des pièces rafraichies par temps de canicule… il ne faudrait pas que pour avoir un air rafraîchi, on ait un air contaminé par des poussières qui, chez les personnes allergiques ou ayant des problèmes respiratoires , peuvent entrainer des gènes respiratoires ! » alerte Fabien Squinazi. Car un climatiseur individuel, que l’on n’utilise qu’une partie de l’année, et qui reste inactif le reste du temps, a tendance à s’empoussiérer : et, lorsqu’il est remis en activité, commence par souffler dans l’air ambiant toutes les poussières qu’il a accumulées ! Il faut donc veiller à maintenir l’appareil propre et exempt de poussière, en passant par exemple un linge humide sur l’appareil pour le nettoyer.

Les installations collectives, qui fonctionnent toute l’année, puisque servant aussi de ventilation, ne sont pas dispensées de surveillance : fonctionnant avec des filtres, qui ont eux aussi tendance à s’empoussiérer, ces systèmes doivent être soigneusement entretenus pour éviter de relarguer dans l’air ambiant des polluants indésirables.

Gêné par la clim’ ?

Les personnes qui travaillent dans des locaux climatisés peuvent se plaindre de divers maux : gorge irritée, maux de têtes, fatigue… irritations des yeux, des muqueuses ou de la peau…yeux secs chez les porteurs de lentilles…autant de troubles pouvant être imputés au système de climatisation. Dans les années 90, en France, une étude épidémiologique menée avec l’équipe de Fabien Squinazi (sous forme d’un questionnaire distribué par les médecins du travail aux salariés à l’occasion leur visite annuelle) a montré qu’une personne sur deux présentait au moins un symptôme. Pour la symptomatologie ORL, les chiffres atteignaient même 30%. « Les personnes gênées par la climatisation sur leurs lieux de travail peuvent et doivent en parler à leur médecin du travail », précise Fabien Squinazi. Ce dernier peut dès lors demander une étude au responsable de l’entreprise sur l’installation à l’un des nombreux laboratoires ou bureaux d’étude existant. L’audit ainsi engagé (et obligatoire) permettra de vérifier la conformité des installations et de faire des prélèvements d’air pour vérifier l’absence de problèmes de contamination. Aujourd’hui, une étude similaire à celle des années 90 est sur le point d’être lancée par l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur. Mais il faudra attendre la fin de l’enquête, d’ici trois ans, pour vérifier que ces chiffres ont bel et bien évolué !

Et la clim’ en voiture ?

Dans une voiture, l’air de la clim’ est puisé au ras du sol, à proximité du pot d’échappement des véhicules voisins. Dans un embouteillage, mieux vaut couper la clim’ et passer en mode recyclage ! Par ailleurs, le problème des poussières y est d’autant plus crucial que l’on est souvent en contact direct avec l’air de la climatisation, soufflé en pleine face, et confiné dans le petit volume de l’habitacle de la voiture puisque les fenêtres sont maintenues fermées afin d’ éviter que l’air rafraîchi ne s’échappe ! Ne pas oublier de demander la vérification de la climatisation et l’entretien des filtres lors de la révision du véhicule par le garagiste ! Quant au choc thermique, pour l’éviter, il suffit de penser à arrêter la climatisation une demi-heure avant l’arrivée…


(1) Avis de l’Afsset du 9 juin 2009 relatif à l’évaluation du risque sanitaire pour l’homme lié à la présence dans l’air des bâtiments et sa diffusion par les éventuels systèmes de ventilation

Maladie de Chagas : On ne tuera pas toutes les punaises!

À défaut d’autres moyens d’action contre la maladie de Chagas, les programmes sanitaires en Amérique du Sud ont privilégié les campagnes de désinsectisation visant à éliminer des maisons les vinchucas, punaises qui transmettent la maladie. Une stratégie efficace ? Un reportage multimédia.

Paru sur le site de Science Actualités le 12/08/2010

 

Une zoonose parasitaire ignorée

Prévalence de la maladie de Chagas en Amérique du Sud (chiffres 2006) Dans le Gran Chaco, zone transfrontalière Bolivie-Argentine-Uruguay (zone hachurée), une personne sur seize est atteinte… D’après Outlook «Chagas Disease», Nature, 24 juin 2010. © DR

Avec près de 50 millions de personnes vivant dans des zones à risque et 9 millions de personnes infectées, la maladie de Chagas est bien plus répandue que le paludisme en Amérique latine. Elle reste pourtant ignorée de nombreux guides touristiques… et des programmes de recherche. Cette zoonose parasitaire est due à un protozoaire flagellé Trypanosoma cruzi (T. cruzi) transmis par les excréments de vinchucas (grosses punaises suceuses de sang) contaminées. Logiquement, le contrôle de la maladie de Chagas devrait donc passer par une lutte sans merci contre les vinchucas. Et, de fait, dans les pays concernés par la maladie, c’est-à-dire tous les pays d’Amérique centrale et du Sud, depuis le Mexique jusqu’au nord de l’Argentine, les programmes de lutte contre la maladie consistent en des campagnes de désinsectisation.

Qu’est-ce que la maladie de Chagas ?

