The Taj Mahal

Ce matin, on check-out de l’hôtel et on part pour le Taj Mahal,avec notre guide . Le monument le plus cher d’Inde : 750 Roupies l’entrée ! (contre une dizaine de roupies pour les indiens) Bon, pour le prix, on nous donne un joli sac avec une bouteille d’eau et des protège chaussures.

L’histoire du Taj, c’est une histoire d’amour trop trop triste, un empereur moghol qui a perdu sa femme à la naissance de leur 14ème enfant et qui fou de douleur lui a érigé ce mausolé de marbre blanc construit en une petite vingtaine d’années . Monumental. Photo obligatoire, bien plus facile à faire d’ailleurs à faire qu’avec la Tour Eiffel en arrière plan !  , il fait beau , le ciel est bleu et le soleil . A l’entrée du Taj, Gaelle met ses protèges chaussure rouges, et Klara, adore trop marcher pieds nus donc met ses chaussures dans son sac à dos (sinon on sait pas où on les retrouve, il y a ici des pyramides de chaussure partout).

Intérieur du Taj, ça a  beau être un tombeau, avec elle et lui enterrés dedans,  ça pépie comme dans un hall de gare. Klara trouve ça bizarre comme ambiance. Gaelle n’avait pas réalisé que c’était un tombeau. Klara lui a quand même soufflé « t’as vu ça sent pas bon , y a des corps enterrés la dessous ». Gaelle a acquiécé. De toute manière, à l’intérieur du Taj, pas le temps de se recueillir , y a rien à voir, à part les deux tombes bordés d’une sorte de grille de marbre incrustées de pierres précieuses représentant des fleurs, et puis les gardes sifflent pour faire accélérer le mouvement circulaire de la foule, dans le sens des aiguilles d’une montre comme le veut la tradition.  On découvre que le Taj est symétrique sur absolument tous ses côtés et que sa face est est aussi photogénique que sa face sud, les pelouses en moins. Attenant à cette face Est, un monument en pierres rouges ouvert sur l’extérieur.  Klara et Gaelle vont découvrir aujourd’hui des métiers insolites, comme décrotteur de pigeon. Un employé du Taj gratte les crottes de pigeon  avec une spatule puis balaye le tout pour faire propre (il ne ramasse pas les crottes, on suppose qu’elles servent  à remplacer les joints entre les carrelages)…

Après cette première mission accomplie, notre guide nous emmène au Fort d’Agra, mais bon, il ressemble à celui de Dehli, il commence à faire chaud, tout cela est un peu toujours la même chose…Du coup, on ne le visite pas. Notre guide nous explique que la moitié du fort est fermée et occupée par l’armée. Il nous dit qu’il s’y déroule des expériences militaires dans les sous-sols, en secret, qu’il y a même une prison sous la terre . Il nous dit même que l’armée a pris le contrôle de cette partie car il s’y trouve un tunnel permettant d’aller à cheval jusqu’à Dehli !!! (Encore un de ces mythes, comme en Amérique du Sud ou en Egypte où des tunnels relient toutes les pyramides..) On passe par des petites ruelles sympa, il nous fait découvrir un autre mausolée,

cette fois dit-il gratuit, un de ses amis fait quand même le guide en nous montrant où était écrit allah et deux bricoles puis tente de nous soutirer des roupies, sous prétexte que le monument était gratuit.


Avant on avait le « Baby Taj Mahal », encore des tombes,  où on découvre un autre métier insolite : coupeur de pelouse. 5-6 hommes taillent l’herbe au couteau, toute la journée durant, toute la semaine durant.

Après on a été voir le Taj Mahal par la face Nord, vue gratuite et bonne après un noman’s land gardé par des militaires et la rivière Jahamuna. On ambitionnait d’y retourner le soir faire des photos du Taj sous la pleine lune, Klara se voyait déjà avec son pied…et la photo touristique mais de nuit avec  nous dessus. 

Ensuite, on  a préféré faire le marché aux épices que les monuments, alors on s’est promené au milieu des étals colorés…

puis une ruelle pleine d’échoppes  présentant le summum  du kitsch indien (bijou de pacotilles, fontaines animées , bangles, ganesh clignotants, guirandes et pompons de couleur) Et on a rencontré plusieurs commerçants et leurs clients pour leur demander si on pouvait leur tirer le portrait et on a passé un bon moment à faire des photos et à discuter avec eux. …

puis, le guide était un peu paresseux ce soir, il avait mis la lune dans sa poche et on n’a pas pu faire notre fameuse photo. Ne resteEt il nous a déposé à la gare où Klara s’est vengée en posant son pied pour prendre quelques photos des quais animés.

 

 

 

 

 

 

 

La nuit reste un suspens, on achète de quoi survivre : du chocolat, des biscuits …et des pethas, la spécialité d’Agra, excellentissime confiserie (dire qu’on a pris ça pour de la canne à sucre ou des loukoums !), qu’on trouve partout,  en vrac, en boîte… 40 roupies les 500g…

bon d’accord on a mis  les photos de la journée , mais on laisse quand même cet autoportrait de nous , pris à Jaipur, en pleine crise de déprime  dans cette ville terrible !

