Le voyage au Cachemire


Notre train est à quai, n°5, le Uttar S Kranti, avec des wagons bleus  peints SLEEPING, Nous sommes dans le sleeping 6, places 43 et 46. Et là commence une aventure typique , il faut vraiment venir en Inde, bien évidemment, pour connaître les trains indiens. Cela ressemble à un dortoir géant, avec juste quelques cloisons de séparation entre blocs de 6 couchettes, et des couchettes dans l’espèce de couloir de circulation. Des toilettes à la turque à chaque bout du wagon, ça pue la pisse dans tout le wagon. On est sur les couchettes du haut, juste sous les ventilos (bien évidemment éteints, c’est l’hiver) , sur une sorte de planche recouverte d’un skai bleu un peu défraichi, ambiance..carcérale. Enfin de ce qu’on voit dans les films.

On a nos bagages avec nous, on dort ici, mais ici c’est très familial, c’est plein d’indiens, que des indiens d’ailleurs. Des vendeurs ambulants de thé, de biscuits, de chips, de plats chauds défilent. On s’endort tôt.  Klara bizarrement n’a plus envie d’aller aux toilettes..enfin surtout pas dans le train. Gaelle est plus courageuse, d’ailleurs elle adore les toilettes à la turque, elle y va même deux fois ! (mais comment fait-elle ? surtout dans le train !).A toutes les gares, le train s’arrête une bonne demi-heure, une femme débite en hindi plein de noms probablement de correspondances, ou de prochains trains, etc…et on repart dans une secousse , avec les vendeurs de tchai, de plats chauds… etc..Ah oui, et avec les ronfleurs, un joli concert qu’on mettra  en ligne bientôt. Après cette nuit épique, où on a quand même relativement bien dormi, on arrive à Jammu à 7h du matin.  Et là pas plus d’une demi-heure plus tard, nous nous retrouvons dans …une jeep pour Srinagar. 5 h de route nous a-t-on dit. Parce que nous avons pris une jeep partagée, plus une guest house à Srinagar. Il fait beau, le paysage  est très vite à couper le souffle. Nous sommes dans le Jammu, puis dans le Cachemire…. Les singes sont nos  vaches de chez nous, regardant les voitures passer… Tout au long de la route, l’entreprise BRO se charge de couvrir les parois montagneuses de pierres pour éviter les éboulements, et agrémente son travail de messages écrits sur des bandes jaunes bordées de rouge , des messages mi-philosophiques, mi prévention routière, comme «  If you’re married, divorce, you’re too speed ! » (Si vous êtes mariés, divorcez vite, vous roulez trop vite)…  beaucoup de militaires, partout, dans les maisons, sur les places, dans les forts militaires, dans les champs, une omniprésence qui nous rappelle que la guerre est bien proche et qu’elle a fait beaucoup de ravages. Et comme partout qu’elle profite en premier lieu aux promoteurs immobiliers, qui construisent de belles maisons, modernes qui du coup donnent un côté assez prospère au pays. A un checkpoint, on nous a demandé de sortir une par une de la voiture. Et nous avons été interrogées dans une petite cabane par deux militaires sur quel était notre métier, combien de temps on restait, ce qu’on venait faire ici… ils ont pris nos numéros de passeport. Aux abords de Srinagar, des champs enneigés , avec  quelques panneaux plantés précisent qu’ici on cultive le « world most famous saffron » . Le safran le meilleur du monde.

On n’est plus en Inde, les panneaux sont écrits en arabe, ici, ou en cachemiri, une langue différente mais à la scriptographie proche, les tailleurs de pierre sur le bord des routes ressemblent aux pakistanais, même le costume local, un poncho de cachemire, ressemble ni plus ni moins à une djellabah, les femmes sont voilées, certaines même portent la burka. C’est étrange.

Srinagar n’a pas grand-chose d’indien.  Des mosquées partout, contre deux temples, dont un à 5 km perché sur une montagne, et un autre au nord de la ville. Dans les rues, les poteaux électriques sont équipés de haut-parleurs pour diffuser les appels des muezzins. Et puis ,un peu comme à Dehli, des glues, toujours et encore, des gens qui proposent de tout et qui insistent pour qu’on achète, qui proposent de nous assister etc…

L’accueil de la guest-house est chaleureux, jusqu’au moment où, nous  rentrons dans la chambre, et où nous nous rendons compte..qu’il n’y a pas de chauffage. On a beau nous rassurer avec les couvertures chauffantes, le premier thé que nous prenons dans la chambre est très bon (c’est du kawa, la boisson locale ici, un mélange de cardamome verte et de cardamome noire) mais ne nous réchauffe pas vraiment… Du coup, nous passons quelques moments sous la couverture, avant le dîner que nous avions demandé à 20 h pour finalement l’avancer dès que possible. Gaelle avait demandé sans épice à Rezvana, notre hôte,  …et même Klara, qui a l’habitude des épices, n’avait pas mangé un truc aussi épicé depuis longtemps….sympathique…. En fait, ici ce n’est pas sans épice qu’il faut demander (not spicy), c’est sans piment, le piment n’étant pas une épice (no mirschi) . Maintenant qu’on le sait… notre hôte, Azar, s’est aussi mis  à nous proposer des tours, de louer une voiture, d’aller à deux heures de route voire une station de ski, sûrement magnifique certes, mais on n’est pas équipé pour ça, et puis il est étouffant et ne semble pas vouloir nous lâcher d’une semelle. En plus son anglais sommaire ne rend pas la conversation fluide. Nous lui annonçons que demain nous voulons nous promener librement, aller à l’office de tourisme récupérer un plan de la ville et nous connecter à internet.