La maladie de Chagas ou trypanosomiase américaine est une maladie parasitaire qui se transmet notamment à la suite d’une piqûre de punaise. Après avoir prélevé sa ration de sang chez sa victime, la punaise doit « lâcher du lest » pour espérer s’envoler à nouveau vers d’autres cieux… Or ses déjections sont contaminées par des colonies de Trypanosoma cruzi (T.cruzi), le protozoaire flagellé responsable de la maladie de Chagas. Se gratter au point de piqûre est une opération à haut risque car la victime favorise ainsi la pénétration des déjections contaminées de la punaise dans son sang, ou, plus indirectement, récupère des fécès de vinchucas sous ses ongles risquant alors, rien qu’en se frottant les yeux, d’introduire le parasite dans son organisme par la muqueuse conjonctivale. La maladie peut également se transmettre par d’autres voies : grossesse, transfusion, voie orale…

La primo-infection peut être totalement asymptomatique ou ressembler à un syndrome grippal. Il existe des tests de diagnostic sérologiques permettant de confirmer l’infection et un traitement anti-parasitaire qui donne d’assez bons résultats, pour peu qu’il soit administré suffisamment tôt. Lorsqu’elle n’est pas létale (la maladie est mortelle dans 5% des cas), cette primo-infection passe relativement vite, mais la maladie de Chagas peut aboutir, après des années de silence (jusqu’à trente ans !) au développement d’une forme chronique, affectant principalement les tissus nerveux du cœur (troubles de la conduction) et du système digestif. La forme digestive entraîne, après plusieurs années d’évolution, la constitution de méga-organes, notamment un méga-œsophage et un méga-côlon.

Des vinchucas et des hommes

Triatoma infestans Les populations sauvages de cette punaise bolivienne réinfestent régulièrement les maisons. © Clara Delpas

Les campagnes de désinsectisation sont globalement efficaces, au vu du nombre de personnes malades qui semble avoir diminué de près de moitié au cours de ces vingt dernières années, passant de 17 millions à 9 millions (dernières données épidémiologiques disponibles, OMS 2006 pour l’Amérique du Sud). Avec ses 9,7 millions d’habitants, la Bolivie continue cependant d’être le pays le plus touché : près de 1,5 millions de personnes, soit 15% de la population, sont infectées. Ces chiffres, qui reposent sur les estimations nationales, sont vraisemblablement en dessous de la réalité puisque le seul moyen d’établir précisément combien de personnes sont atteintes serait de procéder à un diagnostic sérologique systématique de l’ensemble de la population, ce qui n’a jamais été réalisé.

La Bolivie reste en 2010 le pays le plus pauvre d’Amérique latine (1). Pourtant, depuis 2003, la maladie est considérée comme une priorité nationale : le Programme National de Chagas (PNCH), mis en place par le ministère de la Santé de Bolivie, repose sur de vastes campagnes gratuites de désinsectisation. Un programme de santé publique salué au départ mais qui, année après année, semble s’épuiser : malgré tous ces efforts, les vinchucas continuent d’envahir les maisons. La raison en est simple : les logements ne sont pas toujours accessibles aux équipes de désinsectisation. Et ce, pour des raisons qui n’ont pas toujours à voir avec les contraintes logistiques. Par exemple, dans la région de Sucre, l’une des régions les plus contaminées de Bolivie, certaines populations indiennes vouent encore à ces punaises une véritable fascination, au point de fermer leurs maisons aux autorités responsables de la désinsectisation ! « À force de cohabiter avec, ils ont appris à aimer ces insectes sélectifs qui se nourrissent de sang avant le chant du coq. Ils les ont fait entrer dans leur vision cosmologique et s’en servent même pour l’élaboration de breuvages fortifiants ! », explique le Dr Alfredo Caballero Zamora, de l’université San Francisco Xavier de Chuquisaca, à Sucre (2).

Il y a aussi certainement un problème d’éducation sanitaire des populations qui ont coutume de laisser traîner autour de leur domicile tas de pierres et autres abris possibles pour les punaises, lesquelles peuvent ainsi échapper aux produits de désinsectisation tout en restant à proximité des maisons. Mais il existe aussi une autre raison, biologique celle-là : en Bolivie, leur terre d’origine, les vinchucas, déjà là du temps des dinosaures, comportent dix-sept espèces différentes. La plus commune et également la plus dangereuse, Triatoma infestans, est domestiquée dans les maisons de pratiquement toute la zone d’endémie. Mais, ce qui incite le plus au pessimisme est que cette vinchuca subsiste encore à l’état sauvage. Les populations sauvages restent tout simplement inaccessibles aux campagnes de désinsectisation, tout en restant un véritable vivier pour des réinfestations futures.

Vinchucas des villes, vinchucas des champs

Migrations modernes Le 15 août, à l’occasion de la fête de la Vierge d’Urkupiña, les pèlerins cassent des rochers qui abritent des vinchucas sauvages… et les rapportent chez eux. © François Noireau / IRD

Le Dr François Noireau, de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), traque l’insecte depuis plus de dix ans en Bolivie, après l’avoir pisté au Brésil. Pour lui, « il ne fait aucun doute que ces vinchucas sauvages participent à la réinfestation des maisons ». Ce que semblent confirmer les témoignages des habitants qui voient, à la nuit tombée, les vinchucas voler depuis les rochers voisins en direction de leurs maisons, attirées par la lumière. Mais, à l’heure de la biologie moléculaire, ces observations pleines de bon sens doivent être confrontées à l’épreuve de la génétique. « Aujourd’hui, constate François Noireau, les relevés de terrain et les analyses génétiques semblent bel et bien prouver que ces populations sauvages existent dans une grande partie de la Bolivie et qu’elles sont susceptibles de réinfester les maisons. »