Fatehpur Sikkri : à l’aller, notre bus attaqué, au retour notre bus détourné

Ce matin, quand Gaelle s’est réveillée, elle était toute seule. Elle n’était pas bien du tout mais a émergé quand même vers 11h. Klara était déjà dans la jolie cour de la guest house, à l’ordinateur.  Elle proposait d’aller à pâté-pour-souris (NDLR : Fatehpur Sikkri) car aujourd’hui vendredi, le Taj Mahal est fermé. Comme Gaelle était pas de très bonne humeur, elle a d’abord dit « Moi je m’en fous, j’reste là j’vais végéter ». Et puis Klara a vaqué comme si de rien (mais quand même un peu ennuyée de cette mauvaise humeur), mais finalement Gaelle a changé d’avis assez vite et n’avait pas envie de rester là comme une abrutie, et a fini par dire d’accord. Donc on chope un auto-rickshaw pour aller à la gare des bus, 50 roupies , alors que c’était pas très loin (mais c’est les tarifs d’Agra) . On arrive à la gare des bus, on demande à une première personne qui nous envoie par ici, ce n’est pas par là, puis une deuxième personne qui nous envoie par là mais c’est par ici, bref, comme d’hab’ à la cinq ou sixième personne, on entend le numéro du bus, 2290, on le trouve : c’est un bus pourri de chez pourri (c’est normal on va sur Fatehpurri dit Gaelle qui décidemment finalement est plutôt bout-en-train ce matin),  tout rouillé,  avec à l’avant une caisse métallique genre cantine sous laquelle il y avait soi-disant un moteur, dessous on voyait la route et surtout un levier de vitesse qui n’en est même plus un, c’est une grosse barre de métal  ,qui fait rrrrrh quand il passe les vitesses. Donc le vieux bus pourri démarre. Gaelle a un doute sur le fauteuil du conducteur dont un boulon commence à se dévisser : va-il tomber avec les bosses de la route ? Et Gaelle se retrouver avec le conducteur sur les genoux ?  Le bus est crade, le chauffeur verse de l’eau dans ce qu’on peut imaginer selon nos connaissances somme toute sommaire en mécanique automobile être un radiateur. Au bout d’une bonne vingtaine kilomètres, on arrive au péage. Beaucoup de monde, comme d’habitude . Et donc, c’est le gros bazar, comme d’habitude. Ici en Inde on ne sait pas faire la queue, donc ça arrive de gauche, ça arrive de droite, des tuk-tuks de droite, des voitures de gauche et le bus, bien sûr qui essaye de poursuivre  sa voie.  Mais pour passer au péage, il est obligé de forcer le passage.  Et krhhhhhhhhhhhhhh, notre bus  effleure, enfin suffisamment pour bien rayer du coup l’aile droite et enlever le rétroviseur d’une voiture, qui nous doublait par la gauche. Il faut dire à sa décharge que son rétroviseur gauche, qui ne tenait plus qu’à un fil, s’était décroché et pendait, tout à fait inutile, de côté et que donc ne pouvant voir , le conducteur du bus n’avait rien vu. Ici en Inde, on roule à gauche, donc on double par la droite. Donc a priori la voiture était en tort (mais on connaît pas plus que ça le code de la route indien) .  Alors voyant les dégâts ,  les copains et le conducteur de la voiture n’étaient pas contents du  tout, on peut l’imaginer. Ils sont arrivés en cognant la carroserie et commencent à l’engueuler et on imagine bien ce qu’ils lui on dit : « ouais, t’as vu ce que t’as fait à la voiture, tu crois que tu vas t’en tirer comme ça, etc…etc… ». Ils ont commencé à attraper le conducteur en passant les mains par les fenêtres y compris celles de Klara et Gaelle, juste derrière. Mais Klara a eu le réflexe de pousser les fenêtres coulissantes sur les doigts d’un des assaillants pour lui faire lâcher prise  ….Le conducteur a  alors démarré pour achever de    faire tomber les autres. Il a enlevé tous ses objets de valeur, sa montre, ses liquidités, son portefeuille… et les a confiés à celui qui vendait les billets dans le bus.  Après le péage, comme ils étaient au moins à trois voitures, ils nous ont  rattrapé. Et comme le conducteur avait fermé sa fenêtre, ils se sont saisis de leurs chaussures pour les cogner  contre la vitre , jusqu’à la casser à moitié sur le bras du conducteur, des éclats de verre fusant alors avec fracas dans tout le bus.

Grand moment d’émotion. Le conducteur, sans se démonter, a redémarré, en accélérant pour là encore achever de faire tomber tous ces énervés.

Course poursuite entre le bus pourri et les trois voitures. Puis, à quelques centaines de mètres de la grand’ porte de la citadelle de  Fatehpur Sikkri, les voitures  ont à nouveau bloqué la route, et ses occupants se sont rués à l’intérieur du bus pour se saisir du conducteur, tous les passagers du bus sont descendus et nous aussi. Gaëlle a eu le temps de prendre deux photos. Ils n’en sont pas venus aux mains  mais c’était chaud, la police s’en est aussitôt mêlé et a peut-être bien évité un lynchage.  On a retrouvé notre bus, quelques mètres plus loin, avec des flics autour. Mais pas le chauffeur. On ne sait pas ce qu’il est devenu : hypothèse 1, il est à l’hôpital avec un œil au beurre noir. hypothèse 2, il a des points de suture sur l’avant-bras (c’est tout  à fait possible de s’ouvrir les veines sur un rebord de fenêtre brisée non ?) De nombreuses autres questions subsidiaires se posent  à notre curiosité insatiable de touristes : a-t-il récupéré ses sous ? sa montre ?   était-il ou non un abruti? On s’est rendu compte après coup que les bagnoles, c’était des voitures de l’armée. Peut-être sont-elles prioritaires ? Et nous les passagers, alors ? On aurait pu…en mourir !!!

Bref, alors cette visite de Fatehpur Sikkri ?    D’abord on est rentré par un grand parking style centre commercial et là un,  deux, trois, quatre, dix individus se tenaient à la queue leu leu. Certains ont demandé si on voulait un guide : « Do you want a guide ? ». D’autres : « non mais moi je ne veux pas d’argent…  je veux juste vous accompagner un petit peu et puis après si vous voulez vous pouvez entrer dans mon magasin regarder ce qu’il y a??? »  Le tout pour 100 roupies, d’autres 200, d’autres 300 peut-être, bref, on a  pris un petit bus pour faire les 3km qui nous séparaient du site de Fatehpurr sikkri. Même à l’éntrée du site (on avait payé quand même 260 roupies, c’est pas donné), il y avait une horde de guides qui prétendaient être mieux que tous les Lonely Planet réunis. Un autre   a dit « Non mais je ne suis pas guide, je suis professeur, je veux juste vous montrer le site comme ça » Alors Gaelle a failli lui dire : « you say to me you’re not a guide you’re a professor but you do like the guides, fuck ». Mais on était déjà parties. Bref, après on trouve un site magnifique, grandiose, construit en 25 ans, en pierres rouges virant sur le blanc. C’est l’histoire d’Akbar, le grand empereur moghol, qui se désespérait de ne pas avoir d’enfants et qui avait été en pèlerinage voir un saint soufi, Salim, qui l’a béni en lui prédisant cette naissance attendue pour bientôt .

Ce qu’il advint. En remerciement, l’empereur baptisa son fils Salim, en hommage au Saint, et construisit, à cet emplacement, une vaste cité dont il fit la capitale de son empire mais qui fut mystérieusement désertée à peine 16 ans après avoir été achevée. (ils avaient mis 25 ans à la construire) .


L’empereur dit-on adorait jouer avec ses esclaves. Il jouait à cache-cache (si je te trouve je te décapite),  à plouf-crocodile (si tu tombes dans l’eau, tu te fais manger), à colin-maillard (si tu me touches, je te bouffe) le tout sur des plateaux et des pistes de jeu grandeur nature ..


Gaelle manque encore d’adopter un chien, un petit chiot tout mignon qu’elle nourrit de biscuits achetés en chemin et qui ont déjà été grignotées par les souris (ce qui est presque normal vu le nom du lieu) . Bref, à la sortie, on veut faire un tour dans la ville fantôme mais elle est squattée par des enfants qui nous demandent du shampooing,du chocolat, des roupies… C’est un peu stressant, ici nous on donne des biscuits aux chiens mais les enfants on est obligé de les zapper sinon on ne vient pas en Inde franchement.


