Paru le 4 mai 2010 sur le site de Novethic
La déclaration de Cochabamba est présentée par Evo Moralès devant l’ONU, afin de pouvoir être prise en compte lors des prochaines négociations du COP16 à Cancùn . Retour sur les négociations qui ont permis son élaboration…
L’initiative d’Evo Moralès, lancée en réponse à l’éviction pure et simple des ONG aux derniers jours des « négociations » du sommet de Copenhague, a été saluée par les militants du climat (souvent aussi altermondialistes) et les scientifiques. Plus de 35 000 participants de 142 pays issus de mouvements sociaux, d’ONG et de délégations politiques gouvernementales s’étaient inscrits pour participer à cette première rencontre des peuples sur le réchauffement climatique et pour la défense des droits de la Terre Mère.
Une rencontre impossible ?
Pourtant, la désertion des groupes de travail n’aura échappé à personne. Bien sûr, l’éruption du volcan a empêché près de 4000 participants d’arriver par avion d’Europe et d’Afrique…et transformé ce sommet, initialement mondial, en un sommet presque exclusivement américano-américain. Mais il y avait aussi, rapporte Tadzio Mueller, militant allemand de Climate Justice Action – Climate Justice Now, « le soleil qui incitait plutôt les gens à la promenade et la nourriture gratuite distribuée par l’économie solidaire ! » Sans compter les inévitables et immanquables problèmes d’organisation (lieux et horaires fluctuants, à la mode bolivienne) et de traducteurs. Si le sommet n’était en effet qu’en espagnol, plus ou moins traduit en anglais, il était aussi marqué dans son intitulé par la défense des droits de la Terre-Mère, un « terme qui n’est pas sans faire grincer des dents tous ceux qui ont œuvré en Occident dans leurs luttes pour la séparation de l’Eglise et du pouvoir religieux », rappelle Christophe Aguiton, d’Attac, du nombre des empêchés par le volcan de se rendre à Cochabamba. Comment traduire cet élément de l’identité culturelle sud-américaine, quelque peu incompréhensible pour nous ?
La déclaration de Cochabamba
Les 17 groupes de travail traitaient de thèmes particulièrement chers au gouvernement bolivien, comme la rédaction des droits de la terre mère, la création d’un tribunal de justice climatique, l’élaboration d’un référendum global sur le changement climatique et la création d’un fond pour aider les pays affectés à réagir face au changement climatique et se sont conclus par des résolutions. A la liste des résolutions prises s’ajoutent un rejet total des programmes REDD, REDD+ et REDD++ qui selon lui violent les droits indigènes sur la gestion des forêts, ainsi qu’un un rejet absolu du marché du carbone et des biocarburants… Et un appel utopiste aux nations les plus industrialisées de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 50%, contre celle de 7 à 16% proposée à Copenhague !
Les rares ONG françaises présentes satisfaites
Toujours pour cause d’avions cloués au sol, la plupart des ONG françaises ont été empêchées de participer. Malgré tout, pour Josie Riffaud, de la Confédération Paysanne, membre de la Via Campesina, Cochabamba est un succès. « Le résultat c’est une déclaration qui sera présentée à la prochaine réunion onusienne. A Copenhague, nous disions « Changer le système, pas le climat ». A Cochabamba, nous élaborons des solutions et proposons des mesures concrètes qui seront présentées à Cancùn au Mexique au mois de décembre prochain. » Franck Pupunat, du Mouvement UTOPIA, a salué une réussite incontestable, réaffirmant sa fierté d’avoir participé à cet événement historique. Quant à Pauline Lavaud de France Libertés, elle s’est « félicitée de la grande place qui a été accordée à l’eau dans le texte, eau qui est reconnue comme un droit de l’homme. »
Rares sont les ONG à avoir pointé les paradoxes de ce sommet : l’omniprésence militaire, le culte de la personnalité qui se développe autour d’Evo Moralès, le déni de l’opposition bolivienne (le 18ème groupe de travail tout à fait officieux sur les problèmes environnementaux en Bolivie n’a pas eu droit de parole) et l’attitude non écologique de la Bolivie et des autres pays d’Amérique Latine qui continuent leur « business as usual » notamment en ce qui concerne l’extraction minière et pétrolière, qui leur donne une position ambiguë pour parler des droits de la Terre Mère. Ces paradoxes alimentent la critique, au risque de réduire ce sommet à une grand messe contre le capitalisme prédateur. Mais, comme le rappelle « Urgence Climatique Justice Sociale », collectif français fédérant ONG et associations engagés dans le réseau CJN (Climate Justice Now), le sommet de Cochabamba demeure pour l’instant « la seule initiative internationale qui se donne pour objectif de transformer le rapport de force pour infléchir l’agenda international sur les enjeux climatiques et environnementaux. » Et la preuve sans nul doute que désormais, les négociations sur l’avenir de la planète devront intégrer les mouvements sociaux et la voix des indigènes. De gré ou de force. Si la déclaration de Cochabamba restait lettre morte, Hugo Chavez a déjà promis de déclencher la bataille de Cancùn!

