Quand faut y aller…

Aujourd’hui, on a décidé de repartir demain pour Pushkar, donc on est parti chercher la station de bus, et ça nous a pris un certain temps, car il faut bien dire, il y a déjà tous les magasins où l’on s’arrête, les temples qu’on visite, les puits aussi (ici il y a des puits très impressionnants) et surtout tous les gens qui nous disent yes yes, ont l’air très gentil mais nous envoient on ne sait où.

Leur gestuelle ne ressemble pas à la nôtre, on est en plein apprentissage, il y a la gauche et la droite qui ont l’air d’être comme chez nous, mais il y a le après par là bas, assorti d’un vague moulinet de la main dont on a du mal à comprendre le sens : faut-il alors passer un pont ? une porte ? traverser la rue ? prendre une soucoupe volonte ? voyager à dos de vache ? est –ce à 50m, à 1heure de marche ou 5minutes… autant de différences linguistiques encore irrésolues. Mais nous apprenons, déjà nous ne serrons plus la main des hommes qui nous la tendent mais nous les saluons à l’indienne.

On avait oublié les bouses de vache en train de sécher. ça n’a aucun rapport avec le texte mais voilà  on vous les montre :

Un gars nous a indiqué l’office du tourisme à 50m dans la rue, on ne  l’a jamais trouvé ! On a fini par trouver la station de bus, et on sait qu’il faudra y être à 8heures demain matin.

Bref, au revoir Bundi, sympathique ville, la plus sympa selon nous depuis qu’on est parti, du Rajasthan, enfin de ce qu’on en connait, car si Bundi est petit, le Rajasthan est grand.

Udaipur, jour 1

Revenons sur notre petit déjeuner au Garden Palace, 4 serveurs pour nous toutes seules, 1 pour le thé, 1 pour les lassis, un pour la nourriture, et un pour le sourire. On est chez les riches, une indienne distinguée, attend que le balayeur ait fini de dépoussiérer son chemin avant de l’emprunter pour se rendre à l’arrière d’une voiture avec chauffeur. Dans cette même cour se trouve une collection de vieilles voitures, des ambassador, etc…une passion que semble aussi partager le patron de notre guest house, qui a trois voitures de collection dans l’étroit passage qui mène au hall. Nous sommes juste à côté des Bajian Niwas Gardens, et nous nous délectons de pouvoir y prendre un peu le vert. Changement d’ambiance, ici c’est plutôt familial, ambiance jardin d’acclimatation. Des écoliers , habillés en rouge, ou en vert ou en orange, comme ça on les perd pas (ils sont malins les indiens, ils développent pour tout des trésors d’ingéniosité, par exemple les cadenas qui ne ferment que si  on en a la clé, ça n’a aucun rapport avec les enfants mais c’est ingénieux quand même). Dans ce même jardin, il y a un petit train, comme dans le jardin d’acclimatation, avec un chef de gare qui nous a fait croire qu’on  allait au zoo avec, sauf qu’il était interdit d’en descendre et qu’on a dû se coltiner les 3 km complets…


Pour le zoo, il fallait encore payer. Grosse discrimination vis-à-vis des étrangers : les indiens payent 10 roupies, ….les étrangers 75 roupies. Pour le petit train, c’était 20 roupies pour les indiens, …40 pour les autres. Mais que font l’ONU, la ligue des droits de l’homme, amnesty international ?  Comment ça, nous c’est peau de balle ? On va demander l’asile politique au Pakistan si ça continue ! (Pardon, mamans !)

Donc au zoo, comme on vous l’a écrit, déjà, c’était plutôt   dêche, pelouses sèches, minimalisme, cages vides, animaux sous antidépresseurs, complètement amorphes. On a vu un tigre pacha dégustant de la viande…sur un sofa de bois, un guépard arpentant sa cage (à moins que ce ne soit un léopard, on sait bien qu’on les distingue par les tâches mais on ne sait plus comment, bon d’accord, on aurait aussi pu lire les pancartes, mais elles sont en sanskrit, c’est difficile à déchiffrer…), on a vu aussi un chacal atteint d’un TOC, tournant en rond en haletant et sans jamais pauser, on a vu aussi des babouins au cul rouge s’emmerdant, l’un jouant une sorte de hockey avec deux morceaux de bois, l’autre , la tête entre les pattes, semblant réfléchir aux lois du karma et à l’avenir douteux de la condition babouinesque au zoo d’Udaipur…On a vu aussi des oiseaux même plus foutus de voler, un crocodile qui lui avait du s’envoler, vu qu’il n’en restait plus que la pancarte. Ainsi que des paons faisant toute sorte de choses, une panthère endormie dans sa cage, une voilière de perroquets verts, une autre de pélicans et de flamands. On s’est épargné la visite de la termitière et du python rouge du zoo qui court en liberté, qu’ils disent…