Ces études sont complétées par des observations d’ordre sociologique, telles que celles réalisées à l’occasion des fêtes religieuses. « Les rites andins qui se déroulent à l’occasion du festival de la vierge d’Urkupiña pourraient permettent d’expliquer en partie la dissémination actuelle des punaises sauvages jusque dans le nord de l’Argentine », affirme François Noireau. Apparue dans les années 1970, cette fête se déroule tous les ans dans les environs de Quillacollo (17°26’S 66°17’W), l’un des sites d’étude de l’IRD. Elle rassemble autour du 15 août près d’un million de pèlerins venus de toute la Bolivie et même du nord de l’Argentine. Avec des rites qui sont autant d’explications à un rapprochement avec les vinchucas sauvages : par exemple, casser à la pioche des rochers et les garder chez soi jusqu’à l’année suivante est certainement l’occasion pour tous ces pèlerins de rapporter quelques vinchucas à la maison.

Une maladie mondialisable ?

Les enfants cibles de la maladie Les enfants des villages envahis de punaises sont très concernés par une maladie qui, parce qu’elle a un temps de latence particulièrement long, risque de se déclencher à un âge bien plus avancé… © Clara Delpas

Heureusement pour le reste du monde, la vinchuca responsable de la maladie de Chagas, version sauvage ou domestique, n’a jamais été retrouvée en dehors du continent américain. Mais il n’en est pas de même du trypanosome, le parasite responsable de la maladie de Chagas. « En effet, il existe d’autres modes de transmission du parasite que le contact avec la vinchuca », constate François Noireau. « Avec le développement de l’immigration sud-américaine, voire du tourisme, la maladie de Chagas peut être amenée à se répandre bien loin de ses terres d’origine. »

Selon l’OMS (3), elle est maintenant présente aux États-Unis, au Canada, dans le Pacifique occidental ainsi qu’en Europe. La transmission mère-enfant explique, par exemple, que des enfants d’émigrées sud-américaines atteintes contractent la maladie pendant la gestation. « Une femme enceinte infectée a de 3 à 5 % de risques de transmettre le parasite à son enfant », précise François Noireau. Il existe aussi une transmission par voie sanguine, invitant à la vigilance quant aux transfusions ou greffes d’organes. Ainsi, en 2005, à la suite de cas de sang contaminé par le parasite à la banque de sang de Cayenne (Guyane française), une procédure de dépistage sérologique de la maladie de Chagas a été mise en place par l’Établissement français du sang (EFS) pour toutes les personnes à risque d’avoir été infectées. (En France, depuis lors, toutes les personnes ayant séjourné en zone d’endémie sont interdites de don de sang dans les quatre mois qui suivent leur retour.)

Enfin, la transmission par voie orale semble plutôt accidentelle – si ce n’est peut être pour quelques Indiens quechuas, avec leurs boissons rituelles à base de vinchucas – mais le risque est réel : en 2005, à Florianopolis (Brésil), une épidémie de maladie de Chagas chez des dizaines de touristes a trouvé son explication dans les pratiques des marchands de jus de canne à sucre : les échoppes ambulantes éclairées étaient placées juste sous des arbres infestés de vinchucas sauvages. Attirés par la lumière, les insectes venaient s’y brûler, tombant directement dans les jus ! En Amazonie, la production artisanale de jus d’açaï, un fruit tropical, a été également citée comme responsable de petites épidémies de la maladie. Au-delà de ces épiphénomènes, un constat inquiétant s’impose : pour l’OPS (l’Organisation Pan-Américaine de la Santé), la maladie de Chagas fait toujours partie des maladies « orphelines ». Et ce n’est pas le grand nombre de cas recensés qui en fera mentir la définition, puisque la maladie touche encore majoritairement des communautés indigènes vivant en zone rurale, en dessous du seuil de pauvreté… Or, « maladie orpheline », il faut le rappeler, signifie maladie délaissée par la recherche faute de débouchés commerciaux suffisants pour les laboratoires pharmaceutiques. Reste l’espoir que, du fait des difficultés à éliminer le vecteur mais surtout de l’extension de la maladie à d’autres populations dans le monde, la recherche pour lutter contre la maladie de Chagas prenne enfin son essor.

(1) Selon les données de l’Agence canadienne de développement international http://www.acdi-cida.gc.ca/acdi-cida/ACDI-CIDA.nsf/fra/JUD-129112821-MB…, un Bolivien sur cinq vit avec moins de 1,25 $ par jour.

(2) Caballero Zamora A – « Actitudes y creencias de los Indios Quechuas de la provincia de Zudanez, Departamento de Chuquisaca, Bolivia, frente al vector de la enfermedad del Chagas ». Travail co-financé par les instituts belges et suisses de recherche sur les maladies tropicales.

(3) OMS – Aide mémoire n°340 – Maladie de Chagas (trypanosomiase américaine), juin 2010. (http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs340/fr/index.html)

             En août 2011, François Noireau est décédé accidentellement à son domicile de Cochabamba. Pensées pour ce scientifique et médecin humain hors-pair.