Nous passons une nuit…glaciale. Malgré les couvertures chauffantes. Le réveil, au lever du jour , par l’appel à la prière… et puis surtout, la panne d’électricité depuis 6 heures du matin, qui fait que le lit est devenu froid.. et qu’il n’y a bien évidemment pas de moyen de brancher le convecteur électrique qu’Azar nous a promis la veille, et qu’il ne nous a pas monté, pour sûr. Heureusement, il y a de l’eau chaude , et, comme à l’ancienne, on se lave dans un seau  qui se trouve dans la baignoire, en s’arrosant avec une petite cruche (alors qu’il y a une super douche avec des jets masseurs ,comme dans un SPA et une super baignoire avec un repose tête !! )… mais la douche ne marche pas et le ballon ne contient que 45 litres d’eau. Donc, on ne se lave pas les cheveux, mais ça ne dérange pas les indiens car ils aiment les cheveux de Clara, allez savoir pourquoi.

Notre première étape, aujourd’hui, l’office de tourisme, où on nous dit que on doit nous fournir du chauffage  ou du moins des bouillottes et des couvertures pour supporter  le froid. Et sans supplément. Pour la connexion internet, ils nous proposent la leur mais elle est tellement lente qu’on renonce très vite. On part se balader, c’est grand , on arrive vers les canaux, toutes ces maisons sur pilotis et ces House boats étonnants, et ces chauffeurs de pirogue qui nous appellent, on fait un tour avec un vieux gondolier, il nous emmène jusqu’au Dal Lake, des marchands nous abordent en pirogue, ils veulent nous vendre des bijoux, moches et kitch, des boîtes décoratives, des cartes postales, (bien sûr, pas en même temps, les uns après les autres, à 10 minutes d’intervalle chaque, mais c’est comme s’ils s’étaient donné le mot). On a dit non à tous sauf au marchand de safran, qui nous en a vendu 2 grammes pour 6 dollars. Ce qui n’est pas cher, bien sûr.

Alors là un rôt, même deux, surviennent…c’est l’heure de la soupe, notre famille d’accueil est une famille très pratiquante, Azar fait la prière, rote, mange par terre…etc…. ça nous coupe un peu l’inspiration. Reprenons nous, allons. Donc, le safran, sur les canaux..nous revenons à terre, et essayons de trouver le cybercafé indiqué par l’office du tourisme… un mythe. Il faut dire que sur le plan il n’y a pas de noms de rues et que dans les rues il n’y a pas de noms de rue non plus, et que les gens ici ne comprennent pas le même anglais que celui que nous parlons, ils nous répondent des indications aussi dans un autre anglais que celui que nous comprenons. Bref, nous n’avons pas trouvé le cybercafé, rien que des boutiques de souvenir, à moitié fermées car on est hors saison. En rentrant, le long du fleuve, on s’ arrête un instant pour prendre le zero bridge en photo , et sommes juste à l’aplomp des house boats ; des  enfants viennent à notre rencontre, une famille, qui nous invite à monter à bord pour nous proposer une chambre, nous allons voir et c’est mignon, vous pouvez même pas vous imaginer. on nous présente Gullam, un guide qui parle un anglais parfait et nous montre toutes les lettres qu’il a reçues des français contents de lui. Effectivement, il a l’air autrement plus sympathique que notre hôte.  Nous sommes chez eux, même pas froid, c’est chaleureux, sympathique, et trois fois moins cher qu’où on est..ah les offices de tourisme officiels du gouvernement, méfiez vous on vous dit. En plus. A l’office,  C’est une mafia pas possible. Ils nous ont vendu en plus un trajet en jeep 30% plus cher aussi, car on était sur les places du fond, qui normalement sont à 350 roupies et non 500 ! (500 roupies = 8 euros environ). Demain matin, on filera chez l’autre famille. Ce soir, on a partagé  une soupe avec la famille de la guest house, encore une panne d’électricité…. Espérons que nos couvertures chauffantes ont suffisamment chauffé le lit pour pas qu’on s’enrhume, on vous dira demain….