Bref, au passage, on était un peu les derniers animaux à voir, Gaelle s’est endormie au milieu des écureuils pendant que Klara grifonnouillait sur son carnet, ce qui nous a donné lieu à la visite d’une colonie d’élèves d’une école d’une ville au Sud d’Udaïpur, puis de jeunes garçons…

Et pourquoi donc, tous veulent se faire photographier avec nous !! Serions-nous donc en cage nous aussi ? Nous avons essayé de demander quelques roupies pour chaque photo prise mais notre humour ne les a pas fait beaucoup rire. Klara a quand même obtenu une transmission d’une photo en Bluetooth.

Après cette visite mémorable, nous avons continué notre promenade vers les lacs d’Udaipur et leurs palaces flottants. Magnifique montée dans un petit jardin dominant le lac Pichola. Première rencontre avec des vrais singes en liberté et découverte étonnante que les singes mangent les fleurs, ils se les cueillent  non sans délicatesse et se les engouffrent avec délectation.

On a flâné autour du lac, contemplé de loin Jag Mandir et le Lake Palace

Le soir, nous avons dîné dans une cantine indienne, à 50 Rps le thali complet à volonté. Très bon, même pas trop épicé. Un bon plan que nous a soufflé notre hôte…

Le zoo d’Udaipur

C » est deja triste un zoo, alors en Inde on vous dit pas, c est carrément démoralisant. Au point de dessiner,  histoire de,  quelques oiseaux… En cage…Non mais parce que c’était interdit de photographier sans payer des roupies. Un dessin exprès pour Brigitte , avec des  bisous.

 

 

udaipur, premier jour

Apres avoir quitte jaisalamer, nous avons pris le bus et quel bus, couchettes certes  mais..partagees, crades, sales, et sans amortisseurs. une nuit d enfer, ou, bon d accord c est bientot la chandeleur, on avait l impression d etre des grosses crepes qu on fait sauter a la poele. Du coup, ce matin, des bleus partout, on a fait 300 km de piste entre barmer et udaipur, avec tout ce qu on imagine de typique dans un bus indien, les gens qui dorment a meme le sol, qui partagent a quuinze une couchette, ils ont meme propose de nous acheter une place dans notre couchette, tandis que d autres essayaient carrement d y monter, nous avons resiste aux assaults, ferme les fenetres, tire les rideaux et dormi comme on pouvait, si on pouvait… depart 15h, gaelle s est faite copine avec Raoul, un militaire d agra, qui a partage un accoudoir, un bout de chaise et un bout de cuisse de gaelle.

Arrivee 6h30 le lendemain matin, petit tchai a cote d un autel shivaite, puis marche decontractante dans les rues d udaipur, nous visitons des hotels pour finir, dans une guest house, a 200 roupies la chambre (3 euros  22 a 2, eau chaude incluse et AC)le moins cher quon ait trouve jusqu a mainenant. Du coup, on s est paye un petit dej au garden palace, a 10 euros pour 2, une fortune pour ici.  Enfin c est aussi parce quon s etait dit au ici on aurait la wifi mais panne aujourd hui ! is nous ont autorise a utiliser leur ordinateur, du coup desolees, pas d accent, pas de photo, commentaires rapides, plein de choses a voir ici, on reste 5 j. A tres vite, donc, encore merci pour tous vos commentaires…

Le désert

Bon allez  on vous l’avoue. Les photos d’hier ce n’était ni notre chambre d’hôtel, ni notre jardin, et encore moins notre garde du corps mais respectivement la chambre du Maharadjah du Fort de Jodphur, une pelouse de son jardin botanique et un garde tout court. Quant à la video, elle était bien dans notre vrai hôtel et nous avions bel et bien des grooms et des serveurs pour nous accompagner dans chaque déplacement et qui se sont bien marrés en voyant Gaelle faire l’andouille.