(1) Selon les données de l’Agence canadienne de développement international http://www.acdi-cida.gc.ca/acdi-cida/ACDI-CIDA.nsf/fra/JUD-129112821-MBV#a1, un Bolivien sur cinq vit avec moins de 1,25 $ par jour.

(2) Caballero Zamora A – « Actitudes y creencias de los Indios Quechuas de la provincia de Zudanez, Departamento de Chuquisaca, Bolivia, frente al vector de la enfermedad del Chagas ». Travail co-financé par les instituts belges et suisses de recherche sur les maladies tropicales.

(3) OMS – Aide mémoire n°340 – Maladie de Chagas (trypanosomiase américaine), juin 2010. (http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs340/fr/index.html)

Peut-on se protéger des champs électromagnétiques?

A chacun de prendre ses dispositions pour éventuellement se protéger de ces ondes ! Est–ce seulement possible ? À en croire les catalogues, d’ingénieuses trouvailles ont été faites ces dernières années  pour se protéger  et il est aujourd’hui possible de s’équiper pour s’isoler parfaitement des ondes électromagnétiques.

Effectivement, il existe des protections dites de « blindage » qui arrêtent purement et simplement ces ondes. Le principe de ces tissus est assez simple :  c’est un blindage, un peu  comme la grille métallique du four à micro-ondes, qui  empêche les ondes de sortir , donc les fuites électromagnétiques. Il suffit que le diamètre des trous de la grille soit inférieur à la longueur d’ondes des ondes électromagnétiques. Ainsi, l’onde est tout simplement arrêtée par la grille, et renvoyée.

Illustration : pour protéger votre cerveau, portez une casquette intégrant un tel treillage de fibres métalliques conductrices.  Pour protéger vos organes reproducteurs des mutations de l’ADN que les ondes des téléphones portables sont présumées y entraîner, équipez vous de sous vêtements de coton et de lycra intégrant du fil d’argent ! La redoutable efficacité de ces dispositifs peut bien sûr être vérifiée, sur le même mode que le test du four à micro-ondes (voir plus haut): il suffit de placer le portable sous la casquette, dans le slip et d’ essayer de l’appeler avec un autre téléphone. Il ne devrait plus sonner.

À une plus grande échelle, vous pouvez même protéger ainsi toute votre habitation ! Il existe des peintures à base de carbone qui arrêtent les ondes des antennes-relais et les tissus anti-ondes se déroulent au mètre, pouvant constituer des voilages à poser aux fenêtres, principal lieu de passage des ondes électromagnétiques. Vous pouvez aussi vous équiper d’un lit  à baldaquins, équipé de ces moustiquaires transparentes  en tissu anti-ondes. Autre dispositif, dont l’efficacité n’est par contre absolument pas prouvée, et dont le principe reste encore inconnu (car il serait issu de la technologie militaire, selon les brochures des fabricants) : les oscillateurs magnétiques de compensation (CMO). Ils fonctionnent sur le principe de la compensation comme leur nom l’indique. Lorsque l’onde arrive, ces dispositifs émetttraient une « contre-onde », censée compenser la perturbation  biologique de l’onde électromagnétique. L’usage du conditionnel est de rigueur, puisque qui dit militaire dit ..secret défense !

D’autres « stop-ondes » fonctionnent sur le principe de champs de torsion ou d’ondes de forme, avec des allégations plus ou moins ésotériques. Il y aurait aussi…la   BIO MUSIC : des CD de musique d’ambiance, incorporant des fréquences rééquilibrantes , basées sur des Champs uniformes d’Ondes Sonores,  qui  aideraient à améliorer le bien-être de tous les êtres vivant (personnes, animaux et plantes) ainsi que la qualité biotique de l’air et de l’eau.

De nombreux dispositifs sont disponibles sur ce marché florissant, certains disposent d’études scientifiques, d’autres de la seule bonne parole de leurs fabricants… alors un peu de méfiance et de discernement ! L’histoire récente du D’Faz,   un autocollant vendu 10  € à appliquer sur le dos du téléphone,  devrait nous inviter à la prudence.  Ses fabricants  n’avaient  pas hésité à utiliser la caution scientifique… de chercheurs ou de centres parfaitement inexistants !

Pour en savoir plus
C’est à lire! Un guide pratique conçu comme un aide mémoire, tous publics, jeunes et moins jeunes, pour répondre à l’essentiel des questions que tout utilisateur de téléphone mobile ou d’internet sans fil est susceptible de se poser. Quels sont les effets du portable ? des antennes ? Comment choisir son téléphone ? Comment limiter son exposition ? Écrit par un  scientifique du Criirem, sa présidente-fondatrice, et un journaliste scientifique, cet ouvrage à 6 mains se décompose , comme le rappelle le sous-titre, en trois parties :  « Comment ça marche ? Quels effets sur le vivant ? Comment s’en protéger ? ». Clair et facile à lire, il donne des solutions concrètes et utiles et fourmille d’explications scientifiques pour mieux comprendre ces (m)ondes qui nous entourent !
Catherine GOUHIER, Michèle RIVASI, Maxence LAYET – « Survivre au téléphone mobile et aux réseaux sans fil » – Ed. Le Courrier du Livre, 350 pages, 2009, 18€