PS .Le temps d’aujourd’hui était magnifique. Klara a rêvé qu’il y avait une grosse tempête de neige qui nous bloquait à Srinagar….enfin c’était un cauchemar, sans doute…. Ici, on ne peut même pas savoir le temps qu’il va faire demain…ni téléphoner d’ailleurs…Après souper, remontant pour nous coucher, on nous avons trouvé la chambre tellement glaciale que nous l’avons appelé pour lui redire qu’il nous devait un peu de chauffage, que sinon on allait se plaindre à l’office de tourisme de Jammu et qu’ il avait qu’à appeler Nazir tout de suite pour vérifier qu’il nous devait bien du chauffage sans supplément. Ce qu’il a fait, devant nous, Klara gueule auprès de Nazir,qui gueule sur Azar, tout cela finirait il en pugilat ? Non , Azar se rend à l’évidence, et part nous chercher un chauffage : il remonte…avec un chauffe-mains, enfin un truc minuscule pour une pièce de 25 m2 à température extérieure (-5°C tout de même). Alors Klara pousse une deuxième gueulante «  Quoi, tu te fous de nous ? tu crois qu’on va chauffer la pièce avec un truc pareil ? » Azar « mais ça fait 2000W, c’est beaucoup , ça va chauffer ! » « Tu te rends compte que c’est comme si tu voulais chauffer la pièce avec 10 ampoules électriques ! » (c’est une connerie, comme  le froid  peut vous en faire dire). Et là , gagné, il remonte avec un radiateur à infrarouges… Pendant qu’il allait le chercher, Gaelle raisonne Klara, en lui disant : « quoi qu’il ramène dis lui que c’est parfait, qu’on est content… » Et sur les conseils avisés de  Gaelle, Klara adopte un sourire de faux cul : «  It’s perfect, thanks, we’re so happy, you’re so nice… ». Et la nuit fut tout aussi glaciale que la précédente. Du coup, le lendemain matin, nous bouclons nos sacs rapido (de toute façon on tient pas plus de 15 minutes dans cette glacière). Et prévenons nos hôtes que nous partons, nous nous faisons même rembourser la dernière nuit, ce qui n’était pas gagné d’avance vu que l’office de tourisme se blinde en vendant des packages non remboursables non échangeables.  Direction le house boat, accueilli par un kawha et des ponchos en cachemire que l’on garde jusqu’au soir , et, le must, le chauffage d’appoint local, ou Firepot traditionnel, un panier d’osier contenant un pot de terre cuite dans lequel se consumme doucement du charbon,  avec des hampes assez grandes pour qu’on y poser les pieds , les mains ou le mettre entre les cuisses (ce qui lui vaut le surnom local aussitît adopté par Gaelle de Winter Boyfriend) , ou sur le ventre ou dans le dos (c’est souvent parce qu’ils portent leurs firepots que les cachemiriens ne mettent pas leurs mains dans les manches de leurs ponchos.

Gullam nous annonce qu’il va nous faire visiter le maximum de sites dans la journée, dans des endroits pas forcément touristiques mais qu’il apprécie et qui montrent « l’esprit du Cachemire ». Et puis des endroits où il a probablement quelques intérêts sur les ventes (comme des ateliers de tapis et de cachemire, de bijoux, de mandalas, etc..). On a visité plein de mosquées et de jolis sites, on vous prépare un diaporama, ça changera. On a même été visiter un saint homme, fils d’un riche banquier, (en aparté, de la part de Klara : « non non, ce n’est pas lui ! »), qui a renoncé à la fortune pour partir dans les montagnes vivre en ermite pendant 6 ans. Il est doté d’un don de guérison qui fait que les gens l’ont ramené un jour à côté de Srinagar, parce que il était un peu loin dans la montagne quand même pour eux, et ils lui ont construit une petite maison, où les gens viennent manger gratuitement, et peuvent aussi être reçus par lui.  Nous avons été autorisé à  nous assoir auprès de lui, et à partager le thé. Il s’allume un gros pétard (mais ne le partage pas, heureusement, parce que vu comment ça sentait l’afghan, on aurait été plutôt scotchées ). Il nous regarde et nous demande ce qu’on fait dans la vie. Quand Gaelle lui dit qu’elle s’occupe des vieilles personnes, il a été touché et a acquiécé en disant qu’elle s’occupait en fait de tout le monde. El là Gaelle a posé SA question, mais que à Klara, et cette question lui est sorti spontanément : «  Et moi, mais qui s’occupe de moi, au fait ? » Comment avait-il pu entendre et surtout comprendre ce langage étranger ? 5 minutes après , Gaelle reçoit directement sur ses genoux, lancé de sa main, un cran d’arrêt labellisé « Samouraï 2000 » , accompagné de ces mots : «  this is your protector » (C’est ton protecteur). Quant à Klara, elle demande à le prendre en photo, et… et il lui donne un sourire qui a illuminé le viseur de son objectif…  Il nous dit au revoir en nous souhaitant «  Bonne chance ».

Ce qu’on a oublié de dire, c’est que notre guide nous avait fourni un autorickshaw avec chauffeur pour nous emmener partout où on voulait. C’est vrai qu’on a vu de super beaux jardins. On a acheté un peu de cachemire, mangé des pâtisseries tout au long de la journée , bu  du tchai, mangé du pain du matin, de l’après midi , du soir, des beignets de graines de lotus ….Le soir, nos hôtes nous avaient préparé un repas cachemirien typique, avec de la viande (enfin), des boulettes d’agneau avec de la sauce à la crème, accompagné de riz, et de green leaves( feuilles vertes) qu’on voit pousser partout sur tous les bouts de terre qui entourent les maisons du Dal Lake, et qui ressemblent  un peu quand même à des épinards (mais qu’on ne trouve pas ailleurs paraît-il). Soirée avec la famille, surtout les deux jeunes filles qui nous attendaient impatiemment pour nous faire du henné sur les mains, mais on est rentré trop tard… Elles étaient curieuses de savoir ce qu’on avait visité, elles parlaient très bien anglais, on a bien ri, elles nous ont donné leurs bracelets, appris à nouer le voile , un truc pour être tranquille en Inde, paraît il quand on est une fille. Dernier thé et au lit. Moins froid quand même avec les bouillottes, et le côté très cosy du house boat avec ses boiseries de partout et ses tapis orientaux.