Nous avons quitté ce bel hôtel de Karni Bhawan pour nous rendre à la gare, dormir dans notre palace sur rail  non privatif pour Jasalamer.
Cette fois, nous sommes en 3ème classe, ce qui est un must : plus de place, banquettes plus larges, rideaux, draps et couverture fournis, chauffage , silence, pas de réveils intempestifs toutes les 5 minutes entre les vendeurs de tchai, de biscuits, de dal, de chaussettes, de fermetures éclair (et oui ! il y a des vendeurs rien que de zips de fermeture éclair !) , etc… Dans le train , nous sommes à côté d’un couple de tchèques, de Prague. Ils sont sollicités par un jeune indien Khan, qui nous sollicite à notre tour : il tient un hôtel , bien référencé dans notre guide, donc nous y allons. Arrivées à Jasalamer, à 5h30, le lever du soleil au-dessus du désert, magnifique . Le réveil de la ville, peu à peu les toits qui s’animent avec les indiennes en sari de couleur qui vont chercher le bois, lavent le linge, nourrissent les bêtes, etc… les enfants sur les toits aussi, qui jouent, telle petite fille à rouler des chapatis, tels petits garçons à porter  des fagots de bois sur la tête. Khan propose à Klara de lui apprendre à faire le tchai dans la cuisine. Gaelle  vient aussi. Donc on sait faire le  tchai les amis !

Nous partons explorer à pied Jesalmer, jolie citadelle du désert avec un fort au sommet d’une colline qui surplombe la ville. L’après midi, nous nous greffons aux tchèques pour un safari à dos de dromadaire, sur lesquels on mettrait même pas une fesse non plus, surtout depuis qu’on sait que c’est bourré de parasites ces bestioles
. Les tchèques partent à dos de camel filtre, et nous, en jeep, puis à pied dans le désert de Thar. A peine à 50km de la frontière pakistanaise. Décidément, c’est la deuxième fois qu’on se retrouve aussi proche de ce pays. Et si on y allait finalement ?

On s’occupe en attendant, Gaelle fait des écritures dans le sable, sur les consignes de Klara qui voit les choses du haut de la colline avec le viseur de l’appareil photo : «  Plus gros, efface, plus large, le trait,  en bas, etc.. ». Nos compères tchèques arrivent à dos de camel. Ils semblent en avoir un peu marre. Leur commentaire : on tangue comme si on allait tomber et ça va super lentement. On est bien contentes de nous être épargnées ça, et puis de toutes façons, on aime que les éléphants, les dromad aires ça nous touche sans plus, non mais, zavez vu ces têtes ? pas franchement inspirant, non ?

Le clou du spectacle fut le coucher du soleil sur le désert, côté pakistanais, évidemment.   C’est ce que leur dispute d’ailleurs l’Inde depuis longtemps, même qu’ils ont fait la guerre pour cela…enfin, on arrange comme on peut… On vous aurait bien mis une photo mais Klara a réagi un peu tard, avec quelques circonstances atténuantes produites localement et partagées avec nos voisins tchèques, et en plus avait oublié le pied de son appareil photo dans la jeep…Ah si un élément drôle, au coucher du soleil, des compagnies de gitans du Rajasthan se mettent à danser…mais rien que pour les touristes…et donc pour qu’on leur file des sous… Même à l’école visitée, où nous dit Khan, les institutrices gagnent l’équivalent de 500 à 600 euros par mois, payés par le gouvernement du Rajasthan, ce qui est énorme pour le pays, on croit qu’en Occident, la monnaie pousse sur les arbres et qu’il n’y a qu’à la cueillir pour en avoir autant qu’on veut.

PS : dédicace spéciale à Vibha : notre bulle protectrice devient enfin opérationnelle !  (mais maintenant, c’est à d’autres genres de propositions qu’on doit faire face 😉

La dure vie d une maharadjesse

Et voici son altesse royale gaelle :

 

Et quelques photos juste comme ça, pour patienter, aujourd’hui on a un peu la flemme d’écrire…

 

 

 