Contacts

Association nationale Robin des Toits  55 rue Popincourt, 75011 Paris  Tél.  01 43 55 96 08 (de préférence le matin entre 08h00 et 08h30 et entre 20h30 et 21h00 http://www.robindestoits.org/

Agir Pour l’Environnement, 2, Rue du Nord 75018 Paris Tél. 01.40.31.02.37 http://www.agirpourlenvironnement.org/

PRIARTéM  5, Cour de la Ferme Saint-Lazare 75010 Paris Tél. 01 42 47 81 54  http://www.priartem.fr/

CRIIREM Centre de Recherches et d’Informations Indépendantes sur les Rayonnements Electromagnétiques
(mesures) 19 à 21 rue Thalès de Milet, 72 000 Le Mans Tél. 02 43 21 18 69 http://www.criirem.org/

ARTAC 57/59 rue de la Convention – 75015 Paris   Tél. 01 45 78 53 53
http://www.artac.info/

Les maladies des nouveaux animaux de compagnie

Avoir un chien  ou un chat ? Pas très original ! Certains préfèrent porter un rat sur l’épaule ou un serpent autour du cou ! D’autres adoptent des mygales, des  furets, des singes …de quoi satisfaire les besoins de compagnie les plus exotiques! Depuis les années 1970  les  NAC  ( Nouveaux Animaux de Compagnie) connaissent un vif engouement. Mais au-delà de la mode, on oublie souvent qu’ils sont des vecteurs parfois forts dangereux de maladies !

Surnommés NAC au début des années 80 par le vétérinaire lyonnais, Michel Bellangeon,. des animaux, souvent sauvages, ont commencé à être adoptés comme animaux de compagnie. Aujourd’hui, 5% des français possèderait les quelques 18 millions spécimens estimés. Parmi ces nouveaux compagnons, on recense des animaux exotiques (tels que des perroquets, mainates et autres oiseaux, des reptiles, comme des iguanes ou des serpents…), mais aussi, plus classiques tels ces petits rongeurs que l’on trouve fréquemment jusque dans les salles de classe (cobayes, hamster…) ou plus insolites (mouches, araignées, escargots ou vers à soie). Comme le rappelle François Moutou, épidémiologiste à l’AFSSA et président de  la Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères  (SFEPM), « Pour que ces animaux soient vendus, ils doivent être sains. Or les animaux voyagent avec leurs maladies, et surtout, avec les agents de celles-ci, et ce d’autant plus facilement qu’on ne les connaît pas ou bien mal ». Car, pour l’essentiel des espèces,   la durée d’incubation de nombreuses maladies reste inconnue :  ces maladies peuvent donc se déclencher après l’acquisition de l’animal. Et certaines d’entre elles sont transmissibles à l’homme. Ces « zoonoses » (du grec zôon, « animal » et nosos, « maladie ») peuvent être, comme toutes les maladies, apportées par des bactéries, par des virus ou par des parasites. « Il est assez surprenant de réaliser que certains des germes craints par les services de santé et de sécurité de quelques grands pays voyagent plutôt librement à travers les continents grâce au commerce florissant des animaux de compagnie exotiques ! » s’exclame François Moutou.

Le grand retour de la peste et de la rage ?

Maladie bactérienne des rongeurs désertiques, la peste a tenu le rôle principal dans les funestes chroniques de l’Europe du moyen âge. Mais on la trouve toujours  aujourd’hui en Asie, en Afrique ou en Amérique où elle sévit régulièrement, notamment depuis 2000 chez  les chiens de prairie à queue noire (Cynomys luduvicianus). Or ces animaux si mignons ont eu une place belle parmi les NAC.  Capturés dans la nature, ils ont eu l’occasion de donner à quelque uns de leurs (mal)heureux propriétaires quelques   puces infectées vectrices de pestes buboniques! Pas en Europe, heureusement, qui les a  interdit en 2003.  C’était d’ailleurs pour une autre raison, mais pas des moindres ! En effet, les chiens de prairie, à la suite de contacts rapprochés en animalerie avec des rats de Gambie, se sont mis à être atteints d’une forme de variole spécifique à l’Afrique , la variole du singe. L’interdiction a fait suite à une épidémie de Monkeypox qui a eu lieu aux Etats Unis en juin 2003 et fait 72 victimes !

Autre maladie  très étroitement surveillée : la rage.  Alors qu’on la pensait disparue depuis 1998 de notre territoire, des importations d’animaux  l’ont faite ressurgir en 2003. Bien sûr, on pense aux chiens, mais saviez-vous qu’en Belgique, une chauve-souris acquise en animalerie en 1999 s’est avérée être atteinte de rage ? Même si on peut s’étonner d’adopter une chauve-souris comme animal de compagnie,  la prudence s’impose !  Car bien d’autres maladies sont susceptibles d’être données par nombre de ces « nouveaux » animaux de compagnie !

 « Pourquoi acheter des produits alimentaires en détaillant l’étiquette et un animal vivant sans se poser de question ? »  ironise François Moutou. Se demande-t-on seulement par exemple dans quelles eaux voyagent les poissons  exotiques de nos aquariums?