Dehli c est enfin fini

ca y est, nous partons, apres une matinee a nous fixer les
billets > On commence notre
periple par une nuit de train pour le cachemire, apres Jammu. On a
un ordi sans accent et surtout un train a prendre alors on
reviendra des qu on pourra. Bye et merci pour tous vos commentaires
, ca nous fait chaud au coeur de vous lire. Vibbha , continue a
nous donner des conseilsm et surtout comment apprendre a dire va te
faire … en hindi, mais sinon, on l aime ton pays [mais dehli c
est un peu particulier quand meme] PS pour gaelle : vibha, est ce
que tu viens a pondichery en mars?

Enfin une journée zen!


Encore une journée à Dehli, un peu forcée puisque Clara
nous a fait une petite indigestion au milieu de la nuit après avoir
mangé des boulettes sucrées mais crues chez les Krishna, se disant
qu’elle ne risquait rien car on était en lieu sain, pis surtout ne
sachant que c’était cru… Bref, nous avons raté la gare cause lever
tardif. Dehli, on en a marre mais c’est presque fini !
Et donc décidé de se la jouer molo et surtout zen, en allant au
Disneyland de l’hindouisme, Akshardham. Un lieu qu’on vous
recommande pour apprendre tout de l’histoire de l’Inde depuis
l’Indus…. 40 hectares , des constructions gigantesques et pas en
carton pâte, 148 éléphants de pierre grandeur nature qui portent le
temple de 326m de long, une muraille ornée de 190 m de long sur 7m
de haut, 4287 pierres sculptées… une démesure totale ! Un peu
kitch par moment, comme ces attractions en automate de cire qui
nous racontent l’histoire du Swami Narayan, l’inspirateur du lieu,
un sage du 18 ème siècle, fondateur de l’ashtangar yoga. Une
ballade extraordinaire de 14 mn, type la descente d’Indiana Jones,
parcourant 10 000 de culture indienne, 800 statues
représentent l’ancien patrimoine, (on vous cite le guide, on
n’a pas tout retenu), la fascinante YanaprushKund et ses 8
mètres de haut et sa fontaine de 100m sur 100m , qui s’anime à la
tombée de la nuit d’un spectacle son et lumière probablement digne
des grandes eaux de Versailles. Qu’on n’a pas vu. On a été invité ,
comme il s’agit d’un lieu de prières , à participer au rituel
de l’Abishak Mandapam,où on verse un petit gobelet d’eau sur la
tête d’une statue de Neelkanth Varni, l’enfant yogi, avant qu’il ne
devienne le Swami Narayan. Et comme on avait été de bons disciples,
on a eu droit à une belle image, qui sera la seule qu’on pourra
mettre sur ce temple car tout était confisqué à l’entrée. En matière de
sécurité ça rigole pas. On entre dans les temples comme on
prendrait l’avion… Le retour aux heures de pointe dans le
métro, malgré les compartiments réservés aux femmes, bondés, n’a
pas arrangé l’état de Clara, qui s’était amélioré pendant cette
journée zen mais qui s ‘est trouvé un peu HS avec la chaleur, le
monde et le bruit, et surtout, la sortie, infernale. En France, on
croit qu’on laisse descendre les gens , en Inde on ne bouge même
pas d’un pouce et on a été obligé de jouer des coudes et de donner
quelques coups de ci-dela pour que les gens se poussent…Ceci
dit, dès qu’on est rentré, tout allait pour le mieux. Nous avons
préparé notre prochain circuit dans le Cachemire et le Rajasthan…
On n’est pas sûr du tout d’avoir une connexion internet à chaque
étape du voyage, alors on vous détaille, jours par jours, ce qu’on
a prévu : Demain soir, nous partons pour Amritsar, au Sud du
Cachemire, visiter cette cité des temples d’or, plus belle que le
Taj Mahal paraît il. Nous restons 3 jours dans la région,
verrons ce que nous pourrons faire comme excursions dans ce
Cachemire qui nous fait donc assez rêver. Puis nous redescendrons
directement dans le Rajasthan que nous attaquerons par le nord à
Bikaner, après une halte au Sud du Penjab, Bathinda (mais on ne
sait pas ce qu’il y a à y voir). Puis nous irons dans le désert, au
moins 3-4 jours, du côté de Jaisalmer, faire du dromadaire , avant
de rejoindre Jodphur,1 ou 2 jours, puis Kumbalgarh d’où nous
ferons nos expéditions d’une journée chacune environ vers le Mont
Abu, Ranakpur, et Udaipur (donc 3-4 jours) , puis nous irons dans
la région de Kota, là encore dans un petit village avant,
Bijolia, et visiter Chitorgah, Menal, Bundi et Kota. (4 jours car
la région a de beaux lacs…) . Nous remonterons vers Pushkar,
la ville sainte, et Ajmer (2 jours) avant de rejoindre Jaipur
(1 jour) puis Bharatpur, sur la route d’Agra (Taj Mahal) , où se
trouve une réserve ornithologique énorme (et c’est la saison
des oiseaux migrateurs) , et Mathura, le village où serait né
Shiva. Et bien sûr pour finir Agra, mais vite fait, et un
vendredi (c’est le jour des indiens car le Taj Mahal est
gratuit) Tout cela nous mène aux alentours du 19 février…. Où nous
partirons pour Varanasi (Bénarès), et là probablement pour un petit
moment…. Enfin, on aura d’ici là probablement l’occasion de se
reconnecter.

Dehli , charges et décharge !