Enfin comme il nous restait des biscuits, on leur a donné. Pour le retour, on a hésité entre le dromadaire, la jeep (20 roupies quand on est une quinzaine dedans, 300 roupies quand on est deux), l’auto-rickshaw (à 18-19 personnes dedans, véridique) et le bus. Finalement, on a attendu le bus (27 roupies). Celui là est mieux entretenu, et tout se passe bien… jusqu’au moment où ….le chauffeur tourne à droite alors qu’il fallait rester sur la route principale pour aller à Agra !  7-8 passagers se mettent à gueuler, comme s’ils lui  disaient, « mais qu’est ce que tu fais, c’est pas par ici… »

Et Gaelle aussi, du coup, sur le même ton, en français, s’exerce à la traduction simultanée… Et le chauffeur de leur expliquer quelque chose que nous n’avons toujours pas compris : faisait-il un détour pour  nous faire visiter la campagne, ravissante ? D’ailleurs , on a vu un magnifique soleil couchant , ainsi que des gens et des paons dans les champs, des buffles d’eau (Water buffalo) et des agencements intéressants de bouses de vache  mises à sécher…Sans compter les petits villages typiques au détour desquels des colonnades sculptées augurent la présence d’un temple, les murs colorés et les gens aussi.  Voulait-il éviter le péage ? Avait-il plein de drogue dans ses roues ? Il voulait aller chercher ou déposer des amis plus près de chez eux ? On ne saura jamais, mais nous sommes arrivées à Agra en pleine nuit. (faut dire que la nuit tombe tôt) Et là une vieille dame s’est mise à crier comme une poissonière. Hypothèse 1 : avait-elle raté sa correspondance ? Hypothèse 2 : avait-elle raté sa station sur la route principale ? (ici chacun arrête le bus où il veut pour descendre) Hypothèse 3 : était-elle la belle mère du chauffeur ? Nous n’avons rien solutionné, notre compréhension de l’hindi étant encore assez limitée.  A l’arrivée à Agra, vu qu’on est à l’une des 3 stations de bus de la ville, on se renseigne pour le bus pour Varanasi qu’on doit atteindre demain, et c’est compliqué car ce n’est pas la bonne station de bus pour cette destination. On va ensuite à la gare en se disant qu’on aura plus de chance avec   le train  qui est direct et de nuit, pratique : mais là, surprise, 200 personnes sont déjà sur  liste d’attente en sleeping et on ne veut même pas nous délivrer les billets, en nous disant qu’on risque fort de ne pas pouvoir partir. On cherche tous les trajets possibles, avec les correspondances. Tout est complet.  Un petit jeune sympathique qui ne nous tend pas la main pour qu’on la lui serre, qui ne nous invite pas à boire une bière, qui ne nous demande rien, nous explique le bon tuyau : prendre un General Ticket pour le train de 21 h demain (un ticket général donc, sans réservation, sans rien) , et on va voir le contrôleur, pourqu’il nous trouve une place. Ça nous a coûté seulement 232 roupies à 2 !  à la sortie, on trouve un rickshaw sympathique, qui ne commence pas par nous agresser comme tous ses collègues. Il faut vous dire qu’ici on ne fait pas trois pas sans être sollicité, à la fin de la journée on n’a plus de salive, à force d’avoir dit non, et on n’a une tête comme une citrouille. Et ce rickshaw  nous propose de nous emmener demain faire le tour des sites d’Agra , puis de nous ramener à la gare le soir avec nos sacs.  Donc on accepte. On dîne à l’hôtel et après toutes ces émotions, on va dormir…

Gemmothérapie et Bus Deluxe

Donc on quitte Jaipur aujourd’hui. Le gemmothérapeute, le Dr Chausan, nous a répondu favorablement, il peut nous recevoir ce matin quand on veut. on lui dit vers 12h, et c’est ok, on check-out de l’hôtel , on laisse nos sacs à dos dans le cloakroom, et on part consulter. On vous raconte le truc : sur son bureau, il a une sorte de grille métallique reposant sur trois rouleaux blancs en on sait pas quoi . Il demande de poser la main à un bout de la grille , puis pose au centre une carte carrée avec les organes du corps humain, et commence à procéder à un diagnostic avec …son pendule. Il pose des questions sur tous les troubles qu’il identifie, en nous demandant si on a mal là ou là, qu’on ressent ça où ça. Et tout ce qu’il dit est tout de même assez incroyablement juste.Y compris au plan émotionnel. Puis il passe au diagnostic astrologique, toujours avec le pendule, et identifie les planètes qui sont déficientes pour nos énergies vitales, puis passe aux traitements, en nous donnant notre pierre, une fleur de Bach, une huile essentielle, un bija mantra . (en clair, dans le système des chakras, chaque chakra est associé à une résonnance sonore, lam, ram , rung alhung, etc…  ). De ce qu’il nous dit, le travail à la grille et  au pendule est une forme de soins très ancienne, inspirée par Shiva lui-même. Le prix de sa consultation ? Ce qu’on veut, et vraiment ce qu’on veut. Gaelle a laissé 100 roupies, Klara 500, soit respectivement 2 et 10 euros…il nous a expliqué ensuite qu’il choisissait ses clients au pendule, donc il ne doit rien y avoir de surprenant pour lui, et puis il a aussi des clients du SPA du Rambargh Palace de Jaipur, un hôtel de luxe dont on a vu la plaquette de tarifs, et ben c’était bonbon, du genre 7000 roupies le massage. Il a prescrit un saphir jaune à Gaelle, c’est très cher (minimum 300 euros), donc on lance une souscription. Ceci dit, comme il est bien conscient que c’est cher aussi, il lui a trouvé une autre pierre, du cristal de roche tout simplement. Quand à Klara, il lui a prescrit une  amétrine, (ceux qui ont suivi ses aventures boliviennes 2010 savent à quel point cette pierre signifie quelque chose, puisque l’an passé elle devait en visiter une des mines et n’a point pu…) Après on a été à la gare se renseigner pour le train de 23 heures pour Agra, et là surprise, il était complet, avec plus de 200 personnes en liste d’attente. Donc on s’est rabattu sur les bus et on a trouvé un beau bus avec Air conditioné et surtout soute à bagage , siège inclinable à presque position allongée, et amortisseurs suffisants pour écrire ce billet tout en roulant, et dans le noir puisqu’on est sur une voix rapide ( mal au cœur ? nous, jamais !) , et motivées en plus, on a deux abrutis qui n’arrêtent d’écouter de la musique de variet’ hindi à fond, en téléphonant en parlant à fond aussi… et personne ne leur dit rien, sauf Gaelle qui les engueule en français, ce qui ne change pas grand-chose. On arrive à minuit, à Agra, et comme la guest house où on a réservé dispose d’ un service de pick up, on en a profité…Et là on est arrêté en plein milieu de la route, on ne sait pas ce qui se passe…c’est même pas la pause !

Bon, on a fini par arriver, vers 23h20, un rickshaw envoyé par l’hôtel est venu nous chercher, parce que  c’était pas tout près… et on est bien arrivé, vu qu’on a pu poster ce billet !