Le voyage pour le rajasthan

25 janvier- 7h30- Nous voici à la gare de Jammu, prêtes à
prendre le train pendant 24heures chrono (et oui…24 heures, vous
avez bien lu), pour Jodphur, la ville bleue. ça commence bien le
train a 8 heures de retard nous dit le chef de la police du rail ,
avant de ramener le retard à une demi-heure et à nous inviter au
chaud dans son bureau. avec ses copains. Nous discutons, il aime
bien Gaëlle, elle pourrait donc se trouver un mari à Jammu, lui
peut-être, mais vient de s’inventer un mari jaloux qui travaille
pour qu’elle puisse voyager , ainsi que des projets d’enfant (note,
Monique!) en 2013. Une bonne année ,précise-t-elle, allez savoir
pourquoi. Les policiers du rail interrogent Gaelle sur la religion,
une façon comme une autre de draguer, et Gaelle a dit qu’elle était
catholique pratiquante. (…) Comme nous sympathisons, Klara en
profite pour demander un portrait …<img class= »alignright size-medium wp-image-69″ title= »La Railway
Protection Force de Jammu Tawi » src= »http://bonjourlesindes.files.wordpress.com/2011/01/jodphur1-1020798.jpg?w=300″ alt= » » width= »300″ height= »225″ /> ils nous annoncent
que notre train partira de la voie 2, c’est le train qui vient de
Jaisalmer et qui y retourne, tous les jours. Gaelle n’a pas
vraiment confiance dans leurs indications et elle vérifie auprès de
tous les badauds que c’est bien le bon train …Il arrive, avec une
demi-heure de retard supplémentaire , à 8h30. Et part, on ne
comprend pas pourquoi d’ailleurs, vers 10h…Comme il a déjà fait
un long trajet, il est plutôt cra cra, mais de jeunes hindous
passent le balai à 4 pattes par terre (c’est un petit bouquet de
paille, qui fait office de balai) et font la manche au passage,
pour recevoir une roupie… On vous a déjà fait le coup du train,
c’était pas tellement différent de la dernière fois sauf le climat
hier, on a arrêté les leaders du mouvement autonomiste
cachemirien , le BJP, et le gouvernement, à la veille de la
célébration du jour de l’indépendance est sur ses gardes . Dans le train, il y
a plein de soldats , Klara assiste même à un contrôle musclé de 3
jeunes, fouillés dans le compartiment ainsi que leurs bagages et
embarqués. Il ne fait pas bon avoir une tête de Paki par les temps
qui courent… Couchettes du haut comme d’hab. C’est mieux pour les
touristes, on peut boucler nos sacs à dos avec des chaînes et
dormir sur nos deux oreilles. Klara se risque à déjeuner dans le
train, deux employé de l’indian railway faisant le service en
trimbalant des gamelles pleines de riz, de sauce-qui-pique, de
chapatis et de dal. Un menu complet , 50 Roupies (0,80 euros) ,
c’est pas cher même pour ici. Plutôt bon. Gaelle récupère de sa
lutte sans sommeil contre les cafards …Klara commence « Le coût de
la vie » d’Arundathi Roy… La première partie du livre traite de
l’aménagement de la vallée du Narmada lors de l’implantation d’un
gigantesque barrage hydroélectrique. Parle des millions d’indiens
dont les villages ont été inondés lors de sa construction…démêle
les trafics du gouvernement indien et de la banque
mondiale….Bref, passionant… Le train se remplit peu à peu. Sur
les coups de 19h, nous nous endormons de concert, et finalement,
pour une deuxième nuit dans un train, on dort pas si mal que ça.
Mieux qu’en chambre froide ‘à Strinagar en tout cas. Et mieux qu’en
nuit blanche avec les cafards. Notre arrivée fut un peu plus
mouvementée : vu l’heure à laquelle on était parti la veille, on
pensait qu’on aurait du retard. Mais non! A 7h30 pétantes, le train
s’arrête, on prend le tchai, on demande à remplir notre thermos de
tchai, et quand même , gaelle a l’idée d’aller voir où on était,
par pure curiosité. Et là, oh surprise, que ne voit-elle pas tout
au bout du quai, un gros panneau jaune marqué JODPHUR. Ne sachant
combien il allait rester en gare, vite elle revient et nous faisons
nos sacs en quatrième vitesse et Gaelle se barre pour vite
rejoindre le quai et éventuellement arrêter le train si jamais il
repartait avant que Klara descende. Mais Klara n’avait pas compris,
ne savait plus où était la clé de son cadenas, enfin bref…elle a
fini par y arriver et rejoint Gaelle en catastrophe. Le train est
reparti même pas 10 minutes après. ouf, on a eu chaud. On a décidé
de se doucher, et donc d’investir dans un hôtel , sans cafard, avec
eau chaude à volonté, wifi, laverie, bar, restaurant, petite
terrasse, jardins, piscine (eau froide…) , le très grand luxe
pour 40 euros la nuit. on a investi la douche, l’internet, le
soleil….visité la ville bleue, et le vieux marché (Sadar Market
). Et pour finir, mangé dans un restaurant pour touristes avec que
des européens. Marre des restaus routiers et des snacks locaux!
Petite galerie ci-dessous…
Et les photos de
touristes …