Nuit agitée, pas pour nous ,  mais l’hôtel est plein d’indiens qui font sonner des cloches, tourner des machines à laver, chantent, dansent, de chiens qui aboient, de klaxons dans la rue, enfin…on a émergé à …13h  heure locale (mais que  8h30 à Paris… On avait décidé d’aller à l’office de tourisme récupérer une carte de Dehli . A la librairie voisine,  On en a acheté une mais c’était une carte routière qui n’indique pas les stations de métro. Du coup, nous qui voulions aller visiter  la grande mosquée de Dehli , Jama Masjid, et nous promener dans le fort rouge, ne trouvions pas la station de métro correspondante. Et ici, à chaque fois qu’on lit un plan on se fait em…, donc nous avons eu la bonne idée d’aller le lire dans le métro. Et bien même la haut, les glues sont là , plus distinguées, avec un téléphone portable à la main, une veste en cuir…et surtout plus rusés, ils vous disent : je vous respecte, je ne veux pas d’argent, faites moi confiance, j’ai une femme et des enfants, je vais vous montrer l’office de tourisme…Là démarre une course sans fin, le long du périph, poursuivi par un touk_touk qu’il nous invitait à prendre pour 5 roupies, qu’il était prêt à payer, et nous , méfiantes, quand même, de persister à vouloir y aller à pied, et lui de nous dire tous les 3mn , oui oui, c’est là on est arrivé, c’est à 3mn. Des policiers sont même intervenus pour nous demander si il y avait un problème, mais objectivement il n’y en avait pas, juste qu’on voulait avoir la paix et trouver ce p… d’office de tourisme… Une demi-heure après un circuit parallèle dans des ruelles désertes, avec Clara qui disait toutes les 3mn , « je le sens pas, là » et Gaelle qui disait toutes les 3 mn, en décalé, « viens, on fait demi_tour »…et notre guide toutes les 3mn qui nous disait « mais je vous respecte je ne veux pas d’argent, faites moi confiance…j’ai un ami en France »…Et lui de nous dire qu’il y avait plein de faux offices de tourisme et qu’il fallait aller dans celui agréé du gouvernement. Il nous emmène dans une drôle de ruelle, bien évidemment…c’était bien une…agence de voyages…(mais agréé par l’office de tourisme, qu’ils disaient) .enfin, une carte de la ville, ce qu’on cherchait désespérément depuis notre arrivée (y en a pas dans les guides).

Après la carte, on voulait aller à la mosquée, on s’est retrouvé à l’observatoire astronomique, parce que Clara avait mal retenu le nom, il faut dire que l’hindi, même en anglais, c’est compliqué. Donc cet observatoire, Jantal Mantar, un havre de paix qui ressemble à un tableau de Chirico, avec des constructions géométriques étonnantes, des yantras pour observer différentes configurations des planètes,et des constallations,  etc…mais surtout des structures à escalader, et à photographier…

Puis, sans embûche, ni être accostées, il faut dire qu’on commence à savoir dire « non » ou à faire le sourd muet, nous sommes arrivées après une petite visite au musée du metro de Dehli, à l’iskcon temple, le temple du fondateur de la grosse secte Hare Krishna…. Et on n’a pas été gouroutisé ni rasé ni dépouillé…mais on a bien mangé, havre de paix aussi, on a écouté des jolies chansons un peu monotones (Hare Krishna…hare Krischna)… Clara a fait un mala de 108 fleurs de lotus à pieds joints en chantant le mantra, et a gagné une image. Gaelle a décliné l’invitation du meneur de ce jeu. Ça nous a bien servi d’ailleurs car en rentrant, nous avons voulu aller voir Ashokan Rock Edict, juste à côté et là, malgré les indications avisées d’un policier, nous nous sommes retrouvées avec à notre gauche les bidonvilles et sur notre droite   la décharge publique, avec les enfants des rues qui faisaient les poubelles avec leurs chiens. Là, notre intuition nous a dit de nous barrer au plus vite, ce qui a été rendu plus facile par l’arrivée d’un touk_touk que poursuivaient les chiens d’ailleurs, qui nous a embarqué pour nous ramener au métro. Ouf. De retour à l’hôtel à 22h, un peu tard certes pour une ville comme Dehli…Dehli le soir, c’est un peu chaud, il faut faire attention où on met les pieds, c’est l’heure où les vaches galopent dans les rues… heureusement que notre métro est à côté de l’hôtel… Que d’émotions aujourd’hui_

Dehli

A Dehli on délire, il y a de tout sur la route, des records du monde de personnes sur vélo (6 personnes sur 1 vélo quand à Paris on a du mal à mettre 2  personnes dans une voiture), des boeufs, des rickshaws, des pousse=pousse, des piétons, des voitures, des enfants sur le bord de l’autoroute côté barrière  de séparation… Un vrai bazar, d’ailleurs on loge au Main Bazaar, une rue qui a plus de 4000 numéros et plein de magasins.