Jaipur, bof bof

Décidément , cette ville on n’aime pas. On a beau chercher le rose sur les murs, l’atmosphère, tout ici n’est que tension, agression, mauvaise humeur.  On était en route pour le city palace quand on est passé devant un temple à Krishna (et oui ,encore lui) et là on nous a invité à rentrer, à visiter, et on nous a conseillé sur la suite de notre programme : le city palace, c’était vite vu et que des armes et 300 roupies alors qu’on pouvait pour beaucoup moins aller visiter des ateliers de tissu puis voir le Palais des Eaux (Waterpalace) puis le fort d’Amber.Sur les ateliers de tissu, bon, c’était surtout évidemment pour nous faire acheter des trucs. C’était beau remarquez mais on n’était pas spécialement d’humeur. Le water palace n’était pas sous son meilleur jour, cause de brume…

Mais alors pour le fort, là effectivement on n’a pas été déçu de la visite : grandiose, délirant, fabuleux, incroyable, un vrai labyrinthe de pièces, de couloirs ,de souterrains, de tunnels.


Petite histoire du Maharaja qui a construit ce lieu , Man Singh, à la fin du 16ème siècle, en 25 ans.  Donc ce rajpoute, commandant en chef de l’armée d’Akbar, le grand est peut-être bien celui qui a inspiré l’histoire de Barbe bleue. On va vous raconter pourquoi.   Gilles de Rais à côté c’est une petite pointure . Revenons à Man Singh :  on lui attribue plus de 2000 femmes.  Quasiment une femme par semaine pendant 40 ans…  Sauf que toutes ces femmes ont été zigouillées et coupées en  morceaux. Mais quel était le terrrrrible secret qu’il ne fallait pas qu’elles découvrent ?  Une enquête historique a été menée. Était il impuissant ? Ejaculateur précoce ? Bègue ?  Schmoutait-il du Glap ? Ronflait-il ?  Avait il peur du noir ? Était il manchot ?  Non….il était gay  mais pas comme un pinson, plutôt du genre moghol à manier le sabre avec la même délicatesse que ses tailleurs de marbre ont sculpté les moucharabiés de toutes les fenêtres du fort d’Amber. 

 

Ainsi tout s’explique !  A chaque nouvelle, c’était le même scenario . Elle lui disait :  oh mais mon chéri tu ne me désires pas ? Il lui disait : mais si ma chérie, mais j’ai mal à la tête . Elle répondait : un bon tchai te ferait du bien, j’appelle Amar (c’est le fidèle serveur de chai et autre chose du guerrier). Et invariablement, Amar arrivait en string léopard, avec un tchai, et deux Mc Aloo Tikki , le dernier burger des McDo indiens (vous trouvez qu’on exagère ? ben oui…) …et tout d’un coup , Man singh avait un grand sourire, les yeux brillants, la trique,  son désir quoi. Une nuit ça allait bien, deux nuits à la limite , mais trois nuits bonjour les dégâts.

La belle , après avoir hésité entre une addiction au Mc Aloo Tikki ou au tchai , se rendait à l’évidence : «  mais tu es… » Et ne lui laissant même pas finir sa phrase, il se saisissait de son sabre et la tranchait en morceaux.

Puis, jetait tout ça par-dessus les remparts, au pied du fort s’étendait alors une vaste forêt pleine de tigres affamés se jetant sur les morceaux de cette brave Mirchi qui emportait ainsi le secret   dans leur duodénum. Mais à la postérité, toutes ces braves Mirchi n’avaient pas dit leurs derniers mots : aujourd’hui encore, leurs fantômes arpentent les couloirs du fort, et se vengent de l’affront qu’elles ont subi.

Et le fort a été repris par les maharajas, on se doute bien que Man Singh n’a pas eu de descendant.. Ainsi, du temps de la dernière Maharadjesse, Govinda Devi, morte voici deux ans, un fait divers effroyable est venu le rappeler. Un jeune couple s’était fait enfermer dans le fort à la nuit tombée,  pour jouer au Maharadja et à la Maharadjesse pour de  vrai, dans de vrais décors. Mais l’équipe de gardes de nuit les a surpris. Ils les ont mis en « garde à vue » . (car ici en inde, on garde  même   les simples bisoux pour les alcôves et pas pour les bancs publics) . Le couple était malin et s’est échappé, les gardes l’ont poursuivi, ils étaient 6. 4 sont morts très mystérieusement dans les couloirs , et les 2 autres se sont enfuis terrifiés. Ils ont été  trouver la Maraharadjesse pour lui donner leur démission, ils ont dit qu’ils ne voulaient plus travailler dans un endroit où il y a avait autant de fantômes…. La légende a été ainsi révélée au monde, à la rubrique des faits divers de l’indian times. Elle nous a été révélée à nous par un rajpoute authentique, Sajai Singh, de la même famille que les maharadjahs et qui tient aujourd’hui une boutique Pink Rose, montée par des designers et des stylistes étrangers dans les appartements de la dernière Maharadjesse, Govinda Devi , morte il y a deux ans.  Il voulait d’ailleurs nous faire connaître l’hospitalité à l’indienne (Indian Hospitality), les filles méfiez vous, on nous l’a déjà proposé deux fois aujourd’hui, l’idée c’est d’aller boire de l’alcool avec des copains et que des copains,  mais nous on n’est pas des cruches quand même. Après on a pris le bus pour rentrer, mais pour cause de fête dans la ville, le centre était fermé et le bus nous a lâché à mi-parcours, avec une bonne dizaine de kilomètres à faire. Un couple de chinois de shangai était avec nous dans le bus, on a décidé de partager un rickshaw, qui nous a bien eu avec ses 200 roupies mais bon, on n’avait pas vraient le choix et il était le seul à cet endroit… On a fini par arriver. Et la ville nous saoûlant, on a décidé de repartir demain. Ah oui, on avait lu dans un vieux lonely planet qu’il y avait sur Jaipur un gemmothérapeute (les docteurs qui soignent avecles pierres) réputé, alors on lui a envoyé un mail pour prendre rendez vous avec lui …

 

Pushkar : pluie, Jaipur : gadoue

Il a plus toute la nuit et des orages en plus. Ce matin, Klara a été dans l’ordre relever ses mails sur son iphone au wifi du temple à Brahma, photographier une famille d’indiens qui était en pèlerinage et voulait avoir tout le monde devant le temple, manger un naan au nutella chez Pawan, boire un chai, et voir le lac dans la grisaille, griller une vache planquée sous une arcade,  voir le fameux crocodile embaumé.