 

Rongeurs : virus, bactéries et dermatoses

On connaît la chanson : « Il court il court le furet ». Au point qu’aujourd’hui tout furet (mustella putorius fero), circulant dans l’union européenne doit être identifié par une puce ou un tatouage et vacciné contre la rage. Normal ,  on le trouve en vente dans les animaleries, prêt à loger dans nos maisons. Certes, il est  domestiqué depuis 5000 ans, étant élevé traditionnellement pour sa fourrure et pour la chasse aux lapins . Mais  ce n’est qu’il y a peu qu’il  a gagné le statut de NAC. Il est d’ailleurs devenu aux Etats-Unis  le troisième animal de compagnie, avec plus 5 millions de congénères !  Il n’y a pas que la rage que pourrait donner le furet.  Risque de tuberculose  … salmonellose … campylobactériose ou de nombreuses parasitoses , cette longue liste impose quand on   choisit un furet comme animal de compagnie de respecter de nombreuses précautions !

La fréquentation de rongeurs plus petits, voire plus classiques (lapins, rats, souris, chinchillas, hamsters, cobayes) n’est pas vraiment plus sûre : on peut par exemple y gagner une belle dermatose comme une acariose des rongeurs ou une teigne à Trichophyton mentagrophytes… Voire une maladie bien plus sérieuse : en 1974, des hamsters  distribués en cadeau de Noel ont ainsi entrainé une épidémie de choryoméningite lymphocytaire faisant des dizaines de victimes en Allemagne !

Reptiles : gare à la salmonelle !

Outre les risques de morsures ou de piqûres,  le contact avec les reptiles se fait ne serait ce que par le nettoyage du terrarium ou de l’aquarium. Les tortues aquatiques (en particulier de Floride) sont souvent agressives et vectrices de salmonelloses. Ainsi, des estimations avancent que 80% des tortues d’eau, 65% des lézards et 50% des serpents, hébergeraient des Salmonelles ! Comme le précise François Moutou «  Très régulièrement, des études épidémiologiques comparent les troubles intestinaux chez les enfants des classes abritant un reptile-le plus souvent une tortue) et chez les enfants des autres classes. Presque toujours la différence est significative ! ». Le problème est tel qu’aux USA,  un marché de tortues “salmonella free » s’est développé après qu’une grande  épidémie de salmonellose se soit déclenchée chez des propriétaires dans les années 1970 … éviter la salmonelle dans l’élevage n’est pas aisé : il faut « zénifier » les conditions d’élevage, puisque l’excrétion de la bactérie semble liée au  stress de l’animal !

Mais de grâce, ne les abandonnez pas !

Le problème est d’autant plus crucial que bon nombre de ces animaux risquent de se retrouver, abandonnés de leurs propriétaires  dans la nature, où ils constituent des réservoirs de maladie pour tout l’environnement : les  marsupiaux australiens (Trichosorus vulpecula),  appelés « possum » ou phalanger renard, sont des réservoirs de   tuberculose bovine… comme les tortues, vecteurs de la cowdriose, transmise par les tiques aux bovins.  Leur libération dans la nature risque donc d’entraîner en plus de graves désastres écologiques, en particulier dans les élevages ! Une raison supplémentaire, à la veille des vacances, pour ne pas abandonner ces « nouveaux animaux de compagnie » !

 Clara DELPAS

 

Pour en savoir plus

François  MOUTOU  La Vengeance de la civette masquée (SRAS, grippe aviaire…d’où viennent les nouvelles épidémies ?), 2007, Editions Le Pommier

ENCADRE

ESPECE MALADIE
Cobaye TeigneGale
Hamster Chorioméningite lymphocytaireTeigne
Furet GrippeRageCampylobacter

Salmonelloses

Tuberculose

Leptospirose

Listériose

Cryptococcose

Toxocarose

Giardiase

Mycoses (Dermatophytes)

Souris, gerbilles, chinchillas TeigneSalmonelloseYersiniose

Haverhilliose

Leptospirose

Chorioméningite lymphocytaire

Streptobacillus moniliformis

Taenia

Giardia

Cryptosporidies

Mycoses (Dermatophytes)

Chiens de prairie (interdits)  Variole du singePeste 
Lapin TeigneEctoparasitesPasteurelloses (morsure, griffure)

Salmonelloses

Yersiniose

Tularémie

Listérose

Rat EctoparasitesLeptospiroseStreptobacillus moniliformis

Peste

Typhus murin

Serpents et Reptiles (Iguane,Geckos)  CampylobacterMycobacterium marinumFièvre Q (serpents importés)

Salmonellose

Zygomycose

Yersinia

Aeromonas

Tortues SalmonellesYersiniaEdwardsiella tarda

Plesiomonas

 

Poissons Mycobactéries atypiquesErysipelothrixMelioidosis

 

 

 

 