Je n’ai rien vu de la route entre Tarija et Tupiza, et je crois bien que c’est tant mieux, je l’ai sentie la route, encore une nuit où on se sent reposé à l’arrivée…l’arrivée, Tupiza, 5h du mat, un froid de canard, je sors emmitouflée dans mon duvet,une habitude maintenant, les bus ne sont pas chauffés et pas de couverture…et dix heures sans bouger, on se refroidit… bref, la complainte de Klara passée, je cherche « el grano de Oro », non que je prospecte un nouveau filon, mais simplement parce que c’est la bonne adresse commnune aux divers guides consultés, et je n’ai pas à chercher longtemps : Sylvia, la patronne, est sur le pas de sa porte, j’entre et lui demande aussitôt si un prochain départ pour le sud lipez et le salar est prévu, j’ai de la chance, dès demain. 4 jours pleins. Arrivée dimanche à Uyuni. Du coup, je fais une croix sur la visite de la mine pilote de lithium, il faut dire que la personne de la COMIBOL que j’ai pour contact est un peu spéciale : d’abord elle m’écrit tous ses mails en majuscules, ce qui parait il en symbolique de langage typo dénote d’une certaine agressivité. Et puis en plus, moi, dès le début j’ai fait une bourde en l’appelant Yasmina au lieu de Yolanda (mais bon Dieu d’où vient donc cette inversion bizarre ?) . Bref, grâce à Google Trad j’avais pu écrire en espagnol et obtenir un rendez vous pour le vendredi, mais là c’est râpé, et je ne me sens pas de prendre un autre rendez-vous…Je passe une petite heure au cybercafé, moi qui m’étais super équipée pour bloguer en direct, me voilà limitée par la lenteur des connexions internet, et c’est vraiment bizarre , on change son rapport à la communication, moi qui était pathologiquement tout le temps en train de relever mes mails et d’y répondre, me voilà devenue un peu plus détachée… J’ai vite fait le tour de Tupiza, petite ville où tout le monde est super sympathique et souriant, rien à voir avec Tarija, bien plus froide ai-je trouvé. Ou question de feeling, je ne sais. Je fais un tour au marché, mange pour 5bs (soit 50cts…), 1 beignet de patates et de viande avec un grand verre de jus d’orange pressé dans la rue puis décide d’aller marcher dans la quebrada Pallala où se trouve un magnifique mille feuille rouge gigantissime témoin des premiers temps de la création de la terre, comme il fait chaud (incroyable cette différence de température entre la nuit glaciale et le jour …) et que je deviens habituée des transports motorisés, j’ai la flemme de marcher, et monte dans un mini bus, de la ligne 2 , qui dessert donc le cimetière et Pallala. Le chauffeur sympathise vite avec moi, il me pose plein de questions, et moi aussi, il a 25 ans, un enfant de 4 ans qui s’appelle Roberto, lui-même s’appelle Rinaldo…et il collectionne les pièces de monnaie, c’est sa façon à lui de voyager. Il me demande si j’ai des pièces françaises, j’essaye de lui expliquer l’euro, mais c’est un peu difficile avec mon espagnol de vache, enfin je lui dis que oui, j’ai des pièces mais pas sur moi, et que je lui donnerai toute à l’heure. Il m’emmène à Pallala, là où la quebrada commence, enfin il faut marcher un peu, en plein cagnard, et Rinaldo fait un peu de hors piste pour m’amener…en minibus si si, à l’entrée de ce lieu de western. Oui, on se croirait en Arizona, ici les falaises sont rouges et plantées dans du sable. Des cactus centenaires et des sortes d’aloès complètent ce décor de far west. Je passe une après midi délicieuse, à marcher seule , croisant parfois un âne, un troupeau de moutons, voire quelques lamas, ce qui m’a plongé dans une perplexité temporaire, ayant lu un peu tintin. Oui, vous imaginez, vous êtes seul, sur une piste de sable, et …vous tombez sur 5 lamas au milieu de la route qui vous regarde d’un air hostile…ben quand on connaît pas et qu’on a lu tintin, c’est plutôt une situation où on a envie de s’enfuir !!!Ce petit désagrément mis à part, lasse de la route (où les camions d’une carrière voisine passent en faisant une poussière du diable), je prends un chemin qui va vers ce qui ressemble à un mille feuille géant effectivement, marche méditative, pause et retour. Je me fais prendre en stop par un papa et sa fille, qui avaient du pronostiquer de ma nationalité et vouloir vérifier. ..Je termine en suivant la voie de chemin de fer, mythique… Et le soir, étant à Tupiza, je mange la spécialité de la ville qui comme son nom l’indique…est la pizza. Arrosée d’un verre de merlot argentin , un Colon. 50 Bs , dix fois plus qu’à midi ! (c’est le rapport coût de la vie habituel, prix touristes…)