Gaelle prenait le thé au bar d’en face. Pushkar c’est petit, c’est pas très indien dans la partie pour touristes, et on n’a plus rien à y faire.  De toutes façons on s’en va, ça tombe bien. Destination : Jaipur, en bus (du gouvernement).  (En Inde, il y a deux sortes de bus : les bus privés (comme celui qu’on a pris de Jaisalmer à Udaipur) et les bus du gouvernement,  qui ont l’avantage d’être peu chers et très fréquents et très fréquentés. Nous , on commence à bien aimer ces bus blindés où on se retrouve coude à coude, à s’assoir les uns sur les autres, on apprend à faire notre place, on discute avec les enfants (ils nous ont ont même appris à ouvrir les cacahuètes !) On glane même des renseignements.  L’arrivée à Jaipur fut pénible après cet îlot de paix et de tranquillité qu’est Pushkar, on a retrouvé l’agitation d’une grande ville, les klaxons, les rabatteurs, les emmerdeurs, les pots de colle, un peu comme à Dehli, mais maintenant on sait dire non en hindi. Comme nous avions réservé un hôtel  la veille, et qu’on savait à peu près où il était, on n’avait besoin de personne . Vite fait on pose nos sacs, dans un hôtel propre, avec une vraie douche qui marche !! la première depuis qu’on est arrivé en Inde tout de même !  Et , on est ressorti aussi sec, un plan de la ville en poche…pour nous faire une toile (aller au cinéma, donc)  ! Depuis le temps qu’on rêvait de voir un film tourné à  Bollywood  (le Hollywood de Bombay) en contexte, avec les hindis qui rient, qui applaudissent , qui sifflent… Et on n’a pas été déçu : le film c’était Patalia House, l’histoire d’ un joueur de cricket  qui a raté sa carrière à cause de son père, commerçant,  qui ne voulait pas qu’il joue    car il voulait que son fils reprenne ses affaires.  Ce qu’il fit. Mais un groupe de fans de son quartier l’a reboosté pour reprendre l’entraînement et il mènera son équipe à la victoire,  tout en le cachant à son père, cardiaque… Là-dessus vous rajoutez une histoire d’amour entre le joueur de cricket et une jolie jeune fille, une tragédie du passé entre le père , la mère et le fils, une comédie pour cacher au père le succès de son fils, et du bollywood, avec de la musique de circonstance, des danses, etc… Et surtout le contexte du Raj Mandir, cinoche des années 70 construit par des  joailliers, monument kitsch au possible, mais écran géant et au moins 1000 places sur 2 niveaux.   Avec pop corn, mais aussi samossas, katchoris , pakoras…, des espaces de repos, des salons de détente, bref un luxe incroyable…

Pressing: à quand la fin du perchlo ?

Le principal solvant utilisé pour le nettoyage à sec  est le perchloroéthylène, un composé chimique toxique, accusé aujourd’hui de tuer. Qu’attend l’Etat pour l’interdire ?

Au mois de décembre 2010 une information judiciaire pour homicide involontaire a été ouverte au parquet de Nice suite au décès de José-Anne Bernard,  72 ans. Cette dame est morte le jour de noël 2009 d’un arrêt cardiaque. Les émanations de perchloréthylène utilisé par le pressing au-dessus duquel elle habitait depuis 2 ans seraient directement en cause. En effet,   selon son fils,  Mme Bernard n’arrêtait pas de se plaindre des vapeurs du pressing, répétant « qu’elle avait l’impression d’être empoisonnée, de se consumer comme une chandelle ».  Une impression   confirmée par l’autopsie qui a établi la présence de perchloroéthylène dans presque tous ses organes, y compris dans les graisses …

Emanations toxiques

Cela fait pourtant longtemps que l’on sait que le perchloroéthylène est une « substance probablement cancérogène » (2A selon la classification du Centre international de recherche sur les cancers).   Ce dissolvant des graisses, particulièrement volatil, peut lorsqu’il est inhalé, irriter  les voies respiratoires et les yeux, entraîner des vertiges et des nausées, une somnolence ou une perte de mémoire. Il peut aussi   entraîner des lésions irréversibles du cerveau : Thierry Drouin,  restaurateur, fait ainsi les frais du pressing attenant à son restaurant dans une galerie commerçante de Rennes… Quant aux employés des pressings eux-mêmes, les plus exposés, la médecine du travail rapporte une  augmentation des cancers du système urinaire, du pancréas et de l’œsophage, voire des troubles de la reproduction (avortements spontanés). Les autorités françaises sont pourtant bien informées, et depuis longtemps : « A l’Ineris (1), nous avons rédigé une dizaine de rapports depuis 2001 qui n’ont pas été suivis des faits » s’indigne André Cicollela, du Réseau Environnement-Santé (RES).

Trop de perchlo dans les machines

Si la seule prévention réelle du risque chimique dans les pressings est évidemment l’interdiction du perchloroéthylène , en attendant, les autorités ont plutôt soutenu une réduction  à la source les émissions dangereuses. D’où la mise au point de machines dites « à circuit fermé », aujourd’hui la grande majorité des machines en fonctionnement en France, qui selon les dires du président de la Fédération nationale des pressings, Robert Roux, rendraient nul le risque d’intoxication… Or, en 2009,  le ministère chargé du travail  et l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) ont finalement mis en garde contre l’utilisation de ces machines : les dispositifs installés, censés  accélérer la décomposition du perchloroéthylène en combinant l’action de la lumière et d’un catalyseur, émettent du phosgène, un gaz très toxique par inhalation qui provoque des effets pulmonaires sévères même à des concentrations très faibles, et ce,  à niveaux d’exposition préoccupants à proximité des postes de travail ! Et n’éliminent pas tout le perchlo. Un avis de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), paru au mois d’octobre 2010, invite désormais à « fixer une valeur limite d’exposition professionnelle » ainsi que le « développement de solutions permettant à terme de substituer le perchloroéthylène par des agents chimiques moins nocifs ».

 

ENCADRE : Des substituants sans risque ?

Parmi les agents de substitution possible, on trouve

L’eau, le plus simple et le moins risqué : l’aquanettoyage ( !) impose cependant l’ajout de produits chimiques et de détergents pour éviter la détérioration des fibres du textile…Leur effet sur la santé n’est pas bien établi.

– Le décaméthylpentasiloxane (siloxane) ou D5 de la famille des silicones,  apparu aux Etats-Unis à la fin des années 1990. Plus efficace que le perchloroéthylène pour le nettoyage, il est très inflammable et ses données toxicologiques sont encore peu connues.

– Le dioxyde de carbone (C02 liquide), en enceinte sous haute pression , (mais qui nécessite des coûts élevés d’équipement!)

 

ENCADRE 2 : Un linge dangereux

Lorsqu’un vêtement revient du pressing, on la sent, cette petite odeur particulière, qui témoigne du nettoyage à sec : due à de petites quantités résiduelles de perchloroéthylène dans les fibres des tissus,  cette odeur est également toxique ! En 1996,   une étude médicale recensait 26 cas de personnes empoisonnées au « perchlo », dont un nourrisson décédé suite à l’inhalation d’émanations de tissus qui revenaient du pressing… Le  linge n’est pas anodin non plus, étant en contact avec la peau, ces quantités résiduelles peuvent aussi migrer par la voie cutanée. Certains tissus retiennent d’ailleurs plus le solvant que d’autres : couettes, duvets, oreillers, couvertures, rideaux  et peluches par exemple…. Mieux vaut donc  bien   laisser  les tissus s’aérer   avant de les utiliser !