L’arrivée, c’était déjà pas triste. On nous avait tellement dit qu’il fallait faire attention aux taxis, qu’on s’est pas avoir. En plus, on ne savait même pas où on allait, on avait demandé la gare des trains, et il nous a déposé dans cette rue du Main bazaar où se trouve l’Ajay Hotel, aménagé un peu comme une médina, avec trois boutiques et un café-restaurant. Dans l’avion nous avons rencontré Thomas, avec qui on partage tout ‘(enfin les taxis et les balades ) mais qui est un petit jeune et qui semble un petit peu apeuré du trafic intense. on lui a notamment fait traverser un carrefour presque sans feu en courant où chacun est pour soi…d’ailleurs après notre traversée mémorable, on avait l’air tellement ridicule que plus aucun pousse=pousse ne voulait de nous . (et nous non plus d’ailleurs, y a des relents d’esclavagisme .  Du coup, nous avons pris le métro, beaucoup plus moderne qu’à Paris : d’abord, du côté de l’antiterrorisme ils font fort , on croirait qu’on est à l’embarquement d’un avion , on passe aux rayons , on vide nos poches, etc… Ensuite, les tickets sont des jetons magnétisés en plastique qui servent le temps du trajet et retournent dans la machine  à la sortie, donc sont réutilisables ! Ensuite , comble de la modernité, sur une rame de métro , il y a 5 wagons pour les hommes et 2 pour les femmes, enfin pas  tout à fait disons qu’il y a 5 wagons  mixtes et 2 que pour les femmes.

Ce matin, une des premières choses qu’on voulait faire en arrivant ici c’était d’apprendre à dire  « non dégage » en hindi parce que nous avons été beaucoup sollicité par des espèces de glues , des hommes voulant nous accompagner nous guider nous faire acheter telle chose ou nous demander de l’argent. On a vite compris qu’il fallait faire comme à Paris : ne rien voir, rien entendre, rien faire…et puis c’est pas  vraiment une surprise, mis à part peut être de voir dans le domaine à quel point les enfants de 4 ans sont ici autonomes dans la mendicité.

Le midi on a mangé sur une terrasse surplombant un carrefour, il faisait beau, mais moins chaud que ce qu’on aurait penser : il nous manque des bonnets, des écharpes, peut-être même une veste (Monique , tu te reconnais hein??), et si nous partons dans le Cachemire, nous allons devoir nous couvrir !

Nous avons découvert qu’il y avait une  terrasse avec des chaises basses en osier et au soleil, nous avons piqué un somme. Gaelle et Thomas ont fait croire à Klara qu’on lui avait piqué son sac pendant qu’elle dormait profondément ; ah mais qu’est ce qu’on délire à dehli (délo)…

Puis, nous avons été nous promener dans Old Dehli, et là des émotions…et comme disait joliment Thomas épuisé par cette expérience…  de la « densité » ! La rue centrale de Old Dehli, pas bétonnée , des parpaings de partout, très sale, boueuse, avec les gens qui mangent au ras du sol, des ruelles étroites bordées de stands de tissus comme dans un souk,  des vaches sacrées conduites par des cochers leur tapotant la croupe pour les faire galoper aussi vite que les rickshaws…Au détour d’une ruelle, un temple à Durga , un sri yantra gravé sur plaque de cuivre à ses pieds,  nous appelle, le gardien des chaussures nous fait une visite guidée, des 2m2 du lieu saint, on a droit à des cadeaux de la déesse : un peu de sucre arrosé d’eau (hum…. est ce que si c’est divin ça rend pas malade, on a un peu fait semblant de boire tout de même… ). Dans l’antichambre, c’est le cas de le dire, une souche d’un arbre millénaire, et dessous des lingams posés comme des bougies. Le gardien des chaussures confirme que l’antichambre fait temple à Shiva. Deux minutes de medit’, il m’invite à me marier (avec lui? non non! ) et m’ offre un bouquet de 10 roses rouges. Un cadeau de durga, encore, précise-t-il…

Nous voulions aller au cinéma, alors nous avons pris un rickshaw justement, pour faire quelques centaines de mètres (on finit par devenir esclavagiste …) , aller voir une superproduction indienne dans un ciné typique. Puis finalement renoncé, le film faisait 2h44, en hindi non sous titré évidemment , avec en plus 2 heures d’attente jusqu’à la prochaine séance . Après toutes ces péripéties, plus trop le courage…Il était déjà 7 heures du soir, et nous voulions rentrer dîner. La suite demain? On est un peu  fatigué là,  à plus tard…. Au menu dal chapatis, et tchai. 

Gaelle et Klara

Bientot plus de tartares!

Voilà, fini les tartares, carpaccio et autres crudités …
Tous les crudités d’ ailleurs.

Bientôt le grand départ!

Et avec une mascotte pour la route!

Le site de Marseillon

À l’été 2010, dans le cadre des bourses d’échanges chercheurs-journalistes de l’AJSPI (Association des Journalistes Scientifiques de la Presse d’Information), j’ai participé à un chantier archéologique sur le site de Marseillon (Banos) dans les Landes, conduit par Nicolas Teyssandier et Caroline Renard. J’en ai fait un reportage photo multimedia (monté dans le logiciel Soundslides) converti pour plus de facilité de lecture sur ce site en video…

Des plantes pour maigrir ?

Les plantes pour perdre du poids ont souvent la réputation de n’être pas plus efficaces que de la poudre de perlimpinpin. Pourtant, certaines sont d’une efficacité reconnue par la pharmacopée ou leur usage traditionnel.