Fascinant marché…

La Cancha, c’est le grand marché de Cochabamba, je n’avais encore jamais vu une telle étendue, doublée d’une telle diversité et de tant de monde ! J’ai beau essayer d’en faire le tour, c’est juste impossible, à chaque fois je m’y perds, je me retrouve dans l’une des nombreuses avenues qui en délimitent la superficie  et j’en suis bonne pour regarder à nouveau mon plan, voire essayer de me repérer à quelques bâtiments en hauteur, du style l’hôtel Canada ***, la banque BCP , voire même le corcovado de la colline…Il y a par exemple, une halle entière couverte avec rien que des bananes, des plantains, des normales, des petites. Ou bien encore des allées de téléphones mobiles et matériel hi fi. Ou de vélos, de pneus, de machines à coudre, d’aliments pour animaux (oui, on dit que les Boliviens crèvent la dalle, mais les croquettes whiskas s’achètent au poids), de céréales (où j’ai ENFIN pu voir quinoa, amarante, etc…). Bien entendu, c’est toujours difficile de faire des photos dans un tel endroit, les indiens n’aiment pas être photographiés. Alors parfois je demande, pour avoir un sourire sur des fruits et légumes.  D’autre fois, je  ne demande pas, la photo se laisse prendre, comme ça, sans que j’ai eu la moindre préméditation. Bon mon matériel est discret, j’ai pris mon petit appareil de secours, laissant l’autre enfermé dans ma chambre d’hôtel. C’est en déambulant ainsi, en me perdant dans les bruits, les odeurs, les couleurs, dans ce fourmillement intense de gens, dans ces allées où l’on peut aussi  manger et boire à chaque détour, papillas de yuca au fromage cuits sur charbons, chicha de maïs, empanadas frits, conaques, jus d’orange, canne à sucre, maté…, que je suis tombée sur le marché des brujas, les sorcières. Elles ont de petits autels à la Pachamama, mais aussi toutes leurs herbes traditionnelles, et puis impressionants, des foetus de lamas séchés, à tous les stades ou presque de gestation. Je rappelle pour  ceux qui ne savent pas à quoi servent ces foetus qu’il s’agit des offrandes qui seront faites à la Pachamama, avant des travaux importants, pour assurer le succès de l’entreprise…. Encore une chose qui a été soigneusement occulté pendant la Cumbre, comprenez, ça aurait fait désordre au milieu des végétariens et des écolos. Des foetus de lamas, et oui. La preuve…Pour cette photo j’ai demandé l’autorisation de photographier juste les foetus. Et à un autre stand, encore plus impressionnant, quand  j’ai demandé, la sorcière m’a demandé un dollar, je lui ai rit au nez. Et n’ai pas fait de photo.

Les sorcières sur le marché, c’est quand même pas un truc courant. Comme j’avais vraiment une grosse crève, j’en ai profité pour demander à ce qui tenait plus d’une herboriste un remède. Et MAGIQUE, le nez dégagé d’un coup d’un seul. Incrédible , non? Bon, si les hypermarchés sont intéressants certes d’un point de vue sociologique ,franchement, les marchés ça vaut le coup d’oeil, surtout en Amérique du Sud. De grands marchés un peu exotiques et foutraques je ne connaissais que le marché …de Belleville. Et bien là, j’ai connu l’apothéose!!!!

Hasta luego! Dans quelques heures, je décolle avec une escale à Sao Paulo.

Et Cochabamba, in fine….

De retour à Cochabamba pour mon dernier week end, je repars lundi matin (début d’après midi en France)…
J’ai naturellement plein de petits bobos , genre tiques araignées et compagnie, et une grosse crève purificatrice… plus une prise de tête avec la compagnie aérienne qui gérait mon retour de Rurrenabaque : au dernier moment ils ont retardé mon vol de samedi matin pour la Paz ce qui fait que je ratais ma correspondance à La Paz pour Cochabamba… du coup , j’ai du faire une course poursuite jusqu’à l’aéroport en moto-taxi et chopé un vol vendredi après-midi avec une place en liste d’attente pour Cochabamba pour le vendredi soir …avec une surtaxe pour changement de vol  alors qu’à Rurrenabaque le directeur m’avait dit que tout était réglé.
Ceci dit je me plains pas : Rurrenabaque, on en a vite fait le tour, c’est une pompe à fric pleine de touristes et ça me gavait un peu. Et puis, à la Paz, ma halte forcée en transit m’a fait contacter Jean Pierre Bastien, le journaliste canadien avec qui je communique depuis la Cumbre par correspondance et téléphone, vu qu’il fait des reportages sur le lithium et  le quinoa. Du coup on a eu tout le temps pour se rencontrer autour d’un cappuccino bien chaud (dingue ce qu’à La Paz il caille, et en plus il flottait…). On s’est fait un échange d’audio, lui m’a donné l’interview de Marcelo Castro, le directeur de la mine pilote de lithium du salar, et moi l’audio de la conférence de l’université San Simon du Centro para la Democracia à propos du lithium. Et puis comme ça ce matin, j’ai pu faire une grasse matinée, et me lever à l’heure où j’aurais du arriver à Cochabamba…
Mais quand même cette histoire de taxe, comme je ne trouve ça pas juste vu que ce n’est pas de ma faute si le vol était annulé j’ai été en parler à l’agence touristique qui m’avait vendu le billet, et qui s’est empressé d’appeler la compagnie à rurrenabaque : et ceux là,  de parfaite mauvaise foi, ont prétendu m’avoir téléphoné pour m’avertir de l’annulation vendredi matin!!! Alors que c’est à l’ouverture de l’agence que je venais confirmer mon vol et qu’ils m’ont annoncé le changement ! Du coup l’agence m’a conseillé de porter plainte à la police touristique. L’occasion de voir à quel point j’ai progressé en espagnol, j’ai pu tout expliquer et ils m’ont compris…comme je leur disais c’est pas pour les sous, 60 Bs ça fait guère que  6 euros, c’est pour le principe… ils ont eu l’air de m’approuver, tout en me recommandant de faire très attention dans la cité de Cochabamba. Entiendo, bien sûr,  je laisse tout mon matos à l’hôtel, ne prend que le strict nécessaire.
Voilà pour les dernières news, Clarita in the fight for her rights, mais tout va bien, j’ai passé un mois extra ici. Je passe mes derniers temps à faire quelques courses, en quête de liqueur de coca, j’ai poussé jusqu’à l’hypermaxi, un supermarché, le seul du coin, mais ils n’en avaient pas. J’ai pu en tout cas parfaire ma connaissance des us et coutumes boliviennes ( comme dit ma mère , qui pratique assidument la sociologie des supermarchés, c’est à un supermarché qu’on voit comment les gens vivent. )  Effectivement, encore l’occasion de souligner le paradoxe bolivien entre les palabres et l’action : zont parlé quinoa à la Cumbre…oui…mais..dans les rayons de l’hypermaxi, rien que des pâtes, Barilla et autres, et du riz… Décidément….
Toujours en quête de liqueur de coca, j’ai demandé au chauffeur de taxi qui m’a dit que je parlais très bien le castillan  , m’a donné son nom, Carlos Paz, et m’a orienté sur la Cancha, ça tombe bien je loge à côté..Mission de fin d’après midi : je dois trouver une boutique où on vend de gros gâteaux crémeux et demander à la proprio qui en a une réserve privée parait il…