 

Demi-mesures

Alors qu’aux Etats-Unis ou au  Danemark les autorités ont statué en  interdisant l’installation de nouveaux pressings utilisant le perchloroéthylène (le produit est même en bonne voie d’interdiction aux   Etats-Unis d’ici 2020), la France consciente du danger continue à les autoriser. Même si elle a interdit l’installation de nouvelles machines de nettoyage à sec en libre service dans les laveries automatiques. En témoigne le récent avis du Haut conseil de la santé publique (avis publié en juin 2010 ) qui se borne à recommander de « réaliser, à titre préventif, une campagne nationale de mesure des concentrations de tétrachloroéthylène dans les pressings et dans tous les logements et locaux ouverts au public se trouvant au-dessus ou à proximité immédiate de ces installations ». L’avis propose aussi que toutes les personnes exposées bénéficient d’un examen médical gratuit. Et  préconise « qu’à l’avenir, aucun nouveau pressing ne soit installé au voisinage immédiat de logements », montrant que les préoccupations des habitants voisins de pressing  commencent à être prises en compte … Cet avis vient s’ajouter à l’ arrêté de 2009, qui impose aux pressings déjà ouverts de faire contrôler leurs installations par un cabinet extérieur tous les cinq ans. Mais il n’est pas sûr que cela soit suffisant aujourd’hui pour les rassurer ! Les analyses de l’air faites autour du restaurant de Thierry Drouin par exemple ont révélé un taux de perchlorétylène dix fois supérieur à la valeur seuil fixée par l’OMS :  2,5 mg/m3, au lieu des 0,25 mg/m3 tolérables ! Et, pour mémoire, quelques mois avant le décès de José-Anne,  une inspection de la préfecture avait révélé des défauts d’étanchéité des murs et plafonds du pressing, exigeant des travaux de mise en conformité.  Malgré cette inspection, ils n’avaient pas été fait (le pressing est d’ailleurs fermé depuis l’été 2010)…Selon André Cicolella, qui s’est rendu sur les lieux en décembre 2009 : «  le taux de perchloroéthylène dans l’appartement était de plusieurs centaines de milliers de microgrammes par mètre cube ».

Bref, toutes ces demi-mesures  commencent à énerver sérieusement les ONG ! Générations Futures et le Réseau Environnement Santé (RES), ainsi que leurs partenaires WWF France et Health and Environment Alliance  ont demandé mi-décembre  l’interdiction pure et simple du perchloroéthylène… Comme le résume André Cicolella «  Attendre alors qu’on a toutes les preuves, ce n’est pas acceptable ! ».

 

(1) Institut National de l’environnement industriel et des risques

 

 

 

 

Pour en savoir plus

Association de défense des victimes d’émanation de perchloroéthylène des pressings (ADVEPP)

12, rue de Suède
35000 Rennes

e-mail : advepp@sfr.fr

 

Réseau Environnement Santé
32, rue de Paradis
75010 Paris 

Tél : 09 54 05 24 11

 

Site web : http://www.reseau-environnement-sante.fr

 


Initié en 2002 avec l’agrément de l’ADEME, les pressings porteurs du label Pressing Propre, utilisent du perchloroéthylène , se contentant d’en récupèrer les boues pour qu’elles ne contaminent pas l’environnement.

 

Une Saint Valentin à Pushkar

14 février , Nos Valentins  ne nous ont pas offert de fleurs mais  plutôt des tracas . Le premier, Battri, a un faible à 20% pour Klara… et l’a contrainte d’ailleurs  à retourner à l’hôtel pour chercher  de l’alimentation. Le deuxième, le general  Power , a osé planter Gaelle pendant au moins 3heures avant de revenir, enfin.  Non vraiment la Saint Valentin c’est pas un truc d’indien. De toutes façons on s’en fout.  En clair, on a passé la demi-journée à écrire les trois billets précédents et surtout à les envoyer.  Vous ne pouvez pas vous imaginer le temps qu’on passe à vous écrire et à vous illustrer toutes les belles choses. Bref, aujourd’hui, Shanti Shanti comme disent les indiens. Le temps est maussade, gris et un peu plus frais, quelques gouttes tombent…Ah on perçoit chez nos lecteurs cette petite pointe de satisfaction à voir qu’on n’a pas tous les jours du ciel bleu et du 30°C …la température est redescendue à 25°C , et on n’est plus habituées ! Nous avons fait nos dernières emplettes, Klara a eu la désagréable surprise de se faire mordre la fesse gauche par une vache sacrée (et ça fait mal)  et sur le chemin de la station de bus pour prendre les renseignements pour le lendemain (ça aussi ça prend du temps), nous avons aperçu le temple à Krishna interdit aux non-indiens et visité un autre monument, un mausolée à Onsépaki. Le soir est vite arrivé, la nuit tombe vers 18h , et  on a dîné chez Pawan, dans la rue, d’un fallafell indianisé en kebab. On a papoté avec un français qui mangeait la même chose et nous a parlé du prochain ghat à droite en sortant qui contient un crocodile embaumé, exécuté parce qu’il avait mangé la jambe du maharajah qui était venu se baigner dans le lac de Pushkar… il se met à pleuvoir, orage, o desespoir, panne d’électricité, heureusement qu’on a pris nos lampes frontales,  on a avancé la préparation des bagages. L’électricité est revenue, puis repartie, puis revenue, bref…on a finit par dormir.