Au rang des nombreuses solutions destinées à accompagner les personnes en excès de poids dans leur quête de minceur, des plantes comme la sève de bouleau ou la papaye sont réputées de longue date comme étant détoxifiantes, dépuratives, voire même dévoreuses de graisses… Efficaces sur la rétention d’eau, mais aussi sur l’élimination ou la modération de l’appétit (effet coupe faim), d’autres, telles que l’alchémille ou le thé vert l’aigremoine, le sureau ou la rhubarbe qui stimulent les fonctions plasmatiques et l’élimination rénale, ou la racine de fenouil qui active les fonctions hépatiques peuvent accompagner un programme de perte de poids. Toutes ces plantes sont inscrites à la pharmacopée française et sont titulaires d’une AMM. Elles sont disponibles en pharmacie (extraits) ou sous forme de jus ou de poudre en magasins de diététiques (laboratoire Santarome par exemple). D’autres plantes plus « exotiques » sont également inscrites à la pharmacopée française, sans AMM. Ainsi, les graines du guarana, un arbuste du bassin de l’Amazone, très utilisées au Brésil pour la préparation de boissons stimulantes, sont réputées cinq fois plus riches en caféine que le café. Elles permettent à l’organisme de brûler plus rapidement les graisses, tout en étant un stimulant général. Tout comme le garcinia, aussi appelé guttier, un petit arbuste asiatique connu pour la gomme que l’on extrait de sa résine (gomme-gutte) : des recherches ont mis en évidence que la peau de son fruit contient de l’Acide HydroxyCitrique (A.H.C.), un acide de fruit, qui inhibe dans les cellules la production des enzymes habituellement responsables de la transformation des sucres en graisses. Il contribue à diminuer la taille des cellules graisseuses et sa prise peut aider à réduire la consommation alimentaire et les envies sucrées, ainsi qu’à dimiuer de la synthèse du cholestérol.

Des compléments alimentaires pour maigrir ?

D’autres plantes « minceur » ont été autorisées sous forme de complément alimentaire. Comme ce statut ne les soumet à des essais cliniques visant à en démontrer l’efficacité, leur réputation se fonde sur leur usage traditionnel. Ainsi, le hoodia gordonii, une succulente utilisée par les bushmen d’Afrique du Sud, qui partent chasser durant plusieurs jours pour pouvoir « tenir » sans manger…La molécule active qui en a été isolée (le P57) agirait directement sur le centre nerveux de satiété, ce qui explique son effet coupe-faim. Ceci dit, plusieurs essais cliniques semblent en confirmer l’efficacité…sous réserve qu’il s’agisse de la plante fraîche, telle qu’elle est consommée par les bushmen ! D’autres plantes, dites « de lest », semblent intéressantes pour moduler l’appétit : le nopal, qui pousse sur les hauts plateaux du Mexique est bien connu pour son fruit (la figue de barbarie) et dont les « feuilles » sont très riches en mucilages et en pectines, deux types de fibres solubles capables d’absorber plusieurs fois leur poids en eau, qui « gonflent » dans l’estomac, à la manière d’une éponge, donnant un sentiment de satiété. Ou bien encore le konjac, la plante dont les racines servent à la préparation du konniaku, un aliment traditionnel du Japon. Dans ses tubercules se trouve la glucomannane, une substance capable d’absorber plus de 100 fois son volume d’eau. Dans l’estomac, nopal et konjac forment un gel visqueux qui au delà de remplir l’estomac « enrobe » les molécules de glucose et les lipides, contribuant d’autant à limiter l’absorption des graisses et des sucres. Un mécanisme que l’on suppose en soi efficace pour réduire l’appétit !

Troubles sexuels de l’homme : des viagras végétaux ?

Bien au-delà de leur supposé effet aphrodisiaque, certaines plantes contiennent des stéroïdes, des  alcaloïdes et autres substances capables d’agir sur notre système hormonal et cardio-vasculaire. Certaines ont fait l’objet d’études cliniques concluantes. 

Les troubles sexuels concernent les hommes (et les femmes) depuis la nuit des temps.  Une discipline entière de la médecine ayurvédique leur est même consacrée (vajikarna), avec des traités recensant tant de plantes qu’on ne peut ici les énumérer toutes ! L’une d’entre elles  est le Tribulus terrestris, d’usage traditionnel ancien en Inde et en Chine. Cette plante commune, même en Europe, (on l’appelle tribule ou croix-de-malte)  a défrayé la chronique dans les années 80, quand des haltérophiles bulgares ont reconnu l’utiliser à la place des stéroïdes anabolisants interdits par la réglementation sur le dopage… Il est vrai qu’elle contient des stéroïdes, dont l’un, la protodioscine, en fait, c’est sûr, un bon dopant. Mais quant à ses effets sur la fonction érectile, les essais cliniques sont pour leur part beaucoup moins convaincants…  et les risques pour le système hormonal liés à la présence de stéroïdes bien mal évalués. L’usage ancestral, reconnu par la tradition,  suffit-il à fonder la réputation du Tribulus Terrestris ? L’efficacité sur la fonction érectile ne semble guère supérieure à celle du placebo.   En France, le Tribulus Terrestris a le statut d’un complément alimentaire et peut donc être distribué en vente libre dans les magasins spécialisés en diététique (ou en bodybuilding !). On le trouve aussi sous forme de teinture mère et de granules homéopathiques (Boiron).

La maca, un effet confirmé ?