Retour à Rurre…

Dans la jungle, on mange des fèves fraîches de cacao...indescriptiblement bo

Dans la jungle, on mange des fèves fraîches de cacao...indescriptiblement bo

Bien, 5 jours dans la jungle à pister le jaguar, les pumas, osselots, mais aussi aras, toucans, oro pandulo, et encore tapirs, holy monkeys et singes capucins, je vous dis qu’une chose : ça crève. D’ailleurs, j’en ai chopé une bonne, de crève, à dormir dans la jungle, où, Amazonie oblige, il pleut souvent averse la nuit ! M’enfin c’était super, j’ai eu de la chance, non seulement j’ai eu un guide personnel, mais en plus, on était accompagné d’un cartographe du parc Madidi, avec qui j’ai pu discuter des problèmes liés à la préservation des espaces naturels du parc. J’ai fait quelques photos , un euphémisme bien sûr, et surtout fait des videos, et pris beaucoup de sons. Appris aussi beaucoup du mode de vie des indiens Tacanas, même si paradoxe du développement, ils sont amenés à déserter de plus en plus la forêt, scolarisation des enfants oblige. Pas d’école officielle dans la jungle, obligation d’aller à Rurrenabaque… Aujourd’hui, bien sûr mauvaise surprise, mon avion est reporté pour demain matin, ce qui fait que je ne vais pas avoir ma correspondance pour Cochabamba, du coup, ça m’occupe une partie de la journée, car avec la compagnie on cherche une solution, probable que je parte toute à l’heure…si l’autre compagnie me donne une place… sinon sans entrer dans les détails, la perspective d’un retour jusqu’à la paz en bus (18 heures…) ne m’enchante guère…Bref , attente et jus de maracuja au café de la jungle…

voici l’album de quelques unes de ces photos…cliquez ici

Lost in the jungle?

Et bien me voilà arrivée à Rurrenabaque, lost in the jungle, pero con Internet et wifi. Enfin demain je ferai moins ma maline, ça y est je viens de rencontrer les gens de l agence indigène Mashequipe et je pars pour un trip de 5 jours dans la selva( la jungle) avec eux en bateau. Ils rassemblent en fait deux communautés indiennes qui cherchent à la fois à préserver la forêt amazonienne et à développer une sorte d’eco tourisme où ils apprennent aux participants à pêcher, cueillir les fèves de cacao, cuisiner dans des feuilles de bananiers, faire des onguents etc… Retour jeudi soir donc… Ici à rurrenabaque à part le tourisme communautaire on prône la jungle adventure, moi je vous dis à la Lost in the jungle…, même qu’on m’a proposé une cérémonie avec prise d’ ayahueshca le vendredi soir! Sachant que la cérémonie chamanique est suivie d’une nuit sous case en jungle et que mon avion décolle à 7h du mat samedi prochain c est pas bien raisonnable… D’ autant que le chamanisme à 400 bolivianos le trip me semble plus mercantile qu autre chose… Et que la rencontre avec l’organisateur, l air un peu débile avec des yeux hallucinés au plafond ne m a pas franchement inspiré d’ envie d ‘essayer!!!! Et qu en plus parait il voici 15 jours un gringo français est mort ici, probablement après un mauvais trip aux lianes, de source proche de l’ambassade….
<href= »http://www.clarissimo.org/wp-content/uploads/2010/05/l-2048-1536-db3888cd-5e25-4eb3-be9b-607ab3726af21.jpeg »>

Un peu de boulot à Toro Toro

J’ai la chance de partir avec l’équipe Chagas au parc de Toro Toro. Ce parc, plein de grottes magnifiques (photos à venir de ma visite spéléo!!), est situé à 130 km de Cochabamba. Il a aussi les plus nombreuses empreintes de dinosaures fossiles …c’est impressionnant de voir les traces des sauropodes, ankilosaure, raptosaure, etc…préservées après tant de millions d’années. J’ai suivi François Noireau  dans les hameaux et sur les rochers où il a été poser des pièges . Là  encore, d’autres explications sont à venir…