Sur les pas de Savitri

Mais pourquoi on est là au fait ? Consommation, Club Med,
drogues (même pas…) ? Non, on ne le sait pas encore. Le matin,
Klara cherche le wi fi, c’est dimanche, et un dimanche en Inde,
Everything is possible, aussi, il paraît.
Klara avait donc décidé de travailler un peu ce matin. Pleine de
cette résolution, elle commence par se perdre dans les rues, car
son GPS Gaelle habituel était parti faire le tour des ghats
(peut-être se plonger avant elle dans le Roop Tirh…). Elle avait
bien repéré la veille un café wi fi en free mais n’avait pas retenu
son nom ni son emplacement. En plus , au passage, elle a été
distraite par un enfant qui lui avait collé des pétales de fleurs
dans la main , en lui enjoignant d’aller les jeter dans le lac
parce qu’il paraît que c’est le festival de Brahma aujourd’hui.
Mais Brahma avant-hier, Brahma hier, c’est tous les jours Brahma ou
quoi dans ce pays ? Klara le suit au début (ou plutôt l’inverse).
Puis lui voyant que cela l’énerve lui dit « Ok je te laisse y aller
seule ». Mais sitôt que je m’engage dans une ruelle sur la droite,
il la rattrape et lui dit « C’est pas par là, respecte mon lac ».
Et Klara, tout en essayant vainement de lui rendre ses trois
pétales, de lui dire que je suis libre de faire ce que je veux tout
de même, » (faut préciser qu’on n’a pas bien suivi ici si les
pétales de fleurs sont gratuites ou pas, est ce que c’est une
obligation ou pas de les jeter dans le lac.. enfin entre les
brahmanes cupides, les rabatteurs d’hôtels, les guides , les
mendiants et les fanatiques, on ne sait plus bien qui est qui, et
on a la tête un peu embrouillée, surtout quand ils nous disent «
Money is not the problem » ben si quand même un peu ! ) Une bonne
âme lui dit alors qu’au Koala Café, il y a du wifi, Klara y va,
mais manque de bol, il faut redémarrer le modem et le type qui
s’occupe du wi fi dort toujours, Ils viennent de l’appeler pour le
réveiller mais ne savent pas quand il va arriver. Dépitée, Klara
s’en va, après avoir obtenu une réduction de 5 roupies sur son
tchai (on négocie tout ici ). maintenant. Une autre bonne âme
parle du Om Shiva, et finalement Klara le trouve . Du coup, toute
contente, elle s’installe , commence à travailler, mais à peine 10
minutes après, plus d’internet, les singes avaient bouffé le câble
..Une petite heure pour changer l’installation…. Puis, ça
remarche, Klara a le temps de relever son courrier, même de
répondre à Gaelle, qui est maintenant dans un cybercafé, et au
moment où elle allait poster un autre mail de travail, bing, ça
plante, et là c’est plus de jus pour au moins trois heures (c’est
comme ça ici, aux portes du désert, le dimanche, on coupe le
courant) . Bref, la zénitude à l’indienne c’est pas gagné, tout
semble prendre trois fois plus de temps ici et on commence à
comprendre pourquoi ! heureusement que Gaelle est venue délivrer
Klara de ces grosses misères informatiques. Pour se calmer, nous
décidons de faire une bonne marche, l’ascension de la Ratnigiri,
une montagne qui domine à côté et où se trouve le temple de Savitri
la première femme de Brahma. Là nous aurons à grimper un escalier
d’ on ne sait combien de marches (en tout cas il faut une heure de
marche pour le monter) dont la dernière partie n’est pas aménagée
(on grimpe sur de la roche en fait). Et pareil avec 10 roupies
d’offrande pour Savitri. Mais pourquoi ce temple est il donc si
haut sur la montagne ? Après que le lac de Pushkar eut émergé,
Brahma avait invité tous ses copains les dieux (Kuber, le dieu de
l’abondance, pour l’argent et les étoffes ; Vishwakarma, le GO ,
pour l’hôtellerie des dieux, Vasuded pour les bonnes intentions de
prières, Shiva, pour protéger tout le monde, Brahspatjii pour
apprendre aux brahmanes à accomplir le rituel, le dieu de l’air
pour inviter tous les autres, Indra pour que tous les brahmanes lui
lavent les pieds, et puis Vishnou. Ensuite, pour que le rituel soit
complet, il devait être accompagné de sa femme, Savitri, et a donc
envoyé son fils Naradjii la chercher. Et Naridjii a prévenu Savitri
qu’il y avait tous les copains qui étaient là et qu’elle aurait
donc intérêt si elle ne voulait pas s’ennuyer comme un soir de
match de foot, à inviter ses copines (qui s’avèrent d’ailleurs être
les femmes des copains, donc Lakshmi, la femme de Vishnu, Parvathi
la femme de Shiva, Indrani, la femme d’Indra…) Naradjii a eu beau
prévenir Brahma que Savitri arrivait, avec ses copines, Brahma
s’impatientait et a envoyé son pote Indra lui chercher une autre
femme dans la jungle. Indra a trouvé une bergère, qui portait un
pot de yaourt sur la tête, Gayatri, et l’a ramenée , et Brahma l’a
épousé. Mais quand Savitri est enfin arrivée, oh stupeur, elle vit
une autre femme aux côtés de Brahma et devint très en colère, elle
s’adressa à tous ceux qui étaient présents à la cérémonie. Elle dit
à Lord Brahma « T’es plus qu’un vieux chnok, ton âge t’a fait
perdre ta faculté de penser. Maintenant je te le dis, en dehors de
Pushkar, dans aucun autre endroit tu seras vénéré » Voyant sa
colère , les autres dieux ont commencé à flipper et baissèrent la
tête. Savitri s’adressa à Indra et lui dit : « Tu ne gagneras
aucune bataille et tu resteras pour toujours flippé et dépressif
dans le ciel ». Ensuite, elle s’adressa à Vishnou : « Toi tu as
blessé mon cœur, tu te réincarneras en humain et Rawan kidnappera
ta femme Sita et ainsi, toi aussi, tu souffriras de la séparation
». Puis, elle fit son sort à Shiva : « Quant à toi, tu n’auras que
les cendres des corps morts(Bhasm) et les fantômes pour compagnons
». Puis, à tous les brahmanes : « vous, vous aurez à mendier la
nourriture de ci de là. » Et à la vache, qui avait aidé au rituel
de purification de Gayatri « et toi, tu seras condamnée à vivre au
milieu des hommes et à n’avoir que leurs restes (Vishta) à manger
». Puis à Kuber : « tu perdras tout ton argent, les rois te
taxeront toujours et tu resteras pauvre ». Et enfin au dieu des
airs : « quant à toi, tu amèneras toujours la puanteur ! ». ( Voilà
pourquoi à Pushkar, les brahmanes sont des mendiants, les vaches
crottent à qui mieux mieux, et ça pue à pas mal de coin de rue.
Bon, ceci dit, c’est aussi un peu ce qu’on voit partout..) Après
tous ces réglements de compte, Brahma a tenté de pacifier Savitri
en lui disant « toi tu viens d’une famille noble, s’il te plait,
aide moi à accomplir le rite. » Mais Savitri était si furieuse que
son visage est devenu tout rouge et noir de colère et qu’elle s’est
transformée en Mère Kali ( et pas Theresa évidemment) même si elle s’est aussi enfuie à Calcutta,   au Bengale.
Brahma était très ennuyé, il lui a dit « reviens, car ta soif ne
sera étanchée qu’avec l’eau sacrée de Pushkar ». Mais Savitri était
si contrariée qu’elle lui a dit que OK elle revenait mais elle
partait sur la montagne de Ratnagiri pour une longue longue très
longue méditation. Du coup, toutes celles qui font cette ascension
n’auront que des compagnons fidèles, et des compagnons tout court
d’ailleurs, et ça bien sûr que ça nous intéresse. Car à nos âges,
les mecs ça assure pas un cachou quand même. Au sommet de la
montagne, visite du temple, le Brahmane, qui portait un pantalon
rouge, n’a même pas ouvert les offrandes (on les a déposées sur le
tronc et on le soupçonne de revendre le paquet !). Puis, pause
nature à regarder les singes, les écureuils et les oiseaux dans les
arbres.