Srinagar-Jammu : un retour mouvementé

24 janvier-Lever 7h pour prendre notre jeep de retour. Dernier thé et petits pains cachemiriens beurrés sur le ponton du bateau, face au lever du soleil au dessus du zero Bridge. Notre hôte nous accompagne à la Jeep, les filles se sont levées exprès pour nous dire au revoir,  et hop c’est parti pour Jammu…croit-on !  Car un premier barrage de police nous invite à faire demi-tour. Contre toute attente, la circulation a été inversée cette nuit et ne s’opère que dans le sens Jammu –Srinagar… (juste pour préciser, quand il y a des chutes de neige importantes, comme cela fut le cas il y a 5 jours, la police routière régule le trafic sur ces routes de montagne en autorisant une journée les voitures dans le sens Jammu-Srinagar, et le lendemain dans le sens Srinagar-Jammu). La décision impromptue est venue, alors que l’Inde s’apprête à fêter, le 26 janvier,  le jour de son indépendance. Le Cachemire s’en fout, puisque cette date n’a aucun sens dans son histoire : à l’époque de l’indépendance (1947), c’était un pays libre et indépendant… Et du coup, vu que le gouvernement indien  craint les  séparatistes qui vont jusqu’à faire des attentats pour demander la liberté du Cachemire , il a décidé de carrément isoler les cachemiriens,  en les empêchant de circulerlibrement et totalement même le 25 et 26…dans les deux sens ) . S’ensuivent de nombreux aller-retours pour nous entre la police du trafic, les représentants du gouvernement du Cachemire, l’officier supérieur de police du district… Pour finir, notre guide, venu à la rescousse, fait jouer de son carnet d’adresse pour qu’on ait les bons interlocuteurs… Au final, à Amar Niwas, Complex Tankipura (  des lettres d’or que Gaelle a eu bien le temps de noter dans son carnet, à l’extérieur, car elle gardait les sacs puisque appareils photos, écouteurs de mp3, clé USB, chewing gum, produit à lentilles, fil dentaire, enfin bref, Klara avait tellement de choses qui ne passaient pas et le chauffeur de la Jeep était tellement con qu’il avait été garer la voiture à perpet sans dire où… que c’était plus simple. Dans cette administration, arrivée au 4 ème bureau, Klara accompagnée de son  guide, suivis d’une dizaine de cachemiriens s’étant greffés au mouvement,  par nécessité ou parce qu’ils étaient simplement curieux ,   a un éclair de génie et se met à brailler dans un anglais parfait : « Je suis française, je veux parler à mon ambassade, appelez mon ambassade tout de suite, j’en ai marre que personne soit foutu de prendre une décision ici. En plus je suis journaliste, j’étais pas venue pour ça ici mais j’ai le droit de circuler librement dans votre pays, regardez j’ai mon visa de travail. Alors faites quelque chose, j’ai un train à prendre demain matin ». Et là, l’officier du 4 ème bureau, a rappelé celui du 3ème, qui a rappelé celui du 2ème qui a rappelé celui du 1er (véridique) qui  m’avait jeté quand je l’avais vu la première fois et qui  donne à Klara là  le numéro de téléphone de l’officier principal de la police du trafic (qu’on avait déjà cherché à choper à 9h, mais il n’était pas arrivé avant 11h au bureau ce jour là, soi disant pour cause des festivités du 26.

On l’appelle, il nous dit de passer, et nous voilà repartis pour la police du trafic où l’officier, sans nous faire de papier, se contente de nous donner son téléphone en nous disant qu’il va venir tous les postes barrière pour leur donner notre numéro d’immatriculation et que si nous avons un problème nous n’avons qu’à appeler. Il se croit connu comme le loup blanc .

Et nous voilà enfin parti pour Jammu, il est 13heures, nous devions partir à 8heures ce matin, c’est dire, 5heures de négociations pour avoir l’autorisation de sortir du Cachemire.  Nous sommes toutes les deux, accompagnées de trois cachemiriens, dont deux vieux monsieurs typiques (voir photo). Le troisième parle et comprend l’anglais, mais seulement quand ça l’arrange. Il est pas beau, on l’a pas pris en photo. Ce sont trois commerçants, pro-indiens disent-ils (mais peut-être ont-ils juste peur de parler…).