Une autre plante revendiquant de tels effets est la maca (Lepidium meyenii Walpers ou Lepidium peruvianum Chacon). Cette herbe pousse sur les hauts plateaux péruviens entre 3800 m et 4800 m dans la région de Puno. Dans la médecine des Andes, on en utilise traditionnellement la poudre de racine sous forme sèche ou fraîche, rarement crue, comme fortifiant général et comme tonique sexuel. Une récente étude clinique (2009) menée au département d’urologie de l’hôpital de Forlì en Italie le confirme sur 50 patients présentant une dysfonction  érectile modérée : 2,4g par jour de poudre de racine de maca pris pendant 12 semaines leur ont permis  d’augmenter significativement leur fonction  et leur satisfaction sexuelle. Dans un avis rendu en 2004, l’AFSSA mentionnait déjà deux essais cliniques montrant que la consommation d’extraits de maca à la dose de 1,5 g et de 3 g par jour avait un effet bénéfique sur la spermatogenèse et augmentait le désir et les performances sexuelles. Cependant, la maca contient des alcamides (macamides et macènes) et des alcaloïdes β-carbolines à effet inhibiteur de la monoamine oxydase. Une composition qui n’en fait pas une plante anodine : en juillet 2008, l’AFSSA a d’ailleurs mis en garde les patients atteints de syndrome  métabolique   sur les risques d’augmentation de la pression artérielle liés à sa consommation…

Où trouver la maca ?

La maca est disponible  sous forme de complément alimentaire, dans les magasins diététiques. Autorisée dans un usage alimentaire, sans plus de formalités sur le marché français, puisqu’elle a été introduite avant 1997, elle ne fait donc pas partie de la réglementation sur les nouveaux aliments (Novel Food) et ne nécessite pas d’évaluation complémentaire…

Cystite : la canneberge efficace

S’appuyant sur plusieurs études cliniques, l’AFSSA (renommée ANSES en Juillet 2010) a reconnu en 2007 l’intérêt des baies de canneberge dans la prévention des infections urinaires.

Le Cranberry, ou canneberge, est un arbuste dont les fruits (Vaccinium macrocarpon L.) sont des baies rouges assez grosses, de 1,5 à 2 cm de diamètre, acidulées et âpres, proches des airelles. Traditionnellement cueillies et consommées depuis toujours par les Indiens d’Amérique du Nord qui l’appellent Atoka, ces baies sont entrées dans l’alimentation courante aux États-Unis dès le 17e siècle : on les consomme en fruit, jus et confitures. Elles sont aussi réputées traiter les blessures cutanées, prévenir le scorbut et les infections urinaires. C’est ce dernier usage, confirmé par des études cliniques, qui rend la baie de canneberge particulièrement intéressante : pour l’instant le seul traitement d’attaque des cystites se fonde sur les antibiotiques, dont l’efficacité se trouve actuellement confrontée à des problèmes de résistances bactériennes.

36 mg de PAC par jour

L’analyse chimique des baies de canneberge révèle la présence de proanthocyanidines (PAC). Ces polyphénols possèdent des effets antioxydants sur les cellules de l´organisme ainsi qu’une action antimicrobienne : ils bloquent la fixation des bactéries E.coli à P-fimbriae aux parois du tractus urinaire. Or l’adhésion des bactéries dans la vessie est l’étape initiale du développement d’une infection urinaire. Si cette étape est évitée, les bactéries ne peuvent pas se développer ou provoquer l’infection et elles sont éliminées du corps par les urines. Les baies contiennent aussi des acides organiques comme l’acide citrique, l’acide benzoïque et l’acide ascorbique (vitamine C). L’allégation de santé « bénéfique pour les voies urinaires » a même été accordée par l’AFSSA, sous réserve d’une consommation journalière du produit permettant un apport de 36 mg de proanthocyanines (PAC).

Où trouver la baie de cannebege ?

On trouve la baie de canneberge sous forme de fruits, de purée, de jus… 100 g de fruits, disponibles sous forme de fruits frais et congelés ou de purée, contiennent de 79 à 126 mg de PAC : pour atteindre les doses efficaces préconisées, il faut en manger au moins 20 à 50 g par jour. Ou boire 75 ml de pur jus concentré ou à 300 ml de boisson à 25 % de pur jus. On  la trouve aussi sous forme de complément alimentaire : des douzaines de produits sont disponibles en pharmacie ou en magasins diététiques. Là encore, leur efficacité est soumise à l’impératif des 36mg/jour de PAC. Revendiquant ce dosage, les Arkogélules Cranberryne® et Cys-Control® des laboratoires Arkopharma , la gamme Urell® des laboratoires Pharmatoka ou bien encore les Urisanol sticks® des laboratoires Pierre Fabre sont en vente libre en pharmacie. Ils ne sont pas pour autant considérés comme des médicaments : la baie de canneberge a le statut d’un complément alimentaire, non remboursé par la sécurité sociale. Les laboratoires ne sont donc pas tenus de mener des essais cliniques pour évaluer l’efficacité de leurs produits. Certains le font, comme Pharmatoka. Il faut dire que son président-fondateur, Gunter Haesaerts, est aussi l’initiateur de l’utilisation de la canneberge en France, s’investissant depuis 2004 dans son développement clinique, avec un urologue de l’hôpital Foch de l’AP-HP, Henry Botto… La fabrication des compléments alimentaires n’étant pas l’exclusivité des laboratoires pharmaceutiques, on trouve également la canneberge en magasins spécialisés diététiques et/ou bio : Canneberge dosage optimal (Netlab), Cranberry Bio 36 mg (Fleurance Nature), Cranberry Ultra 500 (Nutrition Plus), Natura Confort comprimé (Cothera). La seule contrainte pour afficher l’allégation santé n’étant dans un cas comme dans l’autre que d’en respecter le dosage minimal ! + 27 janvier 2011