Et surtout,
cette vue magnifique sur les Aravallis. Et c’est en redescendant
que nous nous sommes dit que nos vœux étaient sur le bon chemin
puisqu’un chien, que nous avons naturellement appelé Mama (vu qu’on
venait du Mama Temple) s’est pris d’affection pour nous (et vice
versa), mais il s’est un peu trompé d’incarnation (et nous aussi
peut être finalement). On pourrait vous dire deux mots aussi sur la
condition canine en Inde, pour laquelle Brigitte Bardot n’a jamais
rien fait, parce que peut-être tout simplement elle ne sait pas.
Les chiens de rue ici, c’est la pire des incarnations, ils sont
battus, on leur jette des cailloux, les vaches et les cochons les
chargent, on les écrase, et surtout on ne les caresse jamais. Et ça
pullule , il y en a partout. Bon , on a aussi rencontré des indiens
qui avaient des chiens chez eux, des chienchiens qui restent en
laisse donc, pour ne pas s’échapper dans la rue… et il y a même des
foires au plus beau toutou, comme à Jaipur en ce moment par
exemple. On a expliqué à Mama qu’il ferait mieux de remonter dans
la montagne s’il ne voulait pas finir écrasé par une bouse et on a
accéléré le pas et fait mine de ne plus le voir, triste déchirement
d’avec ce joli compagnon d’un moment. Gaelle ne s’en remet pas.
Mais on préfère le voir heureux dans la montagne que maltraité en
ville. Et notre haveli n’accepte pas les chiens.

Entre Karma et Klub Med’

Au Brahma Temple de Pushkar, le seul de toute l’Inde, on a accompli la puja avec le brahmane qui officie, car c’est aussi comme ça que l’on visite  les temples. On fait la queue avec les hindous, pieds nus, et on fait comme eux : on apporte des offrandes qu’on fait consacrer. Ces offrandes (30 roupies le lot) , c’est des perles de noix de coco, des petites perles de sucre, des fruits secs, et des fleurs fraîches. Rouges  (pétales de rose) et jaunes (sortes d’œillets).  À ce temple, on y va vraiment sans rien, ni sac, ni appareil photo, juste des roupies (et oui, quand même ). Bref, on présente les offrandes au prêtre, qui les bénit, puis il tend un peu la main vers les sous (mais  Klara a tout mis dans le tronc), puis il rend une petite partie des offrandes aux fidèles. Bizarrement, Klara était la sule occidentale à accomplir la puja complète, elle avait trouvé une jeune hindoue de Dehli qui venait pour la première fois ici et lui expliquait tout en même temps aussi. Gaelle avait renoncé car elle n’aime pas le fait d’être obligée de payer pour des histoires religieuses. Mais du coup Klara a vu la statue de Brahma à 4 têtes dans le temple et pas Gaelle. En plus, il parait que Klara aura ainsi un meilleur Karma. En tout cas,  en face du Brahma Temple, la wi fi est gratuite , mais encore dans la rue , pas franchement pratique pour écrire. Après toutes  ces émotions, une petite faim nous a conduit dans un restau indien pour indiens, où nous étions intriguées par des sortes de chapatis au lait qui tremplaient sur le feu dans de grosses  gamelles pleines de miel. Des sweet chapatis, délicieuses avec un bon chai.

Ensuite on est reparties pour une tournée des ghats, avant d’atterrir en fin de journée au Sunset Café , qui comme son nom l’indique est face au soleil couchant sur le lac…plutôt joli comme vue… Nous partageons une table avec deux hommes d’affaire  des Canaries, Angelo et Fernando, qui nous proposent le soir même d’aller manger des pâtes italiennes , comme en Italie, disait Fernando, un faux canari puisqu’il est italien. Mais ce soir , dans notre haveli, c’est la fête, alors on remet au lendemain et on va à la fête.

C’est tous les samedis soirs, les gitans du Rajasthan (enfin 7 ou 8) qui viennent chanter , jouer des percussions, danser et surtout…vendre des bracelets en perle et des portefeuilles en cuir de dromadaires. On se croirait à une soirée du Club Med ou de fin d’année d’une école de danse et musique, si ce n’est qu’en plus ils n’arrêtent pas de faire la quête.

Derrière la gitane, le temple. Et à droite, la porte de notre chambre ! Ce qui s'appelle être aux premières loges !

Un percussioniste blanc a beau les avoir rejoint inopinément à la deuxième partie de soirée, essayant de mettre un peu plus d’ambiance, de groove, et d’émotion, c’est resté vraiment plan-plan. Surtout quand on a vu Titi Robin avec Gulepa Sapera, une danseuse du clan rajastahani du serpent,  sur scène !

 

Pushkar, premières impressions

Pushkar est la ville de toutes les tentations.


Pourtant, haut lieu de pèlerinage , mais c’est comme si les lieux
saints attiraient avec eux tous les marchands du temple, un peu
comme à Lourdes si vous connaissez, à la différence qu’ici il y a
500 temples pour une poignée d’hôtels alors il y a un seul lieu de
culte pour 500 hôtels (voire plus).
Dès le premier jour on craque
d’ailleurs pour des fringues, et pas les meilleur marché bien
évidemment. Un pantalon pour Gaelle qui a maigri apparemment et un
joli haut bicolore pour Klara (qu’on espère qu’Eva ne va pas lui
piquer en rentrant). On continue dans la série visite religieuse,
avec un bain rituel dans le brahma ghat.

Ce qui fait la particularité de Pushkar, c’est son lac sacré, qui aurait émergé d’un pétale de lotus que Brahma avait fait tomber. (nous y reviendrons, voir le 13 février).

Là où les fidèles se baignent…

Du coup, sur les bords du lacs, des bassins d’ablution qu’on appelle ghat (52 au total) sont autant de lieux de culte pour les hindous. Chacun a des propriétés particulières : le Naga Kund donne la fertilité (on s’était dit pourquoi pas ? ) , le Roop Tirth donne le charme et la beauté (là, on va y plonger la tête la première et laver tous nos vêtements dedans, voire même en ramener quelques litres pour les copines, on pense à vous…), le Kapil Vyapi guérirait de la lèpre (celui- ci c’est un avant goût de Varanasi) .

Et si on restait jusqu’en novembre (ce qui est peu probable
vu qu’il n’y a pas grand-chose à faire ici non plus) et qu’on se
baignait à la pleine lune, on gagnerait 100 ans de cérémonie pour
une purification totale ! (à méditer…)

Ceci dit, tout cela nous questionne sur ce mélange de ferveur religieuse, de
superstitution et de roupies, car les brahmanes qui officient au bord du lac en faisant des pujas (rituels consacrés à l’un ou l’autre des divinités )ne le font pas à l’œil). Ains le brahmane du Brahma ghat, dépité que Klara lui dise ne pas avoir une roupie pour le tronc, se contente de lui faire une petite bénédiction, en lui tapotant le front et en lui disant « God bless you » et c’est
tout.

On loge au Sai Baba haveli, une haveli étant un peu, comme on vous l’a déjà
dit on croit, comme une hacienda, ou une medina enfin une maison
avec une cour intérieure à ciel ouvert. Notre haveli a de jolis
peintures au plafond, et contient comme beaucoup de maisons ici, un
petit temple à Sai Baba (d’où son nom, vous l’avez
deviné !).