Premier barrage, personne. Deuxième barrage, à Qazigund, une foule énorme, et des soldats qui semblent traiter et négocier des autorisations de passages au milieu de la rue. On ne sait plus trop qui est qui, le chef, l’officier, le sous off… Alors on racontre dix fois notre histoire, accompagnés de nos accolytes (qui sans nous ne passeraient pas d’ailleurs…). On finit par rentrer dans le bâtiment officiel de la police du trafic, dans le bureau du  chef des chefs, qui, après avoir vérifié le numéro de l’officiel de Srinagar, nous fait un petit bout de papier attestant que nous avons bien le droit d’aller à Jammu. On repart. Nos trois copains sont très contents. Ils embrasseraient presque Klara, tellement ils sont contents. On fait une heure de route à peine..et re-belote,  barrage de Bahanal Tunil, voitures, camions, beaucoup de monde, on ne reconnaît pas qui est qui, les badauds font la circulation, les contrôles, etc…et surtout les voitures et camions en sens inverse veulent passer aussi et ne sont pas filtrées….

On remontre notre autorisation , mais en fait ce n’était pas la peine car le militaire avait déjà notre plaque d’immatriculation inscrite dans la main… On repart. Toujours pas arrivés, la nuit commence à tomber, il est autour de 17h. Le reste de la route (de montagne…) se déroule sans encombre ou presque, tout le long , sur les 295 kilomètres qu’on mettra finalement 16heures à atteindre, il y a beaucoup de militaires. Nous enregistrons notre sortie d’étrangères à une énième halte, et finissons, vu l’heure tardive, et toujours la bêtise de notre chauffeur , qui ne comprend pas un traître mot d’anglais,  dans un hôtel miteux, ou plutôt cafardeux, pueux, où même pas on aura posé une fesse sur le lit. Mais , avantage indéniable, juste à côté de la gare.

Gaelle a beau tenter de dresser les cafards en leur parlant pour qu’ils rebroussent chemin, nous faisons face à une invasion de 3 cafards, dont un mesure au moins 5 cm de long (il ne serait probablement pas sans déplaire à Damien ;-). Klara expérimente un insecticide bio, comme attendu sans aucun effet (c’est une antinomie en soi…surtout sur les irréductibles cafards ) , et demande à Gaelle de faire Bégon Net Express car Gaelle est armée d’un broc d’eau dont elle se servira pour rendre sa proie inopérationnelle en l’écrabouillant avec (ceci dit, on l’entend toujours gigoter, le cafard, bien sûr, pas Gaelle). Là, tout est calme, enfin, à côté c’est dortoir, et au moins cinq indiens dorment à même le sol avec des couettes et des coussins, alors c’est concert de ronflements pour l’instant. Klara, qui en a marre que Gaelle la traite de mauviette, vient de prendre son courage à deux mains et d’en écraser un (qui fera demain des milliers de petits cafards, puisqu’en les écrasant on étale leurs œufs, mais on s’en fout, on part dans deux heures…) . Et oui, il est quatre heures du mat et nous sommes parties pour une nuit blanche. Pour être restées éveillées, on s’est fait une manucure, épilation visage, nettoyage des oreilles, du nez, tout ça prend du temps bien sûr. On écoute de la musique… on fait le blog… Nous partons dans quelques heures pour 26 heures de voyage en sleeping….Au moins on dormira bien…

A 6 heures du matin, nous quittons cette chambre, sans regrets, laissant malheureusement le cafard géant sous le broc, sûrement encore vivant, mais dans la précipitation… Gaelle lui  avait pourtant promis de le libérer quand on partirait….ah ….en espérant que la vengeance de la blatte ne soit pas trop  terrible… (on l’a pas en photo, parce qu’elle était sous le broc, et avant, on lui avait pas demandé son autorisation)…

Bons baisers de srinagar

Coincées pour l instant a srinagar pour cause de gouvernement indien qui a décidé d’ emmerder les cachemiriens qui ne fêtent pas l indépendance day en leur coupant la route nous sommes aux bureaux des officiels du gouvernement cachemirien pour avoir un laisser passer pour notre jeep pour rentrer. Encore 8 heures de route, ici y a de la neige partout et des températures bien fraiches. On espère repartir… On vous tient au courant…